L’ibuprofène n’est pas une bonne alternative aux antibiotiques dans l’incontinence urinaire

L’ibuprofène, administré à la place des antibiotiques aux femmes présentant une infection urinaire non compliquée (cystite), entraîne une plus longue durée de symptômes et des effets indésirables plus graves liés à la propagation de l’infection primaire selon une nouvelle étude de l’Université d’Oslo.


L'ibuprofène, administré à la place des antibiotiques aux femmes présentant une infection urinaire non compliquée (cystite), entraîne une plus longue durée de symptômes et des effets indésirables plus graves liés à la propagation de l'infection primaire selon une nouvelle étude de l'Université d'Oslo.

Plus de la moitié de toutes les femmes connaîtront une infection des voies urinaires sans complication pendant leur vie et la plupart de ces infections disparaissent sans autres complications. Un traitement antibiotique de courte durée est une norme largement acceptée pour le traitement des infections bactériennes des voies urinaires, mais la résistance aux antibiotiques est un problème de santé publique de plus en plus grave.

Certaines études antérieures ont suggéré que le traitement avec des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l’ibuprofène peut soutenir la récupération d’une infection des voies urinaires ce qui soulève la possibilité de réduire l’utilisation d’antibiotiques.1

L’ibuprofène pour réduire l’utilisation des antibiotiques

Dans la présente étude, les auteurs ont randomisé 383 femmes de 3 pays scandinaves souffrant d’infections des voies urinaires non compliquées pour recevoir soit un traitement standard des antibiotiques pendant 3 jours, soit l’ibuprofène comme traitement symptomatique sans effet antimicrobien. L’étude a surveillé les symptômes chez les femmes tels que la croissance bactérienne à partir d’échantillons urinaires et la survenue d’effets indésirables incluant l’infection systémique ou l’hospitalisation.

Les résultats ont montré que les femmes affectées à l’ibuprofène sans antibiotiques nécessitaient 3 jours de plus pour se rétablir en moyenne. 70 patients sur 181 recevant de l’ibuprofène (39 %) contre 131 sur 178 recevant des antibiotiques (74 %) se sont rétablis des symptômes au 4e jour. De plus parmi les femmes du groupe ibuprofène, douze (6,6 %) ont développé une infection urinaire fébrile et une plus faible proportion (3,9 %) a développé une infection rénale grave qui n’a pas été observée dans le groupe des antibiotiques.

L’ibuprofène n’est pas une alternative viable

Même si la moitié des patients initialement traités avec l’ibuprofène s’en sont bien sorti sans antibiotiques suggérant que cette approche pourrait potentiellement réduire l’utilisation globale des antimicrobiens, l’étude conclut, en confirmation avec d’autres essais récemment rapportés, qu’il est dangereux de recommander l’ibuprofène plutôt que des antibiotiques dans la cystite non compliquée en raison du risque accru de développer une infection grave des voies urinaires supérieures.

Le traitement initial par l’ibuprofène pourrait réduire l’utilisation inutile d’antibiotiques dans ce groupe, mais jusqu’à ce que nous puissions identifier les femmes ayant besoin d’un traitement antibiotique pour prévenir les complications, nous ne pouvons pas recommander uniquement l’ibuprofène aux femmes atteintes d’incontinence urinaire sans complications.

Sources

1.
Ibuprofen versus pivmecillinam for uncomplicated urinary tract infection in women–A double-blind, randomized non-inferiority trial. PLOS Medicine. 10.1371/journal.pmed.1002569″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1371/journal.pmed.1002569. Published May 15, 2018. Accessed May 15, 2018.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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