vendredi , 15 décembre 2017

2 vaccins expérimentaux prometteurs contre Ebola

Les chercheurs rapportent les résultats d’essais cliniques concernant 2 vaccins contre Ebola qui permet d’avoir une immunité de 12 mois après la première vaccination. Ce sont des résultats prometteurs, mais il faudra encore de nombreux essais pour déterminer si ces vaccins sont efficaces contre Ebola.


2 vaccins expérimentaux prometteurs contre Ebola
Les résultats d’un vaste essai clinique randomisé et contrôlé contre placebo au Liberia montrent que 2 vaccins candidats contre Ebola ne posent pas de problèmes majeurs pour la santé et ils peuvent déclencher des réponses immunitaires en un mois après la première vaccination qui dure pendant au moins un an. Les résultats, publiés le New England Journal of Medicine, sont basés sur une étude de 1 500 adultes qui a débuté pendant l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. 1

L’essai est mené par une collaboration de recherche clinique américano-libérienne connue sous le nom de Research on Ebola Virus in Liberia (PREVAIL), créé en 2014 en réponse à la demande du ministre libérien de la Santé au Secrétaire de la Santé américain. L’essai est parrainé par le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), qui fait partie des National Institutes of Health (NIH) et il implique des scientifiques et des cliniciens du Liberia et des États-Unis.

Cet essai clinique a fourni des informations précieuses qui sont essentielles pour le développement de ces 2 candidats vaccins contre Ebola et il démontre également qu’une recherche clinique bien conçue et éthique peut être menée pendant une épidémie selon Anthony S. Fauci, directeur du NIAID. Un vaccin sûr et efficace serait d’une importance cruciale aux mesures de santé publique classiques pour contrôler les futures épidémies d’Ebola qui sont inévitables.

Un volontaire reçoit l'un des vaccins contre Ebola

Un volontaire reçoit l’un des vaccins contre Ebola

PREVAIL mène des recherches biomédicales pour faire avancer la science, renforcer les politiques et les pratiques de santé et améliorer la santé de la population au Liberia et dans le monde. Le partenariat a lancé cette première étude, PREVAIL 1, en février 2015. Conçue à l’origine pour accueillir 28 000 volontaires, l’étude a été réduite à une étude de phase 2 quand les nouveaux cas d’Ebola ont baissé.

Au Liberia, nous avons démontré à la communauté internationale qu’une recherche scientifique rigoureuse peut avoir lieu dans un pays en développement d’Afrique subsaharienne avec un partenariat mutuellement bénéfique selon Bernice T. Dahn, ministre de la Santé du Liberia. Le travail de PREVAIL, allant du vaccin contre Ebola aux études sur les survivants d’Ebola, démontre clairement les perspectives d’un partenariat et d’une plateforme de recherche clinique.

Les vaccins candidats inclus cAd3-EBOZ, co-développé par le NIAID et GlaxoSmithKline (GSK) et rVSV-ZEBOV, qui a été initialement conçu par des scientifiques de l’Agence de la santé publique du Canada et qui est maintenant licencié à Merck Sharp & Dohme Corp. GSK et Merck ont fourni les vaccins pour l’étude.

Du 2 février 2015 au 30 avril 2015, l’essai a recruté des hommes et des femmes âgés de 18 ans et plus sans antécédents d’infections d’Ebola. 3 groupes de 500 volontaires ont reçu l’un des vaccins candidats ou un placebo (injection de solution saline). Les participants ont fourni des échantillons de sang avant la vaccination et ensuite de nouveau 1 semaine, 1 mois, 6 mois et 1 an après la vaccination. Les chercheurs ont ensuite testé chacun de ces échantillons pour détecter les anticorps dirigés contre le virus Ebola.

Les réponses à une semaine étaient modestes avec les 2 vaccins. Mais en 1 mois, 71 % des receveurs du vaccin cAd3-EBOZ et 84 % des receveurs du vaccin rVSV-ZEBOV ont développé une réponse anticorps contre 3 % des receveurs de placebo. À 1 an, les réponses d’anticorps étaient largement maintenues dans les 2 groupes : 64 % des receveurs du vaccin cAd3-EBOZ et 80 % des receveurs du vaccin rVSV-ZEBOV avaient une réponse en anticorps contre 7 % des receveurs de placebo.

Certains participants, qui ont reçu les vaccins expérimentaux, ont présenté des effets secondaires légers et modérés tels que des maux de tête, des douleurs musculaires, de la fièvre et de la fatigue. Dans l’ensemble, les chercheurs n’ont pas identifié de problèmes de sécurité majeurs liés aux vaccins. La plupart des problèmes médicaux graves signalés au cours de l’essai étaient dus au paludisme.

Il est intéressant de noter qu’au début des essais, les chercheurs ont constaté que 4 % des participants présentaient déjà un certain seuil d’anticorps Ebola ce qui est révélateur d’une infection antérieure par Ebola, mais il n’y avait pas d’antécédents connus de la maladie. Les chercheurs ont également découvert de manière inattendue que la proportion de participants, développant le paludisme dans une période de 1 an, était plus faible chez les participants ayant reçu les vaccins expérimentaux que chez ceux ayant reçu le placebo, notamment chez les receveurs du vaccin rVSV-ZEBOV. Des études futures sont nécessaires pour déterminer s’il s’agit d’une découverte fortuite ou si elle a une certaine signification liée à l’immunité croisée.

Sources

1.
Phase 2 placebo-controlled trial of 2 vaccines to prevent Ebola in Liberia. New England Journal of Medicine. http://dx.doi.org/10.1056/NEJMoa1614067. Accessed October 11, 2017.
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A propos de Jacqueline Charpentier

mm

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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