samedi , 21 octobre 2017

Série Luke Cage, incompréhensible et bâclée

Avec la série Luke Cage, on voit les limites de l’exploitation de l’univers Marvel. À force de se différencier d’une Timeline standard, on a le risque de dérailler complètement.


Série Luke Cage, incompréhensible et bâclée
La série Luke Cage est la seconde fournée de la version de Marvel par ABC Studios sur Netflix. Si les premières impressions sont bonnes, on se rend compte rapidement que Luke Cage pêche par de nombreux aspects. On peut critiquer l’approche pour adolescent attardé de Marvel par Disney, mais au moins, on a une ligne directrice très claire que ce soit dans les films ou ses tentatives de série. Dans le cas de Luke Cage, ça part tellement dans tous les sens qu’on n’a plus l’impression d’être dans une série de superhéros et encore moins d’une série de Marvel.

Une iconographie inexistante

J’avais déjà remarqué ce problème dans Jessica Jones, mais Netflix et ABC ont fait le choix de piétiner les codes de l’iconographie des super héros. Qu’elle soit dans un seul film ou une série entière, l’iconographie est le pilier central du héros, car elle désigne une seule scène où le personnage lambda devient le superhéros qu’on attend tous. On le voit dans Iron ManStark sort de sa caverne dans son armure crée avec des boites de conserve. On le voit également dans le film Hulk où on a la couleur verte dans les yeux de Banner lorsque les rayons Gamma le frappent de plein fouet. Dans le cas de Hulk, c’est ultra-subtil, mais c’est suffisant pour mettre en place l’iconographie. Mais le meilleur exemple de l’iconographie est évidemment Wolverine dans la scène du ring où les 2 poings des 2 adversaires se rencontrent où on remarque clairement la différence entre le mortel et le héros.

Avec la série Luke Cage, on voit les limites de l'exploitation de l'univers Marvel. À force de se différencier d'une Timeline standard, on a le risque de dérailler complètement.

Et dans le cas de Luke Cage, ce n’est pas que l’iconographie est absente, mais elle fait de véritables montagnes russes. La raison pour laquelle une iconographie est centrale est que le héros ne cesse jamais de l’être après cette scène emblématique. On voit cette iconographie dans Luke Cage dès le premier épisode. Mais on peut tiquer que cette scène se produit quasiment à la 40e minute alors qu’en général, elle doit se produire dans les 20 premières minutes pour accrocher le téléspectateur. La scène est vraiment bien faite même si on sent du plagiat de l’inspiration de la scène de Wolverine où le poing d’un des agresseurs vient se fracasser contre le visage Luke Cage. Mais on pourrait pardonner cette iconographie tardive si Luke Cage peut vraiment décoller dans le second épisode. Au lieu, il retombe dans ses travers et ses hésitations éternelles dans ce second épisode et l’iconographie n’a pas absolument rien apporté. Pour une série de superhéros, c’est impardonnable. Et c’est encore plus vrai dans le cas de Luke Cage dont les pouvoirs sont une quasi-invincibilité et une force herculéenne. Pourquoi hésiter à foncer dans le tas alors qu’on est un demi-dieu ?

La thématique des problèmes de la communauté black

Vous pouvez repartir tout de suite si vous pensez que la série Luke Cage est fidèle à la BD. Netflix et ABC ont fait un choix très différent sur la narration. Le point central est le quartier de Harlem avec les problèmes rencontrés par la communauté black. Dans la BD, Luke Cage est un second couteau et il fait souvent partie d’une équipe. Cage est également considérée comme un mercenaire puisque sa première apparition datant de 1972 est dans une BD qui s’intitule Héros à louer. On voit ce concept de location dans une scène de quelques secondes dans le premier épisode, mais c’est une mention symbolique pour dire qu’en fait, Luke Cage appartient à l’univers de Marvel.

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Tout le scénario tourne autour des problèmes de la communauté black. La drogue, la corruption des politiciens, les jeunes dans la rue. Et on pourrait dire que c’est normal puisque Luke Cage est l’un des rares super héros blacks. Certains ont tiqué sur la présence prédominante des Blacks, mais ce n’est pas un problème si c’est bien fait. On n’a jamais trouvé étrange que des blancs prédominent dans les productions. Mais cette représentation des Blacks est simplement un cliché qui montre le visage de Harlem par un blanc qui habiterait à des milliers de kilomètres et qui regarderait cette communauté par une fenêtre aussi étroite que le string de Taylor Swift.

Parfois, ces clichés deviennent carrément racistes et c’est le comble pour une série comme Luke Cage. Mais on estime que ça peut passer puisqu’en fait, ce sont des Blacks qui font des vannes sur les “nègres”. C’est catastrophique sur de nombreux plans et vraiment malsain. Le scénario part dans tous les sens, mais un petit fil conducteur est que Luke Cage va affronter Cotton Mouth et DiamondBack tout en essayant d’oublier son passé.

Une pléthore de personnages sans aucune direction

La narration est très différente, mais elle intègre des personnages entourant Luke Cage qui existent réellement dans l’univers Marvel. Mais l’intégration est vraiment bâclée. Pour la première fois, la série Luke Cage me donne l’occasion de voir 2 antagonistes principaux avec Cotton Mouth et DiamondBack dans une seule saison. Dans la première moitié de saison, Luke Cage va affronter Cotton Mouth qui est un chef de gang à New York. Cette première confrontation est plutôt intéressante, mais comme l’univers de Marvel donne peu d’information sur l’historique de Cotton Mouth, alors on peut dire que Netflix s’est lâché. Les scénaristes ont créé toute une narration autour de Cotton Mouth et Mariah Dillard, un autre personnage de Marvel qui est l’ennemie principale de Luke Cage dans la BD. Dans la série, Mariah Dillard est une politicienne et la cousine de Cotton Mouth et ça ne passe pas du tout. Ça vous semble un peu complexe et pourtant, on n’en est qu’à la première moitié de saison.

Avec la série Luke Cage, on voit les limites de l'exploitation de l'univers Marvel. À force de se différencier d'une Timeline standard, on a le risque de dérailler complètement.

Coton Mouth se fait zigouiller par Mariah Dillard et ensuite, Luke Cage va affronter DiamondBack qui s’avérera être son demi-frère. Cette narration à partir de la seconde moitié de saison va ramener Luke Cage dans son passé pour devenir vraiment un héros. Et comme si ça ne suffisait pas, la série Luke Cage nous donne également le personnage de Misty Knight qui est une inspectrice dans la série. Mais elle n’a pas de superpouvoir sauf une capacité proche du Medium pour visualiser les scènes de crime. Ça n’a absolument rien à voir avec sa BD et on se demande ce qu’elle fout là. On a également Shades qui est le bras droit de DiamondBack ainsi que quelques autres joyeux lurons pour donner l’impression que le scénario est profond alors qu’il est bâclé et incompréhensibles à souhait.

Un Luke Cage minimisé à souhait

Mais tous ces bidouillages scénaristiques pourraient fonctionner si l’histoire de Luke Cage était prédominante. C’est pourquoi je souligne l’importance de l’iconographie et de la mise en place du héros dès le début. Si votre héros explose l’écran, alors toutes ses autres évolutions vont toujours monter d’un cran. En gros, après l’iconographie, le superhéros ne devient jamais plus un personnage ordinaire. Il peut être vaincu, mais il reste le héros. Que ce soit dans Flash ou Jessica Jones, on a cette évolution constante. Même si Jessica Jones est rempli de défauts, on a cette montée constante, mais surtout que Jessica Jones reste le personnage central et tous les autres sont des accessoires qui viennent enrichir ce personnage.

Avec la série Luke Cage, on voit les limites de l'exploitation de l'univers Marvel. À force de se différencier d'une Timeline standard, on a le risque de dérailler complètement.

Dans la série Luke Cage, c’est exactement le contraire. Les histoires de DiamondBack, de Cotton Mouth, de Mariah Dillard sont aussi importantes que celle de Luke Cage. Dans certains épisodes, on a une telle mise en avant de ces personnages secondaires que Luke Cage passe pour un figurant. Si on veut réussir un scénario complexe, alors le personnage central doit être le tronc et les autres deviennent les branches. Mais dans Luke Cage, on a un tronc principal et toutes les autres branches deviennent également des troncs et on a juste envie de vomir devant cette image d’ensemble sans queue ni tête.

Et qu’on ne vienne pas me dire que Netflix et ABC ne sait pas le faire, car ils l’avaient fait dans Jessica Jones. On avait la présence de Luke Cage, mais il était secondaire, car il ne faisait qu’enrichir le personnage de Jessica Jones. À la fin de la saison de Luke Cage, on a une impression d’insatisfaction et de frustration énorme parce qu’au final, Luke Cage ne devient jamais le héros de sa propre série. Et ce n’est pas le premier coup de Netflix, car on avait déjà vu exactement la même chose dans la seconde saison de Daredevil où le héros passait pour un handicapé qui passait son temps à quémander l’aide aux autres et le Punisher a littéralement crevé l’écran en lui volant la vedette.

C’est louable de créer un héros aussi humain que possible, mais les téléspectateurs veulent voir des héros à l’ancienne. Un héros central, un scénario très solide et simple et un antagoniste très précis. Dans Luke Cage, on passe un temps fou et inutile à montrer le caractère humain des antagonistes ce qui augmente l’incompréhension de l’ensemble.

Ça pue déjà pour Les Défenseurs

Mais Netflix et ABC ne sont pas des idiots, car son univers de Marvel est une préparation pour la mini série intitulée Les Défenseurs qui sera diffusé en 2017. Mais vu la piètre performance de Jessica Jones et de Luke Cage, on a déjà peur ce que ça va donner sur une série qui combine tous les principaux personnages. Les Défenseurs vont rassembler Luke Cage, Jessica Jones, Daredevil et Iron Fist. L’univers de Jessica Jones est assez sombre, celui de Daredevil l’est également, Luke Cage patauge dans les problèmes de Harlem. Iron Fist est prévu pour mars 2017 et on se dit que ça pue déjà quand on imagine le métissage de ces univers totalement différents.

Avec la série Luke Cage, on voit les limites de l'exploitation de l'univers Marvel. À force de se différencier d'une Timeline standard, on a le risque de dérailler complètement.

C’est pourquoi, la mise en avant de la communauté black est Luke Cage est très répréhensible, car elle n’aura aucune place avec un Daredevil et Jessica Jones juste à côté. Et dans la BD, Jessica Jones est la femme de Luke Cage. Est-ce qu’on l’oublie parce que la copine de Cage doit être toujours une Black ? Dans cette série Luke Cage, on a également l’apparition de Claire Temple, l’infirmière dans Daredevil. Déjà que les fans avaient hurlé face à cette hérésie, car à la base, Temple appartient principalement au monde de Luke Cage, sa venue à l’arraché dans la série Luke Cage est vraiment de mauvais gout. Parce qu’en plus de proposer 2 antagonistes, Luke Cage réussit l’exploit de mettre 2 personnages féminins autour de Luke Cage avec la première qui est Misty Knight.

Au final, on peut dire que Luke Cage était parti sur de bonnes idées, mais ces idées se sont transformé en véritables gloubi-boulgas scénaristiques qui laissent un gout très amer. J’étais assez déçue par Jessica Jones, Luke Cage est un échec et on ne peut que craindre le pire pour Iron Fist et les Défenseurs.

Note de l’auteure : 2 Stars (2 / 5)

 

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A propos de Madeleine Jussier

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Dégoutée du monde, je me concentre sur l'actualité insolite et culturelle. Fan de série et de film et je n'hésite pas à critiquer l'idiotie humaine. Passée par plusieurs journaux de la presse écrite.

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