vendredi , 24 novembre 2017

Des recommandations pour réduire l’utilisation des antibiotiques dans les hôpitaux

Une méta-analyse mise à jour de Cochrane a identifié des moyens efficaces pour lutter contre une utilisation abusive des antibiotiques dans les hôpitaux. Des directives et des politiques, qui promeuvent un meilleur ciblage des antibiotiques chez les patients qui en ont le plus besoin, ont le meilleur impact quand ces directives se concentrent pour changer le comportement des médecins.


Des recommandations pour réduire l’utilisation des antibiotiques dans les hôpitaux
Les antibiotiques sont utilisés pour traiter des infections bactériennes telles que la pneumonie. La résistance aux antibiotiques est devenue un problème de santé publique avec certaines infections qui ne peut plus être soigné avec des traitements existants. Les infections, provoquées par des bactéries résistantes aux antibiotiques, provoquent une hospitalisation plus longue et un risque élevé de mort. Une utilisation incorrecte des antibiotiques est souvent associée avec une résistance accrue et les études ont montré que dans 50 % des cas, les médecins hospitaliers ne prescrivent pas correctement les antibiotiques.

Des chercheurs de Cochrane du Royaume-Uni ont mesuré l’efficacité et la sécurité des interventions pour améliorer la manière dont les médecins prescrivent les antibiotiques chez les patients hospitalisés.1 La méta-analyse mesure également la variation selon le type d’intervention. Les chercheurs se sont basés sur 221 études aux États-Unis, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud et en Australie. Les interventions étaient destinées aux professionnels de santé qui prescrivaient des antibiotiques chez les patients hospitalisés en soins intensifs et ceux qui devaient subir une chirurgie. Les interventions se classaient en 2 catégories. La première est des techniques “restrictives” avec des règles qui incitaient les médecins à prescrire correctement les antibiotiques et la seconde est des techniques “d’activation” pour fournir des conseils et un Feedback pour mieux informer les médecins sur la prescription. Dans les deux cas, l’objectif était d’augmenter la quantité de prescriptions adaptées pour que les patients ne reçoivent pas d’antibiotiques alors que ce n’était pas nécessaire tout en les prescrivant pour des patients qui devait passer par des antibiotiques.

Les chercheurs ont découvert des preuves solides provenant de 29 études randomisées sur 23 394 patients qu’indépendamment du type d’intervention, 58 % des patients hospitalisés ont reçu un traitement adapté selon les directives comparé à 43 % des patients dans les groupes standards. Quand les médecins ont suivi les directives, cela a permis de réduire l’utilisation des antibiotiques de 11 à 9 jours et l’hospitalisation est passée de 13 à 12 jours. Les données de 28 études randomisées sur 15 827 patients ont montré que le risque de mort était de 11 % dans les 2 groupes. Cela suggère que la réduction d’antibiotiques ne provoque pas une augmentation du risque pour les patients. Les données de 26 études non randomisées ont fourni des preuves faibles d’un lien entre les interventions et une réduction des infections hospitalières.

Les interventions de techniques restrictives et d’activation étaient largement plus efficaces que celles qui se basaient uniquement sur l’éducation (par exemple, via des réunions ou la distribution de guides). De plus, la combinaison des techniques d’activation augmentait l’efficacité des techniques restrictives. Cependant, seuls 10 % des interventions ont utilisé les techniques d’activation les plus efficaces. Parmi ces techniques, on peut citer l’établissement d’un objectif, de Feedback et d’une planification d’actions.

Peter Davey, du Population Health Sciences Division à l’université de Dundee et principal auteur de cette analyse, a déclaré que cette méta-analyse Cochrane montre qu’une variété d’interventions est très performante pour réduire l’utilisation abusive des antibiotiques dans les hôpitaux.

Le chercheur ajoute qu’on n’a pas besoin de plus d’études pour déterminer si ces interventions réduisent l’utilisation des antibiotiques, mais nous avons besoin de plus de recherches pour comprendre pourquoi les techniques les plus efficaces ne sont pas adoptés par les hôpitaux. Les recherches futures doivent se concentrer sur le ciblage du traitement et d’autres mesures pour évaluer les risques du patient.

Sources

1.
Davey P, Brown E, Charani E, et al. Interventions to improve antibiotic prescribing practices for hospital inpatients. Davey P, ed. Cochrane Database of Systematic Reviews. April 2013. doi: 10.1002/14651858.cd003543.pub3
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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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