Madagascar : L’ère Ravalomanana et son néolibéralisme débridé


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  • Ci-dessous, des extraits de mon livre Madagascar : Entre crises perpétuelles et espoirs sans lendemain.

    L’histoire de Marc Ravalomanana est celle d’une « Success Storie » comme on le raconterait dans une émission américaine pour vanter les mérites de la performance individuelle. Au fil des années, ses partisans ont rajouté couche après couche sur cette légende. Étant enfant, il livrait du lait sur un petit vélo et devenu grand, il va transformer la petite boutique familiale en un immense empire laitier appelé Tiko.

    Cette légende doit être sérieusement pondérée, car il a pu créer cet empire laitier grâce à un prêt de la Banque mondiale de 2 millions de dollars ce qui, vous avouerez, facilite grandement la tâche de créer une image de la réussie. Mais il a quand même compris que l’industrialisation de la filière laitière va lui permettre d’empocher pas mal de pognon. Ainsi, il va fédérer les petits acteurs allant des éleveurs, la traite et la transformation en une seule entité selon les concepts de gestion moderne, totalement à l’américaine.

    Le souffle nouveau apporté par Ravalomanana va se ressentir rapidement et dans tous les domaines de l’État. Marc Ravalomanana est un pur néolibéral dont le museau pointe fièrement vers les pays anglo-saxons, mais également vers des modèles de développement des pays asiatiques comme l’Indonésie et la Malaisie.

    Il va marteler un mantra qui est aujourd’hui totalement obsolète sur le fait qu’on doit gérer un État comme une entreprise. C’est-à-dire une réduction drastique des coûts, couper constamment dans les dépenses et aller très vite sur tous les chantiers. On pourrait arguer que si on veut vraiment prendre cette voie, il n’est pas nécessaire d’utiliser une entreprise avec un modèle néolibéral, mais on pourrait envisager un modèle de participation comme cela a été envisagé par Charles de Gaulle à son époque pour proposer une troisième voie entre le capitalisme débridé et le communisme.

    En plus d’une suppression totale des protections du travail, ces entreprises ne payaient pas quasiment d’impôts, la TVA était supprimée ainsi que l’exonération des droits de douane à l’exportation. En bref, une zone franche est un régime d’esclavage, mais qui est autorisé par l’État et les modèles néolibéraux qui sont vénérés par les cadres de la Banque mondiale, du FMI et de toutes les multinationales occidentales qui n’ont jamais vu une machine à coudre de leur vie.

    Après le Coup d’État de 2009 et jusqu’à aujourd’hui, Ravalomanana et ses partisans continuent de clamer qu’ils sont les vrais garants de la patrie. Qu’ils protègent le pays contre les méchants indiens, les chinois ou ces sales colons de français. Mais quand on regarde le régime Ravalomanana en détails, on se rend compte que personne n’a autant dérégulé le pays que lui et il a cassé toutes les protections nationalistes.

    Ce régime est l’un des plus grands responsables pour avoir fait entrer toutes les multinationales étrangères qui ont pu s’accaparer des ressources minières à des conditions tellement avantageuses que leurs actionnaires à Londres, Canberra ou Ottawa doivent éclater de rire devant la médiocrité et la corruption des élites malgaches.

     

    Madagascar : Entre crises perpétuelles et espoirs sans lendemain

    Si dans les cartes postales, Madagascar possède une image idyllique, faisant baver les occidentaux qui respirent de la brique à longueur de journée, la réalité est toute autre. Pauvreté, misère, famine, corruption, népotisme, autant de mots qui sont coupables des maux malgaches.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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