Une experte sanctionnée pour de faux témoignages sur le "syndrome du bébé secoué"


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  • Waney Squier, une experte a été accusée de faute médicale grave et de faux témoignages parce qu’elle a prétendu que la violence physique était à l’origine de cas du syndrome de bébé secoué à l’occasion de nombreux procès. Il s’est avéré qu’il n’y avait aucune violence physique, mais uniquement des causes innocentes qui ont provoqué ce syndrome.

    Waney Squier, une pathologiste britannique fait face à des sanctions disciplinaires pour avoir prétendu que des cas de syndrome du bébé secoué étaient provoqués par des violences physiques, alors que les causes étaient innocentes. Cette experte a témoigné dans de nombreux procès qui poursuivaient des parents et des nounous pour avoir pratiqué une violence physique sur les enfants. Waney Squier est une consultante en neuropathologie au John Radcliffe Hospital à Oxford. C’est la seconde experte qui est accusée de faute médicale grave. Marta Cohen, une pathologiste au Sheffield Children’s Hospital, a été poursuivie pour la même accusation, mais elle a été blanchie par la suite.

    Squier a officié comme un expert témoin dans plusieurs procès de 2007 à 2010 sur des affaires d’accusations de violence physique sur le syndrome du bébé secoué. Elle est l’une des chercheuses mondiales qui ont toujours prétendu que les symptômes du syndrome du bébé secoué (hémorragie sur la surface cérébrale, dans la rétine et un cerveau déformé) sont des preuves irréfutables d’une violence physique.

    Des causes innocentes

    Dans leur recherche sur les cerveaux des enfants morts, Squier et ses collègues ont découvert que tous ces symptômes ont été provoqués par des causes innocentes telles que des infections ou la difficulté respiratoire. Mais malgré ces découvertes, cette experte a continué à prétendre que la violence physique était à l’origine de ce syndrome. Squier devra désormais comparaitre devant le General Medical Council de l’Angleterre. Parmi les accusations, on a une expertise qui est en dehors de son domaine, le manque d’objectivité et des preuves falsifiées devant le tribunal. On l’accuse aussi de ne pas avoir tenu compte des avis des autres experts.

    Selon le conseil, Squier a commis des actions répréhensibles, malhonnêtes, irresponsables et elle a constamment trahi sa profession. Elle jette le discrédit sur la médecine. L’interrogatoire et l’enquête ont commencé le lundi 5 octobre et il va durer 6 mois. Squier n’a pas fait de commentaires, mais d’autres pathologistes ont décrit cette affaire comme une chasse aux sorcières pour empêcher d’autres expertes de témoigner dans le futur.

    La frustration de la police

    Le GMC n’a pas dévoilé les raisons des poursuites contre Squier. Mais des transcriptions d’une discussion, de 2010 au Eleventh International Conference on Shaken Baby Syndrome/Abusive Head Trauma qui s’est tenu à Atlanta, révèlent que l’inspecteur Colin Welsh était particulièrement frustré sur les procès d’abus d’enfant. La police a estimé que la contradiction des experts était la principale raison pour que des coupables d’abus d’enfant fussent acquittés. Après avoir perdu plusieurs affaires de ce type, la police a décidé d’envoyer un rapport sur 2 médecins au Conseil médical de l’Angleterre. On ignore si la police a cité Squier comme étant une experte douteuse. La police tente d’améliorer ses procédures d’enquêtes pour différencier des cas du syndrome du bébé secoué qui sont provoqués par des causes innocentes ou une violence physique avérée. On pourrait penser que la police n’avait aucun intérêt à balancer Squier au Conseil médical, mais le fait que la contradiction des experts peut faire échouer le procès.

    Et la controverse continue sur la validité de la violence physique sur le syndrome du bébé secoué. En aout 2015, une nounou irlandaise, Aisling McCarthy, a été libérée par le tribunal après qu’elle ait passé 2 ans et demi en prison pour le prétendu meurtre de Rehma Sabir, une enfant de 1 an qui était à sa charge. Les charges ont été abandonnées après qu’un enquêteur médical, agrée par l’Etat, a analysé les preuves et le tribunal a corrigé son verdict sur le fait que cette nounou avait secoué le bébé jusqu’à ce que mort s’ensuive.

     

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