Régime hypocalorique : Une meilleure espérance de vie et santé chez les singes


  • FrançaisFrançais

  • Un rapport suggère que le régime hypocalorique qu’on connait également comme la restriction calorique améliore l’espérance de vie et la santé chez les singes rhésus. Mais il faudra attendre plusieurs années pour aboutir à un consensus sur ce régime.


    Un rapport suggère que le régime hypocalorique qu'on connait également comme la restriction calorique améliore l'espérance de vie et la santé chez les singes rhésus. Mais il faudra attendre plusieurs années pour aboutir à un consensus sur ce régime.
    Des images de singes rhésus datant de 2009 d'une étude sur le régime hypocalorique. Sur la gauche, le singe qui était agé de 27 ans suivait un régime hypocalorique tandis que le singe sur la droite pouvait manger tout ce qu'il voulait. Depuis, les deux animaux sont morts de cause naturelle, mais un rapport souligne que la restriction calorique renforce l'hypothèse que la réduction des calories à des bienfaits sur la santé qui peut étendre l'espérance de vie- Crédit : Jeff Miller/University of Wisconsin-Madison

    2 équipes de recherche ont collaboré pour tenter de mettre fin au débat qui concerne les effets du régime hypocalorique qu’on connait également le régime de restriction calorique. En 2009, une étude de l’UW-Madison a rapporté des bienfaits significatifs dans la survie et une réduction dans le cancer, les maladies cardiovasculaires et la résistance à l’insuline chez les singes qui mangeaient moins que leurs compagnons. Mais en 2012, une étude de NIA a reproduit la première étude en rapportant des résultats contradictoires qui montraient qu’il y avait peu d’amélioration dans la survie, mais l’étude mentionnait une tendance positive sur l’amélioration de la santé.1

    Ces rapports contradictoires ont jeté de l’ombre sur le régime hypocalorique et son impact sur la vieillesse et la réduction des maladies liées à l’âge selon Anderson, l’un des auteurs du rapport qui sera publié dans Nature Communications. En travaillant ensemble, les 2 laboratoires ont analysé les données sur de nombreuses années en incluant les données de près de 200 singes provenant des 2 études. Les scientifiques estiment qu’ils peuvent expliquer les résultats contradictoires.

    La première différence est que les animaux dans les 2 études ont subi une restriction calorique à des âges différents. L’analyse comparative révèle que le fait de manger moins est plus bénéfique pour l’adulte et les primates plus âgés, mais ne montre aucun bienfait pour les jeunes animaux. C’est une différence majeure par rapport aux études sur les rongeurs qui montrent que le régime hypocalorique est plus efficace si on le commence en étant jeune.

    Ensuite dans l’étude des singes du NIA, les singes de contrôle mangeaient moins que ceux du groupe du Wisconsin. Cette diminution de la consommation était associée à l’amélioration de la survie comparée au contrôle du Wisconsin. On n’avait pas pris en compte la différence dans la survie entre les groupes de contrôle et ceux qui étaient à la diète chez les singes jeunes et âgés dans l’étude du NIA comparé aux données du groupe du Wisconsin. Cela suggère que même de petites différences dans la consommation chez les primates possèdent des effets significatifs contre la vieillesse et pour la santé.

    La composition du régime hypocalorique était également différente entre les 2 études. Les singes du NIA mangeaient naturellement des aliments produits tandis que les singes de l’UW-Madison mangeaient des aliments transformés qui contenaient un niveau élevé de sucre. Les animaux de contrôle du Wisconsin étaient plus gros que ceux du contrôle du NIA. Cela signifie que dans une consommation illimitée, le type d’aliments peut faire une grosse différence entre la masse de graisse et la composition du corps.

    Enfin, l’équipe a identifié des différences importantes concernant le sexe dans la relation entre le régime et l’adiposité (la graisse) et la sensibilité à l’insuline. Les femelles semblent moins vulnérables aux effets indésirables de l’adiposité que les mâles. Cet aspect est particulièrement important chez les primates et on pourrait le superposer aux humains. Le résultat du rapport suggère que le régime hypocalorique peut combattre les effets de la vieillesse. Mais pour les primates, l’âge, le sexe, le type de régime doit être mesuré soigneusement pour bénéficier pleinement de ce régime. En 2013, une étude suggérait déjà que malgré les résultats contradictoires, le régime hypocalorique permet de lutter contre de nombreuses maladies liées à la vieillesse.2 Cependant, cette étude soulignait l’importance d’une alimentation adaptée et sous surveillance pour éviter des problèmes de malnutrition.

    Sources

    1.
    Mattison JA, Roth GS, Beasley TM, et al. Impact of caloric restriction on health and survival in rhesus monkeys from the NIA study. Nature. 2012;489(7415):318-321. doi: 10.1038/nature11432
    2.
    Cava E, Fontana L. Will calorie restriction work in humans? 2013.
    N'oubliez pas de voter pour cet article !
    1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (No Ratings Yet)
    Loading...
    mm

    La Rédaction

    L'équipe rédactionnelle

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *