vendredi , 24 février 2017
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Un ver parasitaire à l’origine du syndrome du hochement de tête

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Une étude montre des liens entre un ver parasitaire qui provoque la cécité des rivières et le syndrome du hochement de tête (Nodding Syndrome). Ce syndrome est une forme d’épilepsie rare qui touche les enfants dans certaines régions dans l’est de l’Afrique.


Un ver parasitaire à l’origine du syndrome du hochement de tête
La forme adulte de l' Onchocerca volvulus, un ver associé au syndrome du hochement de tête, qui a été isolé chez un patient - Crédit : Dr. Thomas B. Nutman, Laboratory of Parasitic Diseases, NIAID, NIH

 

 

Les chercheurs du National Institutes of Health ont découvert des indices sur un lien entre le syndrome du hochement de tête (anciennement connu comme la maladie du tremblement) et un ver parasitaire qui provoque la cécité des rivières. Le syndrome du hochement de tête est une forme d’épilepsie pédiatrique rare qu’on trouve dans certaines zones dans l’est de l’Afrique. L’étude, publiée dans la revue Science Translational Medecine, suggère que cette mystérieuse maladie neurologique est peut-être provoquée par une réponse auto-immune des protéines parasitaires.

Cette étude identifie une cause possible du syndrome du hochement de tête. Mais de manière plus globale, ces résultats montrent une nouvelle perspective sur l’épilepsie et ils suggèrent que certaines formes de ce trouble neurologique pourraient être auto-immune par nature selon Avindra Nath, directeur clinique du National Institute of Neurological Disorders and Stroke (NINDS).

Le syndrome du hochement de tête est une forme d’épilepsie qui affecte les enfants âgés de 5 à 16 ans qui vivent dans différentes régions de la Tanzanie, de l’Ouganda et de la République du Sud-Soudan.1 Ce syndrome est caractérisé par un hochement de tête, des convulsions et plusieurs détériorations cognitives et des retards de croissance. De nombreuses études ont pointé sur un lien entre le syndrome du hochement de tête et l’Onchocerca volvulus qui est connu pour provoquer la cécité des rivières.2 Le ver se propage par les mouches noires dans des régions géographiques précises où des ensembles du syndrome du hochement de tête ont été observés. Mais on ignorait si le ver provoquait ce trouble neurologique.

Dans cette étude, Nath et ses collègues ont comparé des échantillons de sérum provenant de patients affectés par le syndrome du hochement de tête et des personnes en bonne santé provenant du même village en Ouganda. Les résultats ont montré des niveaux élevés d’anticorps lié à la leiomodin-1 dans les patients. De plus, l’anticorps à la leiomodin-1 était également présent dans le fluide cérébrospinal des patients touchés par le syndrome du hochement de tête. Les études précédentes avaient montré la présence du leiomodin-1 dans les muscles, mais c’est la première fois qu’on le trouve dans le système nerveux.

Pour confirmer leurs découvertes, l’équipe de Nath a examiné les tissus cérébraux et ils ont trouvé le leiomodin-1 à l’intérieur des cellules cérébrales, notamment dans les régions associées au syndrome du hochement de tête. De plus, des neurones sains n’ont pas survécu quand ils étaient exposés à du sérum provenant des patients et des anticorps contre le leiomodin-1. Ces résultats suggèrent qu’on pourra peut-être développer des tests de diagnostic pour identifier les personnes vulnérables au syndrome du hochement de tête selon Tory Johnson qui est l’un des membres dans le laboratoire de Nath.

Nath et son groupe ont également trouvé que les anticorps associés au leiomodin-1 s’attachaient à des protéines de l’Onchocerca volvulus. La structure du leiomodin-1 était très similaire à celles de ce parasite. Les résultats de cette étude suggèrent que le syndrome du hochement de tête est peut-être une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque ses propres protéines dans l’organisme. Selon les chercheurs, le système immunitaire crée des anticorps pour combattre le parasite suivant une infection avec l’Onchocerca volvulus. Cependant, ces anticorps se connectent aussi à la leiomodin-1 et donc, le système immunitaire va également attaquer les cellules cérébrales qui contiennent cette protéine ce qui provoque le syndrome du hochement de tête.

Les résultats suggèrent aussi que les thérapies, qui ciblent le système immunitaire pourraient être efficaces contre ce trouble, mais également contre d’autres formes d’épilepsie selon Nath. Et une autre grande implication de cette étude est que l’extermination des mouches noires pour se débarrasser du parasite réduirait considérablement les cas de ce syndrome. On a besoin de plus de recherches sur le rôle du leiomodin-1 chez les personnes en bonne santé ainsi que les individus souffrant d’épilepsie. Par exemple, un tiers des personnes dans le groupe de contrôle possédaient des anticorps de leiomodin-1, mais on ignore si ces personnes pourraient développer le syndrome du hochement de tête.

Une vidéo du  ver Onchocerca volvulus qui émerge de la peau d’un patient (Crédit Dr. Thomas B. Nutman, Laboratory of Parasitic Diseases, NIAID, NIH) :

Source : Science Translational Medecine (http://stm.sciencemag.org/lookup/doi/10.1126/scitranslmed.aaf6953)

Sources

1.
Syndrome du hochement de tête : une maladie dévastatrice. OMS. http://www.emro.who.int/fr/media/actualites/syndrome-hochement-de-tete.htmlù. Consulté le février 15, 2017.
2.
L’onchocercose (la cécité des rivières) – Informations sur la maladie. OMS. http://www.who.int/blindness/partnerships/onchocerciasis_disease_information/fr/.
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A propos de Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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