3 parents pour 1 enfant, mais uniquement pour les garçons

Les femmes aux États-Unis, dont les enfants risquent plusieurs maladies mitochondriales, sont autorisées à remplacer les mitochondries dans leurs ovules par celles d’un donneur sain. C’est l’annonce de l’institut de médecine. La seule limite ? C’est uniquement valable pour les garçons. Cela va garantir que leurs petits-fils ne seront pas affectés s’ils subissent les effets secondaires de cette thérapie très controversée de la fécondation in vitro.


La thérapie mitochondriale autorise 3 parents à concevoir un enfant aux Etats-Unis, mais c'est uniquement valable pour les garçons.

Un nombre grandissant de maladies, incluant celles qui provoquent des handicaps sévères ou la mort pendant l’enfant, sont associées à des mutations génétiques dans la . La mitochondrie est un organite (organelle en anglais) qui produit de l’énergie et qui possède son propre génome. Le remplacement d’une mitochondrie défectueuse dans un ovule ou dans un embryon par celle provenant d’un donneur permettra d’empêcher ce type de maladie. En termes clairs, ce seront 3 parents qui vont concevoir l’enfant.

Le rapport de l’institut de médecine a été demandé par la FDA (Food and Drug Administration) et donc ces recommandations vont devenir la politique officielle des législateurs américains. La recommandation valable uniquement pour les garçons est critiqué par les chercheurs anglais dont le Parlement a donné l’autorisation de la thérapie mitochondriale l’année dernière sans aucune restriction.

Un changement génétique irréversible

Je pense que le Royaume-Uni est arrivé à la bonne conclusion selon Alison Murdoch de l’université de Newcastle. L’équipe de cette chercheuse développe des thérapies pour remplacer les mitochondries. La recommandation américaine va à l’encontre du principal objectif de cette thérapie.

La technique est une forme de parce qu’une petite partie de l’ADN de l’enfant proviendra du donneur sain. Et étant donné que la mitochondrie est héritée de la mère, et que si la mère a une fille, alors la modification génétique de la thérapie sera introduite de manière irréversible dans chaque génération. Mais si la mère a un fils, alors il va hériter de la mitochondrie du donneur, mais cela ne va pas aller plus loin.

On estime que 17 personnes aux États-Unis sont déjà nées avec un donneur de mitochondrie. La technique a été utilisée pour booster la fécondation in vitro de 1997 à 2002, mais la FDA l’a interdit par la suite. Si la FDA suit la recommandation de l’institut de médecine, alors cela permettra d’éviter que les enfants souffrent de maladies héréditaires. Mais on doit déterminer le sexe de l’embryon et seuls les embryons mâles sont transférés aux femmes. Et c’est en dépit du fait qu’il y a un débat si la sélection sexuelle est éthiquement acceptable.

Des embryons à rude épreuve

Cette approche de privilégier uniquement les garçons a été attentivement étudié par le Royaume-Uni, mais les autorités l’ont rejeté pour plusieurs raisons. La première est qu’elle réduit de moitié pour les femmes de tomber enceinte puisqu’on ne peut pas utiliser des embryons femelles. Et le fait de déterminer le sexe implique la suppression d’une cellule unique pour le test. Et cela réduit les chances de la fécondation in vitro puisque c’est une modification supplémentaire en plus de celle de la thérapie mitochondriale. En général, on ne doit pas modifier l’embryon plus que nécessaire selon Douglas Turnbull du Wellcome Trust Centre for Mitochondrial Research.

Il faudra attendre 20 à 30 ans avant que les enfants, issus d’un donneur de mitochondrie, puissent concevoir leurs propres enfants. Et on va faire d’immenses progrès en 30 ans dans la génétique et ce type de recommandation sera bientôt obsolète.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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