Les 5 bienfaits de la potion McKinsey


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  • McKinsey a chaud aux fesses ces derniers temps avec un scandale d’évasion fiscale massive et l’attribution de contrats de consulting pour plusieurs milliards d’euros. Mais cette firme, qui prétend avoir des principes plus nobles que l’Eglise catholique, est grangrenée par la corruption et des résultats désastreux.


    McKinsey a chaud aux fesses ces derniers temps avec un scandale d'évasion fiscale massive et l'attribution de contrats de consulting pour plusieurs milliards d'euros. Mais cette firme, qui prétend avoir des principes plus nobles que l'Eglise catholique, est grangrenée par la corruption et des résultats désastreux.

    Ces derniers temps, McKinsey, l’une des plus grandes firmes de consulting dans le monde, est dans une casserole d’eau bouillante. Pendant que le débile d’Amiens exhorte les français à faire des efforts de guerre, McKinsey n’a pas payé d’impots depuis plus de 10 ans. Complicités, copinages, corruption, évasion fiscale à grande échelle, tout passe. Mais quand on regarde l’histoire de McKinsey, c’est un habitué des clubs de pourris qui prétendent diriger le monde.

    McKinsey et la Mongolie

    En 2010, la Chine connaissait le développement économique le plus important de son histoire. Toutes les grandes entreprises internationales voulaient profiter du boom asiatique. Et la Mongolie était une cible privilégiée. Ce pays avait de gigantesques réserves de charbon et de cuivre qui pouvait rassasier son grand voisin chinois. Mais pour exploiter les ressources, la Mongolie devait développer un immense réseau ferroviaire.

    Flairant la bonne soupe mongole, McKinsey décide d’approcher le gouvernement mongol pour lui proposer ses services. Toutefois, le gouvernement américain déconseille d’aller en Mongolie qui est gangrené par la corruption avec un copinage constant entre le secteur privé et l’Etat. Et McKinsey, qui est un bon élève américain, décide de faire exactement le contraire. Il signe un contrat avec une entité du gouvernement mongol, mais la personne du gouvernement qui fait entrer McKinsey dans le contrat, avait une entreprise privée qui bénéficiait partiellement du même contrat. L’enculage circulaire selon McKinsey.

    De plus, le développement du chemin de fer fut un véritable fiasco. Les travaux n’avançaient pas et en 2015, la police mongole ouvre une enquête de corruption d’Etat sur McKinsey. Les policiers voulaient la tête du responsable asiatique de la firme. Pris de panique, celui-ci envoie une lettre directement au Premier ministre sans en inférer aux enquêteurs (alors qu’il a été déjà convoqué) pour lui demander d’intervenir. Et que « McKinsey a beaucoup de choses à apporter à l’économie de la Mongolie ». Donc, une demande pour du trafic d’influence.

    Mais le Dieu de la corruption bénit McKinsey. Car sur les trois des principaux responsables de l’affaire, l’un d’entre eux devient le président de la Mongolie par la suite et il enterre définitivement le dossier.

    McKinsey et l’Afrique du Sud

    En 2018, plusieurs médias révèlent un scandale de corruption de McKinsey en Afrique du Sud. Le pays devait réformer Eskom, sa principale entreprise d’électricité. McKinsey se porte « volontaire » pour la conseiller. Les lois sud-africaines exigent que pour toute activité de consulting avec une compagnie d’Etat, une entreprise étrangère doit s’associer avec une entreprise locale.

    McKinsey conclut un partenariat avec Trillian sous la recommandation d’un des anciens clients de la firme. Le problème est que Trillian appartenait aux frères Guptas qui étaient accusé par la justice sud-africaine de trafic d’influence avec Jacob Zuma, le président de l’Afrique du Sud. Les frères Guptas étaient aussi impliqués dans plusieurs affaires criminelles. Malgré un passé peu reluisant, McKinsey continue son partenariat jusqu’au scandale médiatique.

    Après des années de batailles, McKinsey reconnait sa responsabilité et dit « qu’il est désolé ». Ouf, une corruption d’Etat, des millions d’euros frauduleux dans le consulting, mais heureusement, McKinsey dit qu’il est navré pour ces désagréments !

    McKinsey et la prison de Rikers Island

    Au début des années 2010, la prison de Rikers Island connaissait un regain de violence parmi les prisonniers. Les gardes étaient attaqué systématiquement et les combats de gangs étaient quotidiens. McKinsey, notre bon samaritain, décide de son propre chef qu’il peut aider dans cette situation. En sachant qu’il n’a aucune expérience dans les établissements pénitenciers. Mais bon, on ne se pose pas ce genre de questions quand on est un parasite.

    La firme propose un plan en 14 points, tu sens qu’ils aiment PowerPoint chez McKinsey. Du coté des gardes, la firme appelle à plus de violence envers les prisonniers, à augmenter la quantité de matraques et de taser. Comme si le fait de taper davantage sur un membre de gang allait le transformer en petit chaton. Cela va juste augmenter sa violence. Mais surtout, McKinsey propose, du coté des prisonniers, des stratégies vraiment débiles. Les prisonniers les plus violents doivent être mis ensemble, les membres de gangs doivent être dans les mêmes cellules, l’augmentation des caméras de sécurité, etc.

    Sérieux, vous pensez vraiment qu’en mettant les individus les plus dangereux dans la même cellule, la violence va baisser ? Ou on veut utiliser la logique darwinienne pour qu’ils s’entre-tuent entre eux ? Mais le pire est que McKinsey, pour convaincre la ville de New York de l’efficacité de son plan à la con, décide de lancer un projet pilote appelé Restart. Et les chiffres sont faramineux. Une baisse de 70 % de la violence, la paix dans les cellules et les prisonniers commencent à s’éduquer en se souriant les uns aux autres.

    Evidemment, tous les chiffres étaient bidonnés. Plutôt que de mettre les individus les plus violents, ils avaient mis les prisonniers les plus inoffensifs dans la même cellule. Evidemment que ça va marcher si on met des limaces ensemble ! Mais quand le plan a été appliqué à Rikers, la violence avait augmenté de 25 %.

    Cette affaire de McKinsey avec Rikers Island montre une autre tendance de la firme. L’utilisation abusive du Big Data. On modélise, on modélise et on modélise et on ne mets jamais les pieds dans la boue puante de la réalité. Dans le secteur pharmaceutique où McKinsey est très présent, il utilise systématiquement le Big Data ce qui provoque toujours des désastres, il suffit de voir ce qui s’est passé avec le Lancetgate.

    McKinsey et l’Arabie Saoudite

    L’Arabie Saoudite adore McKinsey et l’amour est réciproque. L’Arabie Saoudite veut réformer son économie pour la diversifier davantage. C’est sûr que les attractions comme des décapitations dans un parking ou des tutoriels de tronçonneuses dans une ambassade à Istanbul n’attire pas forcément les touristes ! La firme a été appelé pour conseiller le royaume afin qu’il devienne attractif pour les investisseurs (c’est sûr que c’était mal barré).

    Au delà des conditions d’attribution opaques du contrat, McKinsey a fait pire que la corruption. Il a engagé 8 personnes de la famille royale saoudienne, notamment deux enfants de ministres saoudiens, celui de l’énergie et celui des finances. C’est sûr que quand les fils de votre client travaille chez vous, la relation de travail est toujours plus fluide !

    McKinsey et la crise des opiacés

    Les affaires précédentes n’étaient que des broutilles comparés à celle des opiacés. Car avec cette affaire, McKinsey atteint le sommet de la filsdeputerie puisque la firme est responsable, indirectement, de 500 000 morts en 10 ans liés aux abus des opiacés. Purdue Pharma est une entreprise pharmaceutique qui commercialise l’Oxycodone, un anti-douleur qui contient de la morphine. Et comme Big Pharma est un vautour de la pire espèce, cherchant toujours à booster ses ventes et que McKinsey est un parasite de la plus belle eau, il est normal que les deux fassent la paire. Entre 2004 et 2019, McKinsey va conseiller Purdue afin d’augmenter les ventes.

    Premièrement, il faut viser les Etats américains les plus pauvres, ceux des Rednecks, où les mecs se niquent la santé avec plusieurs boulots pénibles. La douleur chronique fait partie de leur quotidien. Et quand ils vont voir leur médecin, alors celui-ci commence à leur prescrire ce type d’opiacé.

    Les commerciaux de Purdue, coachés par McKinsey, engueulent les médecins qui ne veulent pas prescrire ces merdes. « Comment osez-vous laisser souffrir vos patients, vous n’avez pas donc pas de coeur ? » De plus, McKinsey demande à Purdue d’augmenter le dosage de la morphine dans l’Oxycodone. Car cela permet de rendre les pauvres totalement accrocs en un temps record. Si on est dans le cynisme, on peut dire que McKinsey fait ce que lui demande Purdue Pharma, augmenter les ventes. Mais cela provoquera 500 000 morts, soit plus que la guerre en Irak.

    La firme et Purdue ne vont pas hésiter à bidonner des études scientifiques, à payer des médecins et à corrompre les scientifiques, non seulement pour minimiser la crise des opiacés, mais pour prétendre que la morphine ne rend pas accro ! Alors qu’il suffit de lire Tintin et le Lotus bleu pour s’en rendre compte !

    McKinsey paiera une amende de 600 millions de dollars pour son implication dans la crise des opiacés. Cela signifie que la justice considère que la vie d’un américain pauvre est de 1200 dollars…

    Un parasite vivant aux crochets de gouvernements médiocres

    Toutes ces affaires montrent que McKinsey fout la merde dans chaque pays où il met les pieds. En sachant qu’il a une haute opinion de lui-même. Il se considère comme étant plus intègre et plus noble que le Corps des Marines, l’Eglise catholique et les Jésuites. De plus, quand dans un pays, les lois sont contre lui, McKinsey va faire un lobbying énorme pour les changer.

    Il fait ses propres règles et dicte sa médiocrité managériale dans le monde entier. Et c’est ça qui est pire avec cette firme. Car les conseils qu’elle donne, on peut les trouver en cherchant pendant 5 minutes avec un peu de bons sens. Elle ne fait que paraphraser des recommandations existantes des gouvernements qu’elle conseille. Elle ne produit rien, mais se greffe dans les entités gouvernementales en faisant croire qu’elle est indispensable. La définition d’un parasite.

    Le meilleur exemple est la distribution des vaccins en France. Plutôt que de faire appel à l’armée française qui est spécialiste dans la logistique comme toute armée moderne, Vérantanplan fait appel à McKinsey qui lui coute des millions d’euros. Alors que le recours à l’armée aurait été plus efficace et ça n’aurait pas couté un centime à l’Etat.

    Mais en même temps, des médiocres qui s’entrelèchent avec d’autres médiocres, c’est la définition des politiciens actuels.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

    Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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