Les diables de Tasmanie ont développé une résistance contre un cancer transmissible

Quelques spécimens de diable de Tasmanie ont évolué pour développer une résistance contre un cancer transmissible qui a quasiment exterminé leur espèce.


Quelques spécimens de diable de Tasmanie ont évolué pour développer une résistance contre un cancer transmissible qui a quasiment exterminé leur espèce.

Depuis que ce cancer facial de diable de a été découvert en 1996, il a exterminé près de 80 % de la population. Dans certains endroits, près de 95 % des diables (Sarcophilus harrisii) ont succombé à cause de leur tumeur faciale. Le cancer se transmet par morsure avec une propagation qui est facilitée par l’attitude agressive du . Mais une nouvelle étude a découvert qu’un certain nombre d’individus transporte des variantes génétiques qui leur permettent de survivre à la maladie au moins pour la reproduction. Les conclusions ont été publiées dans Nature Communications et la découverte est importante pour la survie de l’espèce.

Des études précédentes ont démontré que ce cancer virulent peut se cacher du système immunitaire du diable de Tasmanie. Nous pensions que c’était la fin pour le diable, car il n’avait aucune défense contre cette maladie selon Jim Kaufman, un immunologue évolutionnaire de l’université de Cambridge. Les indications d’une résistance donnent de l’espoir selon ce chercheur.

Alors que le cancer se propage à travers la Tasmanie, Jones et ses collègues ont collecté de l’ADN provenant de diables dans 3 populations avant et après l’arrivée de la maladie. Jones, un biologiste en conservation de l’université de Tasmanie, s’est associé avec Andrew Storfer, généticien évolutionnaire. Son équipe a analysé le génome du diable de Tasmanie pour voir s’il y avait des différences entre avant et après l’arrivée du cancer. C’était pour expliquer pourquoi certains individus survivaient alors que les autres mourraient. Les scientifiques pensaient que les survivants n’étaient pas contaminés parce qu’ils étaient trop jeunes pour la reproduction. Mais la nouvelle analyse démontre que certains diables de Tasmanie possèdent un avantage génétique.

Storfer et ses collègues ont trouvé près de 90 000 brins d’ADN où certains individus possèdent une base différente. L’équipe a analysé ces différences génétiques qu’on connait comme des polymorphismes singuliers de nucléotides (SNP) qui étaient rares avant que la tumeur touche la population. Mais par la suite, ces marqueurs SNP se sont propagés à toute vitesse. Cela indique que la sélection naturelle a joué son rôle en sélectionnant les gènes qui permettaient aux diables de combattre la tumeur.

2 régions du génome dans 3 populations de diable de Tasmanie contenaient les marqueurs SNP qui correspondaient au profil. Et comme les 2 régions ont changé dans les 3 populations, ces changements ne sont pas dus à la chance selon les chercheurs. La résistance n’est pas une nouvelle mutation, car il n’y a pas assez temps pour la mutation afin qu’elle se propage à travers l’île. Au lieu, les variantes étaient déjà présentes dans un petit groupe d’animaux et la sélection naturelle, via la tumeur, a supprimé les individus qui ne possédaient pas ces variantes.

Ces 2 régions du génome contiennent un total de 7 gènes et certains sont impliqués dans la lutte contre le cancer ou dans le contrôle du système immunitaire dans d’autres mammifères. Les chercheurs ne sont pas certains sur les gènes qui boostent la survie des diables ou même leurs fonctionnements. Ces variantes n’offrent pas une immunité complète contre les tumeurs, mais ils sont suffisants pour que les spécimens passent leurs gènes à leurs descendants.

Mais le diable de Tasmanie n’est pas au bout de ses peines. On a découvert une seconde tumeur faciale l’année dernière et on ignore si la résistance est aussi efficace contre ce second . C’est pourquoi, avertit Katherine Belov de l’université de Sydney, il ne faut pas que les spécialistes en conservation croisent les gènes avec tous les diables de Tasmanie. Les diables ont besoin de toute la diversité génétique possible pour tenter de combattre d’autres maladies dans le futur.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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