samedi , 24 juin 2017

Comment un volcan en Indonésie a-t-il mené à la création de Frankenstein

Tout le monde connait le roman de Frankenstein par Mary Shelley, mais très peu de gens connaissent l’histoire de la création du roman qui est tout aussi fantastique.


Comment un volcan en Indonésie a-t-il mené à la création de Frankenstein
L‘été 2016 s’approche de sa fin et nous célébrons le 200e anniversaire de la naissance d’un des plus grands romans de la littérature anglaise. Un livre qui nous propose le monstre le plus célèbre de la littérature. Et l’histoire de la création de ce roman est tout aussi extraordinaire que les fantasmes qui ont entouré le monstre à travers ses multiples adaptations au cinéma et d’autres formes artistiques.

On parle bien sûr de Frankenstein de Mary Shelly, une histoire qui a été contée et racontée à maintes reprises dans d’autres livres, des bandes dessinées, sur scène, à l’écran et autour de feux de camp. Mais on doit la création de ce roman à la réunion de personnes extraordinaire dans une maison près d’un lac en Suisse. Et cette réunion a été provoquée par l’une des plus grandes catastrophes de notre histoire.

Tout le monde connait le roman de Frankenstein par Mary Shelley, mais très peu de gens connaissent l'histoire de la création du roman qui est tout aussi fantastique.

Mary Shelley

C’était l’éruption volcanique du mont Tambora en Indonésie. Le 10 avril 1815, le volcan a rejeté un volume d’environ 150 kilomètres cubes de cendre dans l’atmosphère, la plus grande éruption connue jusqu’à ce jour. L’année qui a suivi l’éruption, le déclin de la lumière du soleil s’est traduite par une année sans la saison estivale dans l’Amérique du Nord et l’Europe et cela a provoqué la pire famine du 19e siècle.

Des vacances estivales humides, sombres et froides

À l’été 1816, un groupe extraordinaire de personnes s’est réuni dans une maison au Lac Genève pour apprécier l’air frais et la lumière du soleil. Parmi ses membres, on avait Lord Byron, Percy Shelley, Mary Shelley, l’amante de Percy, John Polidori, le médecin personnel de Byron et Claire, la demi-soeur de Mary, qui était enceinte de l’enfant de Byron. 2 ans auparavant, Mary s’était mariée en cachette avec Percy même si le couple avait officialisé leur union qu’après que la femme de Percy se soit suicidée.

Mary n’était pas une adolescente ordinaire. Elle est la fille de 2 figures notables de son époque. Son père, William Godwin, était un écrivain et un philosophe réputé pour sa promotion de l’utilitarisme et de l’anarchisme. Sa mère, Mary Wollstonecraft, est sans doute l’auteure de la plus grande oeuvre du féminisme dans la littérature anglaise avec Défense des droits de la femme. Mais Mary a grandi sans sa mère, car Wollstonecraft est morte juste après la naissance de Mary.

L’éruption du mont Tambora a produit un été humide, sombre et particulièrement froid. Les activités extérieures étaient absentes. Et les membres dans cette maison en Suisse sont restés enfermés en lisant des histoires allemandes de fantômes les uns aux autres. Et après avoir fini les livres, ils se sont retrouvés désoeuvrés. C’est là que Byron a lancé un défi en demandant à chaque membre de raconter une histoire de fantôme pour la partager avec les autres.

Polidori a été l’un des premiers à relever le défi en écrivant la première histoire de vampire au monde et cela a créé une tendance littéraire qui nous a donné les histoires du Comte Dracula. En revanche, Mary souffrait du blocage de l’écrivain. Mais une idée lui est venue après une sorte de rêve éveillé. Ce rêve lui a été inspiré par des discussions sur les découvertes de Luigi Galvani, un scientifique italien, qui a montré qu’on pouvait stimuler des muscles d’une grenouille morte avec de l’électricité. Selon les mots de Mary : Le pâle étudiant des arts profanes agenouillé aux côtés de la chose qu’il avait assemblée. J’ai vu le fantasme hideux d’un homme au profil allongé qui travaillait sur une sorte de moteur puissant, montrant des signes de vie et qui se mélangeaient avec un mouvement demi-vital et difficile.

Tout le monde connait le roman de Frankenstein par Mary Shelley, mais très peu de gens connaissent l'histoire de la création du roman qui est tout aussi fantastique.

La Villa diodati, la maison où Marry Shelley a pensé à Frankenstein pour la première fois.

Et ainsi naquit Frankenstein qui fut imaginé comme une nouvelle à la base. Mais Mary a travaillé dessus pendant 1 an et demi et ce rêve éveillé est devenu la première histoire moderne de science-fiction. Le livre fut publié 2 ans plus tard après l’été sombre de 1816 sous le titre : Frankenstein ou le Prométhée moderne en hommage au Titan Grec qui a volé le feu des dieux pour le donner aux hommes.

Frankenstein n’est pas le monstre dans l’histoire

Tout le monde connait le roman de Frankenstein par Mary Shelley, mais très peu de gens connaissent l'histoire de la création du roman qui est tout aussi fantastique.

La couverture du roman Frankenstein en 1831

Le nom de Frankenstein est tellement entré dans les moeurs qu’on pense que c’est le nom du monstre. Et évidemment, c’est totalement faux. Le monstre d’une hauteur 2,4 mètres ne s’appelle pas du tout Frankenstein. En fait, il n’a pas de nom. Victor Frankenstein utilise les termes de monstre, de créature, de démon ou simplement Lui.

Et plus important encore, le vrai monstre dans ce roman est Victor Frankenstein. Il veut créer une nouvelle espèce, et pas pour le bienfait de l’humanité, mais pour sa propre gloire. Il se voit comme un philanthrope, mais en fait, c’est un égoïste suprême. Il se consacre à sa tâche de manière héroïque, négligeant tout le reste dans sa vie, mais à la minute où sa création ouvre les yeux, il découvre qu’il ne peut pas le supporter.

Maintenant que j’ai fini, la beauté du rêve a disparu et une horreur et un dégout profond envahissent mon coeur. Incapable d’endurer l’aspect de la créature que j’ai créé, je m’enfuis de la chambre. La créature, intelligente et sensible, est laissée à elle-même. Elle cherche des compagnons, mais son apparence provoque seulement 2 réponses possibles : la fuite ou le combat. Il veut établir une relation avec son créateur, mais Victor veut s’en débarrasser à tout prix.

Rejetée et injuriée par toutes les personnes qu’elle rencontre, la créature bascule dans la violence. Elle tue le frère de Victor, son meilleur ami et même sa femme pendant leur lune de miel. Et la créature lui lance : Je devais être ton Adam, mais je suis plutôt l’Ange déchu.

Une histoire d’orgueil et de pouvoir

Frankenstein est plus qu’une histoire de monstre. C’est un conte d’orgueil dénué de tout amour, une fierté sans borne d’un scientifique qui est tellement obsédé par ses pouvoirs qu’il veut devenir l’égal d’un Dieu. Comme Mary Shelley, qui a grandi sans une mère, mais qui se blâmait aussi pour sa mort, la créature est également sans une mère, sans personne à aimer. Cette misère l’a transformé en démon et lorsque sa solitude interminable s’est transformée en haine, il s’est retourné contre son créateur. En ayant les capacités de faire de choses dignes des Dieux, mais qui ne nous transforment pas en Dieux pour autant. La créature a atteint un état où l’amour n’existe plus.

Il y a trop de choses à dire sur Frankenstein. On a l’histoire d’Elizabeth, une orpheline qui grandit dans la maison des Frankenstein et qui deviendra la femme de Victor. On a aussi l’éducation de Victor qui progresse dans l’étude des sciences naturelles pour parvenir à une impulsion irrésistible de créer un être humain meilleur. Et on a également la structure épistolaire du roman attribué à Robert Walton, un écrivain qui a échoué et qui veut explorer le pôle Nord lorsqu’il tombera sur un Victor au seuil de la mort.

Elle n’est pas aussi documentée que le roman, mais la création de Frankenstein semble presque incroyable pour être vraie. Un cataclysme sans précédent dans l’histoire de l’autre côté du globe a provoqué la réunion des plus grands noms de la littérature. Et la plus jeune de ses membres va écrire un roman époustouflant qui dépeint l’arrogance humaine dans toute sa splendeur. Même si Frankenstein est l’un des plus grands chefs-d’oeuvre de la littérature, l’origine de sa création passe souvent à la trappe alors qu’elle est tout aussi fantastique.

Traduction d’un article de The Conversation par Richard Gunderman. Professeur de médecine, d’arts libéraux et de philanthropie à l’université d’Indiana.

 

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A propos de Estelle Dufresne

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Ancienne journaliste dans plusieurs titres de la presse régionale. Mais comme la presse régionale n'existe plus, je me suis recyclé dans les rubriques internationales de plusieurs sites en ligne.

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