Un vaccin contre l'Ebola efficace à 100 %



Des essais sur un vaccin contre l’ fournissent une protection à 100 %.

Un vaccin expérimental contre l’Ebola semble conférer une protection totale contre l’infection sur des personnes qui présentent un risque élevé selon les résultats préliminaires d’un essai en Guinée. Ces résultats viennent d’être publiés dans la revue The Lancet. C’est la première preuve qu’un vaccin protège les humains contre l’Ebola. Nous pensons que le monde est sur le point de découvrir un vaccin efficace contre l’Ebola selon Marie-Paule Kieny, l’assistante de direction pour l’innovation et les systèmes de santé de l’OMS. Les résultats ont aussi des implications pour les épidémies en général. Cela illustre qu’il est possible de développer rapidement un vaccin selon Adrian Hill, un chercheur dans les vaccins à l’université d’Oxford. Mais nous devons aller plus loin et proposer des vaccins avant l’apparition de ce type d’épidémie. On estime que 11 280 personnes sont mortes pendant l’épidémie de l’Ebola selon les données de l’OMS du 30 juillet 2015.

Une stratégie de vaccination en anneau

L’essai de Guinée, appelé Ebola, ça suffit, a testé un concept de vaccin en anneau. C’est une stratégie efficace qui permet d’éradiquer une épidémie par petites couches et elle existe depuis les années 1970. Après qu’un patient contracte l’Ebola, ses proches sont vaccinés pour espérer réduire la propagation de la maladie. L’essai de Guinée s’est composé de 2 catégories : une dans laquelle des adultes qui ont été en contact avec l’Ebola et leur proche ont été vaccinés après que le patient d’origine ait développé l’Ebola. La seconde dans laquelle les proches ont reçu le vaccin 3 semaines plus tard. L’essai clinique a testé un vaccin appelé rVSV-ZEBOV, qui est composé d’une forme atténuée du virus, conçu pour produire une protéine de l’Ebola. Le vaccin a été développé par la Public Health Agency of Canada et les entreprises pharmacologiques NewLink Genetics et Merck.

Sur les 2014 personnes qui ont reçu le vaccin contre l’Ebola (dans la première catégorie), aucun d’entre eux n’a développé l’Ebola 10 jours après la vaccination. La fenêtre de 10 jours permet au vaccin de provoquer une réponse immunitaire et il peut prendre en compte toutes les infections avant l’Ebola. Toutefois, quelques personnes dans le groupe de la vaccination immédiate ont développé la maladie après 1 à 10 jours suivant la vaccination. Cela implique 16 infections dans un groupe de 2 380 personnes.

Ces résultats montrent que la vaccination fournit une protection de 100 % contre l’Ebola, mais la faible quantité de personnes dans le premier essai nous incite à être moins optimistes. Les auteurs des découvertes estiment qu’il faut plutôt estimer l’efficacité de 75 à 100 % ce qui est déjà remarquable. Hill a décrit les résultats comme étant excellent, car le vaccin fonctionne très bien sur une période de 3 semaines. Mais il ajoute qu’il faudra encore déterminer l’efficacité sur le long terme. Est-ce que ce vaccin contre l’Ebola sera toujours aussi efficace dans 6 mois ? C’est la prochaine étape.

Une vaccination immédiate contre l’Ebola

Selon Kieny, ces résultats proviennent de données datant du 20 juillet, mais on n’a pas encore détecté de nouvelles infections chez les personnes qui ont eu immédiatement le vaccin. Et en se basant sur ces résultats, elle estime que le groupe de vaccination à retardement doit être terminé et tous les proches doivent le recevoir immédiatement. Les adolescents et les enfants pourront aussi recevoir ce vaccin. L’Ebola est faible en Guinée puisqu’on a seulement détecté 4 cas dans la semaine du 26 juillet, mais Kieny a déclaré que le rVSV-ZEBOV permettra de terminer l’épidémie. Et nous continuerons jusqu’à ce qu’elle soit terminée.

Les responsables de santé ont commencé à vacciner des patients en Guinée à partir d’avril 2015 et c’était une période où on découvrait de nouveaux cas chaque semaine. A cette période, l’Ebola avait quasiment disparu du Liberia et on assistait à une baisse drastique en Sierra Leone. Ces 2 pays seront les prochaines à bénéficier du vaccin contre l’Ebola.

Avec la baisse du nombre de cas, de nombreux experts estiment que l’essai de Guinée est le meilleur moyen pour déterminer si le vaccin contre l’Ebola est vraiment possible. La vaccination en anneau permet d’avoir des résultats fiables sur le plan statistique. Comparé à d’autres concepts de vaccination qui sont menés au Liberia et en Sierra Leone, le cas de la Guinée est remarquable puisque ce pays représente un risque élevé dans l’infection.

Un vaccin qui n’existait même pas il y a un an montre son efficacité dans la phase III des essais, mais il permet aussi de contrôler l’épidémie ce qui est un résultat fantastique selon Hill. La Phase III est l’étape d’un essai clinique qui détermine si le vaccin fonctionne et cette phase est nécessaire pour une approbation officielle. Cet essai est innovant à plusieurs titres, car son concept pragmatique a permis à l’équipe de mesurer son efficacité au milieu d’une épidémie selon Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust à Londres et qui a financé les essais. Et il a ajouté que nous espérons que cela mettra fin à l’épidémie d’Ebola et en empêcher d’autres à l’avenir.

Une excitation mondiale

Après les résultats de l’essai, l’OMS a décidé que le vaccin rVSV-ZEBOV sera utilisé dans l’épidémie existante en Guinée comme faisant partie de l’essai clinique. Selon Kieny, l’OMS considère aussi une approbation du vaccin au niveau mondial. Cela permettra de combattre la maladie dans tous les pays. L’Ebola a tendance à débarquer dans des communautés isolées, mais également dans des pays comme la Sierra Leone ou le Liberia. D’un point de vue de la santé, c’est vraiment très excitant selon Seth Berkley, responsable de GAVI, l’alliance de la vaccination à Genève. Cette organisation finance les campagnes de vaccination dans les pays pauvres.

Il note que le rVSV-ZEBOV est un vaccin de première génération contre l’Ebola et qu’il n’est pas idéal pour des réserves. Il doit être stocké à une température de -80 degrés Celsius et il protège contre un nombre limité d’espèces du virus. Il a déclaré que GAVI va travailler avec les chercheurs et l’industrie pour supporter le développement d’un vaccin contre l’Ebola de seconde génération qui cible les autres espèces de l’Ebola ainsi que le virus proche de Marburg. GAVI pense aussi à un vaccin qui ne nécessite pas un stockage couteux tel que des compartiments réfrigérants à la norme d’un laboratoire. Mais GAVI va acheter ce vaccin contre l’Ebola de première génération.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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