mardi , 26 septembre 2017

Glyphosate : Manipulations de Générations Futures, le rapport “copié-collé”” pour l’EFSA et Monsanto

Générations Futures, une association connue pour sa propagande contre les pesticides a publié un rapport vraiment moisi sur la présence du glyphosate sur différents aliments. Mais le dosage qu’ils ont trouvé est largement inférieur à la limite maximale autorisée par toutes les normes en vigueur. Il est quasi criminel que des médias de masse aient relayé un tel machin. On a aussi ajouté notre critique sur les articles du The Guardian et de The Stampa sur le rapport de l’EFSA qui aurait été “copié-collé” des études fournies par Monsanto.


Glyphosate : Manipulations de Générations Futures, le rapport “copié-collé”” pour l’EFSA et Monsanto

Générations Futures est connu pour ses opérations de com voulant nous avertir sur les dangers des pesticides, des OGM et de l’industrie alimentaire en général. Ils ont récemment publié un rapport montrant la présence du glyphosate dans près de nombreux aliments.1 Par “nombreux”, ils ont choisi 30 aliments et la moitié contiendrait des résidus de glyphosate. Un échantillon de 30 aliments ? C’est une plaisanterie ? Il faut tester des centaines d’aliments sur une période très longue pour commencer. Mais voici leurs résultats :

  • 7 céréales de petit déjeuner sur 8 analysées en contiennent (soit 87.5 %)
  • 7 légumineuses sur 12 analysées en contiennent (soit 58.3 %)
  • 2 pâtes alimentaires sur 7 en contiennent (soit 28,5 %)
  • 0 des autres produits à base de céréales (petits pains secs, biscottes) en contiennent (0 %)
Sauf qu’on s’en fout royalement de la proportion des aliments qui contiennent du glyphosate. C’est la dose qu’il faut regarder. Et Génération Futures nous dit : Les concentrations retrouvées vont de 40 µg/kg pour une céréale du petit déjeuner à 2 100 µg/kg pour un échantillon de lentilles sèches. Le µg est la mesure du microgramme. Pour les résidus de pesticide sur les aliments, on utilise le Limite maximale de résidus (LMR ou Maximum Residue Limit).2

Toutes les choses sont poison et rien n’est sans poison, seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison

Selon la base de données de la FAO, la LMR concernant les graines de céréales est de 30 mg/kg, soit 30 000 µg/kg. Pour la lentille séchée, la LMR est de 5 mg/kg, soit 5 000 µ/kg. Génération Futures a trouvé 40 µ/kg dans la céréale alors que la limite est de 30 000 µ/kg. Pour la lentille séchée, Génération Futures a trouvé 2 100 µg/kg alors que la limite est de 5 000 µg/kg. Donc, on ne voit pas de dépassement de limite apparent dans le rapport de Génération Futures et en fait, la plupart des aliments contiennent du glyphosate dans une quantité largement inférieure. Et puis pourquoi utiliser le microgramme à part pour ajouter des zéros ? Toutes les bases de données de la LMR sont en milligrammes. Encore une tactique pour créer un sentiment anxiogène.

Les aliments testés par Générations Futures et leurs quantités de glyphosate en milligramme par kg.

Les aliments testés par Générations Futures et leurs quantités de glyphosate en milligramme par kg.

Même quand on regarde le tableau complet, on trouve des limites qui sont inférieures à la LMR. Pour le pois chiche, GF trouve 0,194 mg/kg (en extrapolant sur le produit de 500 grammes x 2) alors que la limite est de 5 mg/kg. Pour les haricots rouges, Générations Futures nous donnent 2,6 mg/kg (en extrapolant sur le produit de 500 grammes x 2) alors que la limite est de 5mg/kg.

On peut trouver plusieurs bases de données pour chercher des limites maximales de résidus. Ainsi, nous avons la base de données de la FAO,  celle de la Commission Européenne et celle des Etats-Unis (notez que pour cette dernière, elle est géré par Global MRL Database qui nécessite une inscription, la version gratuite vous permet de trouver les LMR connues, mais les autres bases de données sont directement accessibles). La Commission Européenne et la FAO utilise l’unité du mg/kg (milligrame par kilo) tandis que la Global MRL utilise le ppm (Partie par million) qui est équivalent au mg/kg. Vous pouvez tester vous-même les aliments qui contiennent les résidus du glyphosate et vous trouverez que les quantités trouvées par Générations Futures sont très rassurantes. Nous avons fait un tableau de 4 aliments avec des correspondances e entre la quantité de Générations Futures, la LMR de la FAO, de la Commission Européenne et des Etats-Unis.

Les alimentsLa quantité trouvée par Génération FuturesLimite maximale de résidus (FAO)Limite maximale de résidus (Commission Européenne)Limite maximale de résidus (USA)
Lentilles2,1 mg/kg5 mg/kg10 mg/kg5 ppm
Céréales0,04 mg/kg30 mg/kgde 10 à 20 mg/kg (dépendant des types de céréale)30 ppm
Pois chiche0,097 mg/kg5 mg/kg10 mg/kg5 à 8 ppm
Haricot0,057 mg/kg2 mg/kg2 mg/kg5 ppm

Notez également que certaines quantités ne correspondent pas précisément à l’aliment trouvé dans le rapport. Cela montre que Génération Futures ne sait même pas choisir les aliments qui sont testé pour la LMR. Par exemple, personne ne va tester les haricots rouges précisément, car cela englobe tous les haricots. De plus, le rapport contient beaucoup de doublons avec notamment les céréales. Notre tableau propose seulement 4 aliments, mais on voit très clairement que c’est largement inférieur aux limites.

Oui, mais le glyphosate est toxique !!

C’est un argument qui revient souvent même si cette phrase ne veut rien dire. La toxicité ne dépend pas de la substance, mais de sa dose. Même l’eau peut provoquer une intoxication dans les cas extrêmes.3 La toxicité est évaluée par la mesure LD50.4 La LD50 indique la dose de la substance à partir de laquelle elle va tuer la moitié des animaux dans un groupe de test. La norme concernant le glyphosate, confirmée par plusieurs études, a été établie à 5600 mg/kg.5 Étant donné que Génération Futures aime jeter la confusion, alors on peut faire la même chose avec l’équivalence en microgramme qui est de 5 600 000 microgrammes/kg. La toxicité est évaluée par 3 formes, aiguë, chronique et subchronique.

La dose de 5600 mg/kg est pour la toxicité aiguë et une toxicité chronique est aux alentours de 500 mg/kg. Génération Futures parle également des effets tératogènes du glyphosate. Un effet tératogène provoque le développement de masses cellulaires anormales au cours de la croissance foetale avec des défauts physiques sur le foetus. Des chercheurs ont testé des rats en état de grossesse avec une dose de 3 500 mg/kg sans observer aucun effet tératogène.5 Cette mesure LD50 permet également de créer des catégories de toxicité. L’EPA (Agence de l’environnement US) propose 4 catégories allant de I à IV. La catégorie I est la plus toxique et la catégorie IV est la moins toxique. Le glyphosate a été placé dans la catégorie III.6 En fait, même si vous le vouliez, le glyphosate ne pourrait pas vous tuer. Des cas de suicide ont été rapporté en ingérant des herbicides contenant du glyphosate. Sur une étude 4 cas, il y en a seulement 1 qui est mort.7 Dans une autre de cas portant sur 131 personnes, ayant tenté de se tuer avec du glyphosate, il y en a 11 qui sont mortes.8

De plus, quand le compare à d’autres substances qui se trouvent dans la cuisine, alors on se rend compte que le glyphosate est toujours moins toxique.

  • La caféine possède une LD50 de 192 mg/kg
  • Le chlorure de sodium (le sel de table) possède une LD50 de 3000 mg/kg
  • Le sulfate de cuivre, qui est parfois utilisé comme un pesticide “bio”, possède un LD50 de 30 mg/kg.9

Ce n’est pas pour minimiser la toxicité du glyphosate ou vous inciter à mettre un bidon de glyphosate dans votre cuisine. Mais c’est une comparaison pour démontrer que toutes les histoires montrant la “haute” toxicité du glyphosate sont totalement erronées.

La Reference Dose (RfD)

On peut arguer que la LD50 ne concerne que la limite maximale, mais qu’en est-il de l’effet de l’ingestion sur le long terme ? L’EPA a également testé cette hypothèse avec ce qu’on appelle la tolérance de la Reference Dose (RfD). La tolérance du RfD est établie par ce qu’on connait comme la Dose sans effet toxique observable (DSNEO ou NOEL en anglais). Notons qu’on teste la tolérance sur les espèces les plus sensibles à la toxicité. Dans les études, on a administré quotidiennement jusqu’à 31 mg/kg de glyphosate à des rats et sur les chiens, on a pu augmenter les doses à 500 mg/kg sans observer aucun effet.5

On a également la Dose journalière admissible (DJA) qui indique la quantité d’une substance qu’une personne peut ingérer dans une courte période de temps (généralement 24 heures). Ainsi, l’EPA propose une DJA de 1,75 mg/kg tandis que l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) la place à 0,5 mg/kg.10 Mais c’est encore loin de la dose maximale de toxicité et pour résumer, il faudra en manger des tonnes d’aliments avec la dose maximale de résidu pour atteindre votre DJA de glyphosate si vous pesez 60 kg (vous devrez ingérer 30 mg par jour).

  • Si vous mangez du riz avec des résidus de glyphosate (qui possède une LMR de 0,1 mg/kg), vous devrez bouffer environ 300 kg de riz chaque jour.
  • La même chose est valable pour les lentilles. 300 kg par jour.
  • Pour les haricots (2 mg/kg), vous devrez en bouffer 15 kg par jour (en sachant qu’en moyenne, la consommation moyenne de 25 grammes)

Vous voyez le tableau. Même si vous consommiez uniquement des aliments, ayant des résidus maximaux de glysophate, pendant toute votre vie, vous serez toujours en dessous des limites qui sont fixées par les différentes organisations. En plus, on a pris l’exemple de la norme DJA de l’EFSA, car la plupart des organisations américaines parlent de 1 mg/kg jusqu’à 1,75 mg/kg. Si on regarde la quantité de résidus de glyphosate trouvé par Génération Futures, alors on devrait manger :

  • 20 kg de pois chiche par jour (GF a trouvé 1,5 mg/kg)
  • 14,9 kg de lentilles par jour (GF en a trouvé 2,1 mg/kg dans une marque de lentilles)
  • 526 kg d’haricots rouges (GF en a trouvé 0,057 kg/mg)
  • 344 kg de céréales de blé entier (GF en a trouvé 0,087 kg/mg)

Génération Futures, propagande Made in Bio

Mais le plus gros problème est que ces tests sont totalement invalides sur le plan scientifique. Génération Futures a testé des aliments transformés alors que la LMR doit concerner un aliment spécifique. Il aurait fallu tester chaque composant du produit avec son LMR associé pour ajouter quelques grammes de validité à cette étude pourrie de a à z.

Générations Futures nous dit : Lorsqu’un pesticide est couramment utilisé sur un fruit, un légume ou une céréale, la LMR de ce pesticide aura tendance à être élevée ce qui limite les risques de dépassement… Vous avez vu ces trois points de suspension comme si les différentes organisations gouvernementales prenaient un malin plaisir à augmenter artificiellement la LMR ? Ensuite : A noter aussi qu’il n’y a pas de LMR pour un mélange de résidus de pesticides (contrairement à ce qu’il se passe pour l’eau). Sauf que ça n’a pas de sens de faire ce type de test.

Mais Générations Futures se dédouane rapidement dans sa conclusion : Elle (cette “étude”) ne prétend pas être parfaitement représentative de la consommation de ce type d’aliments en France et ne prétend pas refléter exactement l’état moyen de la contamination par le glyphosate de ce type d’aliments vendus en France. En gros, votre rapport ne dit rien sur rien, mais bon, il fallait faire le buzz pour justifier les demandes de subventions et les dons. En fait, elle nous dit simplement qu’il y a du glyphosate dans des aliments. Pour un scoop, c’est un scoop. Mais bien sûr qu’il y a des résidus de glyphosate, bande de nuls, car le glyphosate est le pesticide le plus utilisé dans le monde. On le trouvera dans tous les aliments vendus sur le marché. Notons que ce n’est pas une étude. Une étude est publiée dans une revue scientifique sérieuse avec une évaluation par les pairs. C’est juste un rapport de plus de ces associations “bio” qui ne nous donnent aucune information valide.

Concernant les statistiques sur la LMR en France :

En France, c’est la Direction Générale de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui doit faire les analyses et les transmettre tous les ans à l’UE. Les données sont publiées deux ans après que les
analyses aient été effectuées. Ainsi en 2017, nous avons reçu les données des analyses portant sur 2015. Les données 2017 (portant sur 2015) indiquaient que la présence de pesticides quantifiables a été décelée dans 69,9 % des échantillons de fruits et 36,6 % des légumes. Les dépassements des LMR en 2015 concernent 1,4% des échantillons.

C’est à pleurer de rire !! Sur tous les échantillons, les dernières données indiquent que les dépassements des limites ne concernent que 1,4 % des échantillons.

Mais bon, c’est leur fond de commerce, mais pour nous, les vrais criminels contre la science sont les médias de masse qui ont relayé ce rapport sans apporter aucune réflexion critique. L’Obs, Les Echos, Le Monde, Le Huffington Post, RTL, Linternaute, Actu Orange, France Soir, LCI, Top Santé, Sud Ouest, Le Télégramme, Reporterre, Medisite, consoGlobe, Réponse Conso, Santé Magazine et 7seizh. Et la palme du plus beau titre anti-science revient à l’Obs avec : Glyphosate : un cancérogène que vous avalez dès le petit déjeuner.11 Dis donc, monsieur Arnaud Gonzague, c’est quoi ce titre de merde et est-que vous n’avez pas toujours appris la leçon depuis l’étude de Seralini en 2012.

Le rapport de Génération Futures fait 9 pages, mais les “vraies” informations commencent à la 6e page. Toute leur analyse est résumé en une page avec un tableau qui ne veut pas dire grand-chose sans oublier qu’on n’a aucune information sur le laboratoire qui a fait cette analyse.

Le rapport prétendument copié-collé de l’EFSA sur le Glysophate

Génération Futures a tiré ses flèches pour jeter le doute sur glyphosate et désormais, The Guardian (journal britannique) et The Stampa (journal italien) lui emboitent le pas.12 13 Heureusement qu’on n’est pas des complotistes à la rédaction, sinon on verrait un agenda de propagande parfaitement planifié pour faire capoter le renouvellement de l’autorisation du glyphosate au mois d’octobre par la Commission européenne. Encore une fois, de nombreux médias français ont relayé ces articles de The Guardian et The Stampa dont ils semblent avoir été copié mot pour mot tellement ils sont ressemblants. L’article de The Guardian n’est pas assez intéressant, mais nous avons fait une traduction automatique de celui de The Stampa et nous commentons chaque partie.14

Des parties du rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui ont évalué les risques d’utilisation du glyphosate ont été copiées de la demande de renouvellement de l’autorisation de Monsanto. Monsanto est la société qui a d’abord développé du glyphosate, l’ingrédient actif utilisé pour produire des herbicides tels que le Roundup. Une substance qui vend depuis des décennies, gérant un marché mondial d’un milliard d’euros. Les gouvernements de l’UE, y compris l’Italie, et la Commission européenne doivent décider, au cours des prochains mois, de renouveler ou non l’autorisation de commerce et d’utilisation du glyphosate, qui expirera plus tard cette année. La base de la décision sera le rapport préparé par l’EFSA en octobre 2015, qui prend en compte des critères tels que l’impact potentiel sur la santé humaine et les risques environnementaux.

C’est leur hypothèse de départ même s’il y a déjà un premier truc qui coince. Certes, Monsanto gagne de l’argent avec le Roundup, son herbicide basé sur le glyphosate, mais ses revenus proviennent principalement de ses semences. Si on prend l’exemple de 2015, Monsanto a réalisé un chiffre d’affaires de 14,9 milliards de dollars dont 4,9 milliards de dollars pour ses herbicides, soit environ 31 % et ces parts de marché baissent de plus en plus grâce aux produits à base de glyphosate qui sont fabriqués par d’autres fabricants.15 Le glyphosate est dans le domaine public depuis les années 2000.

Au cours de l’examen complet de l’autorisation, les organismes d’évaluation de l’EFSA, tels que le Bureau fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR), ont déclaré que leur opinion reposait uniquement sur leur évaluation objective de la recherche scientifique sur le glyphosate, mais quelque chose ne revient pas.

En comparant la demande de renouvellement de l’autorisation que Monsanto avait présentée en mai 2012 au nom du Glyphosate Task Force, un consortium de plus de 20 entreprises qui commercialisent des produits de glyphosate en Europe et le rapport de l’EFSA indique clairement que la réalité est tout à fait différente. Les deux documents sont accessibles en ligne, mais jusqu’à présent, personne n’a pensé les regarder plus attentivement et les comparer.
Les sections du rapport de l’EFSA examinant les études publiées sur l’impact potentiel du glyphosate sur la santé humaine ont été copiées, presque mot à mot, à partir du dossier soumis par Monsanto. Il y a 100 pages sur environ 4 300 du rapport final, mais ce sont les sections les plus controversées et le centre du débat au cours des derniers mois, ceux sur la génotoxicité potentielle, la cancérogénicité et la toxicité pour la reproduction du glyphosate.

Le premier paragraphe commence très mal, car il sous-entend a priori que l’EFSA est malhonnête alors que non. Ensuite, les “journalistes” ont obtenu les données du copié-collé via le BfR qui est l’institut allemand. L’EFSA va demander à un Etat de présenter le rapport pour décider du renouvellement. Pour le glyphosate, c’est l’Allemagne qui a été choisie et donc, le BfR. Ensuite, la principale accusation : 100 pages du rapport sont des copiés-collées à partir d’un dossier soumis par la Glyphosate Task Force (GTF).16

Tous les médias prétendent que la GTF est totalement contrôlée par Monsanto alors qu’il suffit de regarder le site officiel, pas très fourni certes, pour se rendre compte que ce consortium contient 22 entreprises, à savoir, ADAMA Deutschland GmbH, Agria S.A, Agro Trade GmbH, Albaugh UK Limited, Arysta Lifesciences SAS, Barclay Chemicals (Manufacturing) Ltd, Brokden SL, BROS Spółka z ograniczoną odpowiedzialnością spółka komandytowa, Cheminova A/S, Coromandel International Limited, EXCEL CROP CARE(Europe) NV, Helm AG, Industrias Afrasa S.A, Monsanto Europe S.A./N.V, Nufarm GmbH & Co KG, Rotam Agrochemical Europe Limited, Sapec Agro S.A, Sinon Corporation, Société Financière de Pontarlier, Syngenta Limited, United Phosphorus Ltd, Wynca UK Limited.17 Et donc, aucune preuve que Monsanto soit à la tête.

Soit, les journalistes ne comprennent pas du tout le concept d’une demande de soumission, soit ils sont malhonnêtes. Monsanto ou d’autres entreprises, commercialisant le glyphosate, créent leur rapport en se basant sur les études scientifiques avec des données brutes. Ensuite, les instances européennes vont évaluer cette demande en se basant sur ces études. Ce n’est pas parce que Monsanto est à l’origine du rapport que toutes les études sont truquées.

Pourtant, l’EFSA est très claire sur la manière dont elle mène ses évaluations. Elle utilise 2 sources, des directives obligatoires qui sont des études fournies par l’industrie et celles qui viennent de la communauté scientifique.18 Les études fournies par l’industrie doivent respecter la norme Good Laboratory Practice (GLP) qui est un protocole de l’OCDE pour mesurer l’intégrité et la consistance des tests. L’industrie va fournir l’étude pour les directives obligatoires, mais également les données brutes pour que l’EFSA puisse déterminer s’il n’y pas une couille dans le potage. On s’en fout qu’il y a du copié-collé, car seule la pertinence des résultats est importante. Si l’EFSA a repris les conclusions des études fournies par l’industrie, alors c’est qu’elle n’a trouvé rien à dire, c’est tout. Ou on veut que l’EFSA invente de fausses études pour prouver la dangerosité du glyphosate par tous les moyens ?

L’EFSA et le BfR ont toujours déclaré qu’ils ont bien travaillé correctement. C’est en juin 2017 une déclaration de l’EFSA sur l’évaluation du glyphosate de l’UE et les «documents Monsanto»: « Chaque étude scientifique est examinée en fonction de la pertinence et de la fiabilité (…) sur la base des données contenues dans l’étude ».

Peter Bleser, secrétaire d’État au ministère fédéral de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection des Consommateurs (BMELV), en réponse à une question écrite du 7 septembre 2015 stipule que: ” L’évaluation du risque pour la santé dans le RAR (le rapport d’évaluation de renouvellement) repose uniquement sur des évaluations indépendantes de BfR de toutes les études mentionnées “.

Les agences européennes sont parvenues à la conclusion que le glyphosate est inoffensif pour les humains. Une évaluation qui apparaît maintenant “copiée” par les études fournies par l’industrie, dont le contenu ne peut pas être consulté publiquement.

Et vous avez remarqué que ni The Stampa ou The Guardian n’ont fourni les extraits copiés-collés pour qu’on puisse vérifier par nous-mêmes. Mais heureusement, il y a d’autres personnes qui l’ont fait et on a intégré leurs avis plus bas dans l’article. Et c’est vraiment du n’importe quoi, car la charge de la preuve revient qui lance ses affirmations. Alors que dans cette affaire, c’est au public de proposer les preuves qui sont pourtant avancé par les médias.

L’analyse fournie par les études publiées et examinées par des groupes de scientifiques sur la base de l’avis de l’Agence internationale de recherche sur le cancer (CIRC) révèle le rôle possible du glyphosate dans le développement de tumeurs. Ces études ont été critiquées par Monsanto, qui les a qualifiées de peu fiables et sans pertinence, des études que l’EFSA a choisi d’ignorer dans son évaluation.

Les documents semblent confirmer que BfR et, par conséquent, l’EFSA n’ont pas procédé à un examen indépendant des études scientifiques sur les impacts potentiels du glyphosate sur la santé humaine en évaluant bien le fabricant.

Après la publication des documents de Monsanto, la comparaison entre les deux articles influe sur l’objectivité de l’évaluation présentée par l’EFSA, sur laquelle les représentants politiques des États membres devraient s’exprimer d’ici la fin de 2017. Sur une plaque à l’échelle le droit de procéder avec Monsanto et les producteurs de glyphosate, d’autre part un doute légitime.

C’est une blague ! Oh ! La grosse arnaque du faux équilibre médiatique. Les médias de masse vont considérer l’avis du CIRC comme étant le seul avis légitime. Toutes les autres organisations sanitaires n’ont trouvé aucun lien entre le glyphosate et un effet négatif sur la santé.19 20 21 Et on dénigre Monsanto qui a critiqué l’évaluation du CIRC alors que le média oublie de dire que tout le monde critique le CIRC.22 23 Après le reste de l’article est de la pure propagande sur le fait que le rapport de l’EFSA est biaisé. Et il est également faux de dire que l’EFSA n’a pas choisi d’inclure le rapport du CIRC. C’est juste qu’il a pesé le poids de la preuve de centaines d’études indépendantes par rapport aux  études du CIRC et il a estimé que celles du CIRC étaient trop faibles pour modifier la conclusion finale. Si vous avez 100 personnes qui vous disent que la terre est plate et 6 milliards qui vous disent qu’elle est ronde, alors selon les médias de masse, c’est les 100 personnes qui ont raison puisqu’ils sont une minorité et donc, qu’ils ont forcément raison.

Dans les prochains jours, on pourra s’attendre à d’autres articles anti-glyphosate en attendant la décision de l’EFSA.

Les fameux extraits copiés-collés du rapport de l’EFSA

Paul Gosselin sur le groupe Facebook Zététique fournit une bonne synthèse des critiques potentielles sur le rapport en indiquant les extraits copiés-collés. Ces extraits sont principalement des Abstracts des études, les citations et les références. Et c’est ce qu’on avait mentionné. Du moment que les évaluateurs sont d’accord avec les conclusions des études, on ne voit pas pourquoi ils changeront.

Le rapport fait plus de 4300 pages et les médias estiment qu’il y a eu 100 pages de copiés-collées, soit environ 2,3 % du contenu total. Il  n’y a pas de norme établie pour le plagiat dans une publication scientifique, mais on estime que 10 % est acceptable même si on doit toujours analyser le contenu bien évidemment.24 A notre sens, 2,3 % n’est absolument suffisant pour être considéré comme du plagiat et encore moins pour invalider la conclusion du rapport.

Vous pouvez voir le rapport complet (4300 pages, environ 50 Mo) et la demande pour la soumission fournie par les industries (1027 pages, 80,2 Mo) (Les fameuses études corrompues). L’institut allemand a inclut ces études dans le rapport qu’il a transmis à l’EFSA, car cela fait partie de son évaluation. Et dans le rapport principal, vous pouvez trouver ces extraits “copiés-collés” à partir de la section Volume 3, Section B.6.4 (ça commence à partir de la page 508). Dans ce volume, le RMS (Rapporteur Member State) explique comment l’industrie lui a fournit des études.  Après le copié-collé, qui est nécessaire pour indiquer l’étude, la méthologie et les résultats obtenus, la RMS ajoute son propre commentaire pour déterminer si l’étude est acceptable. Et la plupart des études ont été considéré comme étant valides. Cette évaluation va également s’accompagner d’une autre avec des études indépendantes et totalement publiques.

Mais le plus important est que ce rapport est fourni par l’institut allemand et même s’il va servir de base pour l’avis final de l’EFSA, le document de cette dernière va inclure toute la littérature scientifique indépendante et celle de l’industrie en pesant le pour et le contre et donc, il sera totalement différent. The Guardian et The Stampa nous proposent un torchon vraiment catastrophique. Ils pensent que personne ne va vérifier dans un rapport qui fait 4300 pages et le comparer avec le document du Glyphosate Task Force et qu’on va les croire sur parole. Ils ont monté un Gloubi-boulga de toutes pièces en mélangeant tout et n’importe quoi avec une conclusion à la limite du complotisme et de la corruption systématique au sein de l’UE.

Sources

1.
Rapport de glysophate de Génération Futures. generations-futures.fr. https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2017/09/rapport_glypho2_final_140917.pdf. Accessed September 14, 2017.
2.
Maximum Residue Levels. ec.europa.eu. https://ec.europa.eu/food/plant/pesticides/max_residue_levels_en. Accessed September 14, 2017.
3.
Ballantyne C. Strange but True: Drinking Too Much Water Can Kill. Scientific American. https://www.scientificamerican.com/article/strange-but-true-drinking-too-much-water-can-kill/. Accessed September 16, 2017.
4.
Median lethal dose (LD50). sciencemuseum.org.uk. http://www.sciencemuseum.org.uk/broughttolife/techniques/ld50. Accessed September 16, 2017.
5.
Glyphosate. pmep.cce.cornell.edu. http://pmep.cce.cornell.edu/profiles/extoxnet/dienochlor-glyphosate/glyphosate-ext.html. Accessed September 16, 2017.
6.
R.E.D. FACTS  on Glyphosate. www3.epa.gov. https://www3.epa.gov/pesticides/chem_search/reg_actions/reregistration/fs_PC-417300_1-Sep-93.pdf. Accessed September 16, 2017.
7.
Menkes DB, Temple WA, Edwards IR. Intentional Self-Poisoning with Glyphosate-Containing Herbicides. Human & Experimental Toxicology. 1991;10(2):103-107. doi: 10.1177/096032719101000202
8.
Lee H-L, Chen K-W, Chi C-H, Huang J-J, Tsai L-M. Clinical Presentations and Prognostic Factors of a Glyphosate — Surfactant Herbicide Intoxication A Review of 131 Cases. Academic Emergency Medicine. 2000;7(8):906-910. doi: 10.1111/j.1553-2712.2000.tb02069.x
9.
Comment le sulfate de cuivre, un pesticide « bio », se compare-t-il à un pesticide de synthèse comme le glyphosate? seppi.over-blog.com. http://seppi.over-blog.com/2016/05/comment-le-sulfate-de-cuivre-un-pesticide-bio-se-compare-t-il-a-un-pesticide-de-synthese-comme-le-glyphosate.html. Accessed September 16, 2017.
10.
Glyphosate: Mise à jour du profil toxicologique par l’EFSA. efsa.europa.eu. https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/151112. Accessed September 16, 2017.
11.
Gonzague A. Glyphosate : un cancérogène que vous avalez dès le petit déjeuner. L’Obs. http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20170912.OBS4559/glyphosate-un-cancerogene-que-vous-avalez-des-le-petit-dejeuner.html. Published September 14, 2017. Accessed September 16, 2017.
12.
Neslen A. EU report on weedkiller safety copied text from Monsanto study. the Guardian. https://www.theguardian.com/environment/2017/sep/15/eu-report-on-weedkiller-safety-copied-text-from-monsanto-study. Published September 14, 2017. Accessed September 16, 2017.
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giovannini              roberto. Glifosato, la valutazione dei rischi Ue copiata dai documenti Monsanto. LaStampa.it. http://www.lastampa.it/2017/09/15/scienza/ambiente/inchiesta/glifosato-la-valutazione-dei-rischi-ue-copiata-dai-documenti-monsanto-SpexAUwAx6B23ei8G70xYL/pagina.html. Published September 15, 2017. Accessed September 16, 2017.
15.
16.
Final addendum to the    enewal Assessment Report . umweltinstitut.org. http://www.umweltinstitut.org/fileadmin/Mediapool/Downloads/01_Themen/05_Landwirtschaft/Pestizide/4302add_public-2.pdf?fref=gc&dti=5721538185. Accessed September 17, 2017. [Source]
17.
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EFSA statement addressing stakeholder concerns related to the EU assessment of glyphosate and the “Monsanto papers.” efsa.europa.eu. https://www.efsa.europa.eu/sites/default/files/170523-efsa-statement-glyphosate.pdf. Accessed September 16, 2017.
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Williams GM, Aardema M, Acquavella J, et al. A review of the carcinogenic potential of glyphosate by four independent expert panels and comparison to the IARC assessment. Critical Reviews in Toxicology. 2016;46(sup1):3-20. doi: 10.1080/10408444.2016.1214677
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Why regulators conclude glyphosate safe while IARC, alone, claims it could cause cancer? geneticliteracyproject.org. https://geneticliteracyproject.org/2015/07/24/why-do-regulators-conclude-glyphosate-safe-while-iarc-almost-alone-claims-it-could-cause-cancer/.
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WHO Cancer Agency Asked Experts to Withhold Weed-Killer Documents. Scientific American. https://www.scientificamerican.com/article/who-cancer-agency-asked-experts-to-withhold-weed-killer-documents/. Accessed September 16, 2017.
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Roundup Cover Up? Glyphosate Funny Business at IARC | American Council on Science and Health. acsh.org. https://www.acsh.org/news/2017/06/15/roundup-cover-glyphosate-funny-business-iarc-11426. Accessed September 16, 2017.
24.
GUIDELINES FOR STAFF AND STUDENTS ON PLAGIARISM. sta.uwi.edu. https://sta.uwi.edu/resources/documents/postgrad/guidelines_staff_students_plagarism.pdf.
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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

2 commentaires

  1. En fait la LMR du glyphosate dans les lentilles sèches est fixée à 10 mg/kg et non 5 mg/kg comme vous l’avez indiqué –> http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32013R0293&from=EN
    Du coup le produit avec la plus forte concentration de l’opération de com de GF est 5 fois en dessous de la LMR.
    Bravo à vous pour votre article, vous êtes l’exception de la sphère médiatique française, pratiquement tous les médias ont relayer l’opération de GF sans une once d’esprit critique. C’est une honte.

  2. Merci et bravo.
    Votre article est convaincant, parfaitement documenté, et drôle de surcroît. On est loin du charabia idéologique des gourous du bio, que relaient servilement des incultes se prétendant journalistes. Il en va de ce sujet comme de dizaines d’autres, dont certains que je connais bien, et pour lesquels je déplore la même propagande.

    En réalité, la quasi totalité de nos aliments sont pollués en quantité globalement infime, donc sans réel danger, si je comprends bien. A partir de là deux questions:
    – est-ce qu’il s’agit d’une fatalité contre laquelle on ne peut pas grand chose, mais dans le fond, on s’en moque ? L’organisme humain (et animal) en fait son affaire et le sujet est de bien contrôler risques de dépassements (soit par accident, soit par appât du gain) ?
    – pensez vous au contraire qu’une forme de généralisation de l’empoisonnement se produit – à faible dose certes – et qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des aliments, des substances qui ne sont pas manipulées par un pouvoir scientifique omniprésent ? Cette lente prolifération deviendrait risque dès lors qu’elle n’est plus maîtrisée par des instances éthiquement et politiquement prééminentes. Un rêve ?

    Une (toute petite) critique se situe dans l’orthographe, parfois agressée… Mais c’est tout à fait véniel !

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