Des chauves-souris ont “volé” un gène du virus Ebola

Une étude suggère qu’une espèce de chauve a volé un gène du virus Ebola. Le gène est responsable de la neutralisation du système immunitaire chez les humains. Chez les chauves-souris, ce gène est beaucoup plus atténué suggérant une relation particulière entre certains mammifères et des virus comme Ebola.


Une étude suggère qu'une espèce de chauve a volé un gène du virus Ebola. Le gène est responsable de la neutralisation du système immunitaire chez les humains. Chez les chauves-souris, ce gène est beaucoup plus atténué suggérant une relation particulière entre certains mammifères et des virus comme Ebola.

Un du virus Ebola, qui permet au virus de s’échapper du humain, a été identifié dans le génome d’un groupe de chauves-souris qui se trouve dans le monde entier, y compris en Amérique du Nord. Le gène semble avoir été volé par les chauves-souris et adapté pour réguler leur propre réponse immunitaire selon une étude récente menée par la Georgia State University.1

Le gène VP35 du

Les travaux de l’équipe de recherche se concentrent sur le virus Ebola et le virus associé de Marburg, qui sont des monocaténaires appartenant à la famille des filovirus et qui sont bien connus pour être des pathogènes mortels. Il est frappant de constater que des gènes ont été trouvés il y a plusieurs années chez certaines espèces de mammifères ressemblant aux gènes du virus Ebola selon Christopher Basler, professeur à l’Institut des sciences biomédicales de l’État de Géorgie. Le plus intéressant est un gène du virus Ebola qui produit une protéine appelée VP35.

Si vous regardez dans un certain genre de chauves-souris, le genre , ils contiennent tous ce qui semble être une copie du gène VP35 du virus Ebola. Il n’est pas identique à ce que vous trouvez dans le virus, mais il est clairement similaire. Les chauves-souris de ce genre ont ce gène et elles sont éparpillées dans le monde entier. Ce gène existe depuis environ 18 millions d’années et s’il a été préservé pendant tout ce temps, il doit y avoir une raison précise. Nous nous sommes demandés sur la fonction de ce gène dans les chauves-souris.

Un gène qui affecte le système immunitaire des humains

Dans le virus Ebola, le gène VP35 bloque la réponse immunitaire des humains ou des animaux infectés par le virus afin de provoquer la maladie mortelle. Basé sur les études précédentes des chercheurs, si le virus ne fait pas une copie fonctionnelle de cette protéine, le virus d’Ebola ne peut pas causer la maladie. Dans cette étude, les chercheurs ont étudié le gène VP35 dans des cellules dérivées de chauves-souris Myotis, également connues sous le nom de murins, pour comprendre si ce gène a une fonction similaire chez ces mammifères. Les résultats sont publiés dans la revue Cell Reports.

Nous avons trouvé que la version du gène chez les chauves-souris est affaiblie dans sa capacité à inhiber la réponse immunitaire. En revanche, le gène du virus Ebola VP35 est très puissant selon la Dre Megan Edwards, première auteure de l’étude et chercheuse postdoctorale à l’Institut des sciences biomédicales de l’État de Géorgie. Et il n’a pas les autres fonctions qui sont attribuées au VP35 d’Ebola. Toutefois, la structure de la protéine est étonnamment similaire, presque identique, à la VP35 Ebola. Ainsi, il n’a pas conservé sa virulence, mais il a conservé évolutivement la structure.

Une version atténuée du gène chez la chauve-souris

Nous pensons que le gène a évolué pour avoir fonction apparentée, mais quelque peu différente de celle du virus selon M. Basler. Chez les chauves-souris Myotis, le gène est encore capable de bloquer les réponses immunitaires à un certain niveau, mais il le fait moins efficacement que le virus, car le but de ce gène dans le virus étant de neutraliser complètement le système immunitaire. Mais l’hôte veut garder son système immunitaire intact, donc une hypothèse est peut-être que ce gène sert à réguler le système immunitaire, mais il est également possible qu’il fasse d’autres choses que nous ne comprenons pas encore.

En plus des chauves-souris Myotis, le gène VP35 a été trouvé chez d’autres mammifères : le wallaby (membres de la famille des kangourous), le tarsier (petits primates trouvés sur certaines îles de l’Asie du Sud-Est) et des rongeurs. Le wallaby et le tarsier ont la séquence génétique la plus intacte. (Le virus Ebola est un virus à ARN et la copie de ce gène chez les mammifères est une copie d’ADN, donc le gène a été transcrit de façon inverse, ce qui n’est pas une partie normale du cycle de vie viral.)

Des choses similaires semblent s’être produites à d’autres moments chez d’autres mammifères selon Basler. Certains animaux ont une convergence sur cette séquence et ils l’ont adapté pour leur propre usage. La plupart des gens pensent habituellement que le virus Ebola est un pathogène très effrayant et mortel. Le fait que le virus Ebola puisse donner un gène qui s’avère utile à un animal renforce l’idée que certains animaux ont des relations très différentes avec le virus Ebola que les humains selon M. Basler.

Sources

1.
Cell Reports. Cell Reports. 10.1016/j.celrep.2018.06.045″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1016/j.celrep.2018.06.045. Published July 24, 2018. Accessed July 24, 2018.
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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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