vendredi , 24 février 2017
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Ebola : Les « Super-propagateurs » derrière l’épidémie de 2014/2015

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Une nouvelle étude souligne l’importance des Super-propagateurs dans l’épidémie de l’Ebola qui a frappé l’ouest de l’Afrique entre 2014 et 2015 avec 3 % des personnes infectées qui étaient responsables de 61 % de tous les cas d’Ebola.


Ebola : Les « Super-propagateurs » derrière l’épidémie de 2014/2015
Pour les scientifiques, le problème des Super-propagateurs est tellement considérable qu’il est important de mettre un visage sur ces personnes. On pourrait les atteindre plus facilement avec des mesures de santé publique afin de contrôler la propagation de la maladie pendant les épidémies. Les résultats sont publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Les chercheurs estiment que les Super-propagateurs d’Ebola peuvent être classés dans des tranches d’âge et ils se basent sur la communauté plutôt que dans les centres de soin. Ces personnes ont continué à propager la maladie même après que nombreuses personnes aient été placé dans les centres de soin. Ces derniers permettent de mieux contrôler la maladie. Cela signifie que la performance des centres de santé n’est pas suffisante par rapport à la puissance virale de ces Super-propagateurs.

Si la super-propagation est totalement contrôlée, alors on aurait pu empêcher deux tiers des infections selon les scientifiques. Mais les chercheurs sont prudents dans leurs conclusions, car leurs résultats se basent uniquement sur les personnes qui ont pu être enterrées avec les normes de sécurité nécessaires. Prudence, mais cela suggère aussi que le rôle des Super-propagateurs a été beaucoup plus profond que les résultats de cette recherche.

Les Super-propagateurs ne sont pas un nouveau concept, mais il a pris de l’importance depuis les années 2000 lorsque les chercheurs ont compris que tous les individus ne propagent pas une maladie avec la même intensité. En plus de l’Ebola, on sait que les Super-propagateurs ont joué un rôle dans le Syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus (SRAS) en 2003 ou dans le Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) en 2012.

Mais on ignore qui sont ces Super-propagateurs et quelle était leur importance sur la propagation globale d’une maladie. Dans la récente épidémie de l’Ebola, il est désormais clair que les Super-propagateurs étaient un composant important de l’épidémie selon Benjamin Dalziel, professeur adjoint en biologie des populations de l’université d’Oregon et co-auteur de l’étude.

Nous considérons désormais que le rôle des Super-propagateurs est beaucoup plus important que prévu. Il n’y avait pas beaucoup de transmission une fois que les personnes étaient admises dans les hôpitaux et les centres de soin. Mais étant donné que le nombre de cas se basait principalement sur les cas hospitalisés, on a sous-estimé les autres vecteurs.

Car ce sont les cas « invisibles » qui ont vraiment dirigé l’épidémie, notamment les gens qui sont morts chez eux sans pouvoir atteindre les centres de santé. Dans notre analyse, nous avons pu voir une toile de transmission qu’on pouvait retracer vers un Super-propagateur dans une communauté. La super-propagation est souvent citée dans les premiers témoignages de la transmission de l’Ebola. Mais cette étude a proposé un cadre de travail de statistiques qui a pu mesurer l’importance du phénomène. Cela a également permis de mesurer l’évolution de la super-propagation pendant le progrès de l’épidémie avec la mise en place des mesures de contrôle.

L’importance de l’épidémie de l’Ebola de 2014 était sans précédent et les premières mesures de contrôle avaient échoué. Les scientifiques estiment qu’une meilleure compréhension de la super-propagation permet d’avoir des interventions plus ciblées et efficaces plutôt que de viser toute la population. Selon Dalziel, à mesure que nous comprenons mieux les vecteurs de l’infection, on peut se concentrer sur la démographie et le comportement individuel qui sont les plus vulnérables à l’infection et donc, à sa transmission.

Les chercheurs pointent le fait qu’on a dépensé des millions de dollars sur des messages de prévention de l’Ebola avec des contrôles d’accès au niveau de tout un pays. Ils suggèrent que les messages ciblés pour les individus les plus vulnérables auraient été plus efficaces et cela aurait empêché que l’épidémie prenne une telle ampleur.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences (http://dx.doi.org/10.1073/pnas.1614595114)

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A propos de Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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