Mammographie : Un surdiagnostic des petites tumeurs ?

Une recherche suggère que des dépistages du cancer comme la mammographie peuvent provoquer des surdiagnostics, notamment dans le cancer du sein.


Une recherche suggère que des dépistages du cancer comme la mammographie peuvent provoquer des surdiagnostics, notamment dans le cancer du sein.

Une analyse des données sur le a révélé que de nombreux petits cancers du sein ont un excellent pronostic grâce à leur faible croissance. En effet, ces cancers ne se développeront pas suffisamment pour devenir significatifs au cours de la vie d’un patient, mais un dépistage précoce pourrait provoquer un selon les chercheurs. En revanche, les tumeurs importantes, qui provoquent la plupart des décès par le cancer du sein, se développent si rapidement qu’elles ne sont pas détectées par une .

L’étude dans le New England Journal of Medicine remet en question la valeur du dépistage précoce du cancer du sein.1 Notre analyse explique à la fois comment la mammographie provoque un surdiagnostic et pourquoi il n’augmente pas l’efficacité pour améliorer les résultats pour nos patients. Mais surtout, cela remet en question certaines de nos croyances fondamentales sur la valeur du dépistage précoce selon Donald R. Lannin, professeur de chirurgie à la Yale School of Medicine et auteur principal sur le papier.

L’équipe de recherche a analysé les cancers du sein invasifs diagnostiqués de 2001 à 2013 dans la base de données Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER) et elle les a divisés en 3 groupes pronostiques basés sur des facteurs biologiques : le niveau, le statut des récepteurs d’oestrogènes et le récepteur de la progestérone (PR). Les 3 catégories biologiques ont été définies comme favorables, intermédiaires et défavorables.

L’équipe a ensuite utilisé le taux de surdiagnostic prévu de 22 % pour modéliser les types de cancer du sein et les fourchettes d’âge du patient qui représentent probablement la majorité des surdiagnostics. Les résultats ont montré que la plupart des surdiagnostics se produisaient chez des patients âgés présentant des tumeurs biologiquement favorables ayant une croissance lente.

Jusqu’à présent, nous pensions que le délai, où un cancer devenait problématique pour un patient, pour la plupart des cancers du sein était d’environ 3 ou 4 ans. Ce papier montre que les délais varient considérablement en fonction du type de tumeur. Une grande partie des cancers invasifs ont un délai de 2 ans ou moins tandis que d’autres cancers du sein se développent si lentement que le délai passe de 15 à 20 ans selon les chercheurs.

Il est important que nous éduquions les médecins, les patients et le public sur la nature indolente et à croissance lente de certains cancers du sein. Cette connaissance nous permettra d’individualiser les options de traitement, de fournir une médecine personnalisée et d’éviter les dommages majeurs du surdiagnostic. Parmi ces dommages, on a le traitement excessif, l’anxiété et la peur qu’on apprend qu’on a un cancer du sein. C’est également une occasion de relire notre dossier sur les mythes increvables de la science qui montre tous les problèmes liés aux dépistages des cancers.

Sources

1.
Lannin DR, Wang S. Are Small Breast Cancers Good because They Are Small or Small because They Are Good? N Engl J Med. 2017;376(23):2286-2291. doi: 10.1056/nejmsr1613680

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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