Série Vinyl : Rock ‘n’ roll baby !!

Quand vous avez une série telle que Vinyl qui est produite par des inconnus tels que Martin Scorsese, Mick Jagger ou Terence Winter, alors vous vous attendez surement à une bombe. Et effectivement, Vinyl casse la baraque en terme de qualité et de réalisation, mais son intérêt laisse à désirer sans oublier qu’on a du déjà vu dans la direction artistique.


La série Vinyl bénéficie d'une réalisation époustouflante, mais son manque de scénario va creuser sa tombe.

La est produite par HBO et elle est diffusée depuis février 2016. Ses producteurs exécutifs sont Martin Scorsese, Mick Jagger, Terence Winter. nous plonge dans les années 1970 et 1980 à l’époque de l’âge d’or du Rock avec tous les groupes pionniers qui ont révolutionné ce type de musique. L’histoire se concentre autour de Richie Finestra, un producteur d’un label appelé American Century qui tente de découvrir de nouveaux artistes pour faire vivre le Rock ‘n’ roll !!

Une réalisation digne des plus grosses productions d’Hollywood

La série Vynil bénéficie d'une réalisation époustouflante, mais son manque de scénario va creuser sa tombe.

Le premier épisode dure 1 h 40 et il est censé nous mettre l’eau à la bouche. Dès les premières minutes, on sent la patte artistique de Terence Winter qui est à l’origine de l’excellent Boardwalk Empire. On a un souci du détail hallucinant que ce soit dans les costumes, les décors, les personnages et le style déjanté du Rock dans les années 1970. Le premier épisode nous montre Richie Finestra qui tente de vendre sa boite à ses Allemands tout en tentant de résoudre ses problèmes personnels et professionnels. L’épisode est long ou lent et ce sera à vous de juger, mais il y a un problème majeur avec Vinyl.

Il n’y a pas de scénario à proprement parler. En fait, l’histoire concerne l’entreprise de Richie Finestra et de toutes les personnes qui gravitent autour. Scorsese et Winter ont fait le pari de créer un scénario secondaire tout en poussant l’histoire des personnages au maximum. L’objectif est de montrer l’émergence du rock et des groupes légendaires tels que Led Zeppelin dans une ambiance survoltée et complètement délirante. Au milieu de ses déboires, Richie Finestra décide qu’il ne veut plus vendre son entreprise et qu’il veut faire de la belle musique, renouer avec les racines du Rock en allant chercher de nouveaux artistes et pour ce faire, il est évident qu’on doit sniffer une ligne de coque, car le personnage retombe dans la drogue alors qu’il était sobre depuis des années. À la fin de l’épisode, on le retrouve en train d’assister à un concert dans une boite de nuit miteuse et l’établissement s’écroule parce que Rock ‘n’ roll Baby ! La scène nous montre tout l’établissement qui s’effondre sur notre Richie Finestra et évidemment, il s’en sort indemne et c’est là qu’il entreprend de ressusciter l’esprit du rock.

Un scénario qui peut faire sourire, mais l’histoire des personnages est poussé à l’extrême et on retrouve le souci de ne rien laisser au hasard. Et le problème est qu’on a l’impression de voir Boardwalk Empire avec une pincée de Loup de Wall Street.

Le Loup de Wall Street dans l’univers du rock

La série Vynil bénéficie d'une réalisation époustouflante, mais son manque de scénario va creuser sa tombe.

Après le premier épisode, Finestra part à la conquête du rock et comme le Dieu du Rock demande des sacrifices absolus, alors Finestra commence progressivement à sacrifier tout ce qui lui est cher. Sa santé en plongeant dans la drogue, sa famille, ses collègues. En fait, vous avez l’impression de revoir l’ambiance délirante de Loup du Wall Street dans la série Vinyl et c’est normal puisqu’on a Terence Winter et Scorsese qui apportent toujours leur patte caractéristique. L’influence de Mick Jagger est quasiment absente sauf dans la retranscription de la dure réalité du show-biz. Mais l’influence de Boardwalk Empire et de Loup du Wall Street suinte par tous les pores de la série Vinyl et même si la qualité est exceptionnelle, cette série n’a pas d’identité propre ce qui équivaut à un enterrement pour une série destinée à scotcher le public sur son siège. De plus, le premier et le second épisode ont couté près de 30 millions de dollars ce qui est un cout effarant pour 2 heures et des poussières.

Un scénario prévisible à des kilomètres

La série Vynil bénéficie d'une réalisation époustouflante, mais son manque de scénario va creuser sa tombe.

Vous pouvez faire une série à l’arrache, mais si le scénario tient la route, alors vous aurez un public. En revanche, si vous faites une série avec des moyens gigantesques, mais que le scénario n’est pas assez captivant, alors vous aurez aussi une excellente série, mais le public aura dû mal à s’y intéresser. Et le problème de la série Vinyl n’est pas son manque de scénario, mais qu’il est prévisible à des kilomètres. Et les producteurs ont fait le choix d’utiliser une structure en va-et-vient qui est très difficile à manier.

Par exemple, vous avez le second épisode qui s’intéresse à sa femme de Finestra et on a beaucoup de Flash Back sur comment les 2 se sont rencontrés. La structure en va-et-vient peut ajouter quelque chose à l’histoire, mais pour Vinyl, ça casse net le rythme du spectateur qui a déjà dû mal à s’intéresser au scénario de base. Ces scènes de rappel sont inutiles, car cela ne change rien à l’histoire principale à part pour ajouter de la richesse au personnage et dépeindre encore plus l’univers chaotique du Rock ‘n’ roll. La série Vinyl a été saluée par les critiques et la note moyenne est de 8/10. Et on ne nie absolument pas la qualité de la série, mais on a l’impression de voir un énième Loup de Wall Street.

Et puis, ce type de scénario est très difficile à étirer sur plusieurs saisons. HBO a déjà renouvelé la série Vinyl pour une seconde saison, mais Terence Winter a déjà claqué la porte en citant des différences artistiques et il sera remplacé par Scott Z. Burns et le résultat va être sanglant. Vinyl respire le style de Winter alors que Scott Z. Burns est dans un tout autre registre puisqu’il est à l’origine de Bourne Ultimatum ou Contagion. Mais HBO doit réussir avec la série Vinyl, car il n’a plus fait grand-chose depuis des années.

Le problème de HBO

La série Vynil bénéficie d'une réalisation époustouflante, mais son manque de scénario va creuser sa tombe.

Actuellement, la seule réussite incontestable de HBO est Game of Thrones, mais la rentabilité est à peine au dessus des couts de production. HBO nous propose aussi des séries comme Silicon Valley ou Leftovers, mais elles ne sont jamais devenues de grandes séries. On avait un successeur de taille avec True Detective, mais la seconde saison s’est dégonflée comme une baudruche en emportant tout le monde dans l’abime du manque de créativité de HBO. Même si Vinyl a dû mal à capter un public, alors on peut parier que HBO va mettre le paquet sur cette série, car son futur en dépend. Game of Thrones est bien plus proche de la fin que la hype de début et un studio ne peuvent pas compter sur une seule série.

HBO est spécialisé dans le Drama, mais il n’arrive plus à innover. Le scénario très familier et affreusement prévisible de Vinyl montre que HBO a atteint ses limites. Quand on voit qu’il peut mettre 30 millions de dollars sur 2 épisodes, alors cela montre que HBO a besoin cruellement de succès et d’un nouveau Hype. Malheureusement, cela n’arrivera pas avec la série Vinyl, car elle manque l’ingrédient essentiel qui permet de capter l’attention du public. De plus, HBO n’est plus le seul shérif des grosses productions dans la ville. Amazon signe les grands castings les uns après les autres, Netflix casse la baraque avec toutes ses nouvelles séries et même Google envisage de se lancer à grand coup de millions. Mais HBO a encore de la marge, mais il faudra qu’il nous ponde quelque chose de vraiment exceptionnel pour prouver qu’il ne craint pas la concurrence et qu’il peut attirer de nouveau l’attention du public. En fait, il peut se rattraper sur la série Vinyl, mais il doit faire beaucoup d’efforts sur le scénario pour la seconde saison. Que la série nous surprenne et qu’elle nous montre un minimum d’intensité, car on s’en fout royalement de plonger dans l’univers du Rock des années 1970.

 

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Madeleine Jussier

Dégoutée du monde, je me concentre sur l'actualité insolite et culturelle. Fan de série et de film et je n'hésite pas à critiquer l'idiotie humaine. Passée par plusieurs journaux de la presse écrite.

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