samedi , 18 novembre 2017

Le virus du Nil associé à des dommages cérébraux sur le long terme

Une étude suggère que des infections par le virus du Nil peuvent provoquer des dommages au cerveau sur le long terme. Et cela inclut des personnes infectées qui ont développé des symptômes bénins ou aucun symptôme du tout. Le virus du Nil est présent dans une grande partie de l’Amérique du Nord avec 3 millions de personnes qui sont actuellement exposées à la maladie.


Le virus du Nil associé à des dommages cérébraux sur le long terme
Les images cérébrales de personnes ayant développé des complications neurologiques du virus du Nil occidental présentaient des lésions cérébrales des années après l’infection initiale selon une nouvelle étude présentée à la 66e réunion annuelle de la Société américaine de médecine et d’hygiène tropicales (ASTMH). Et cela inclut des personnes ayant des symptômes modérés ou celles sans aucun symptôme visible.

Aucun traitement ou vaccin contre le virus du Nil occidental

L’étude de dix ans menée par des chercheurs du Baylor College of Medicine à Houston est l’une des plus importantes évaluations des déficits neurologiques chez les victimes du virus du Nil occidental et la première à lier les problèmes neurologiques associés à la maladie telle que le handicap musculaire et les convulsions jusqu’aux dommages au cerveau.

Nos résultats renforcent une quantité croissante de preuves que le virus du Nil occidental est une menace sérieuse pour la santé qui mérite beaucoup plus d’attention, car il n’y a pas de médicaments disponibles pour le traiter et aucun vaccin pour le bloquer en amont selon Kristy Murray de l’École nationale de médecine tropicale de Baylor et auteur principal de l’étude.

Le virus du Nil occidental est une maladie transmise par les moustiques à l’origine en Afrique de l’Est et qui est apparue en Amérique du Nord en 2000. On la retrouve désormais dans tous les États sauf Hawaii et l’Alaska et elle infecte les oiseaux et les humains. Les experts estiment que jusqu’à 3 millions de personnes aux États-Unis ont été exposées à la maladie. Le CDC a documenté plus de 2 000 décès à cause du virus du Nil occidental. Mais les recherches antérieures de Murray et de ses collègues suggèrent que le taux de mortalité pourrait être beaucoup plus élevé. Ces recherches rapportent des preuves que de nombreuses personnes infectées par le virus du Nil occidental meurent des années plus tard.

Plusieurs troubles neurologiques chez les personnes infectées par le virus du Nil occidental

L’étude actuelle, présentée à la réunion de l’ASTMH par le co-auteur Shannon Ronca, a émergé d’un effort de 10 ans allant de 2002 à 2012 pour suivre 262 personnes dans la région de Houston avec un historique du Virus du Nil afin de trouver des problèmes de santé sur le long terme. Dans ce groupe, 117 ont été recrutés pour être testés intensivement pour des signes de déficits neurologiques. Ces tests ont révélé que 57 d’entre eux (49 %) souffraient d’un certain type d’anomalie neurologique.

Les problèmes physiques les plus courants étaient la faiblesse musculaire, les réflexes anormaux et les convulsions. Plusieurs sujets présentaient également des signes de déficience cognitive, principalement des problèmes de mémoire à court ou à long terme au-delà de ce que l’on pourrait attendre d’un déclin cognitif normal lié à l’âge. Dans ce groupe de 57, 30 sujets ont accepté d’être évalués avec l’IRM. Ces scanners ont révélé des lésions dans différentes parties du cortex cérébral. Le cortex cérébral est la surface externe du cerveau souvent désignée sous le nom de matière grise qui gère une grande partie des niveaux d’activité supérieurs du cerveau, comme la mémoire, l’attention et le langage.

Des dommages physiques au cerveau sur long terme

Les scientifiques ont également constaté que les personnes, dont l’infection initiale avait évolué vers la maladie neuroinvasive du virus du Nil occidental, avaient un gonflement dans le cerveau, présentaient des signes de dégénérescence ou d’atrophie dans plusieurs régions. Ils ont inclus le cervelet, où les dommages peuvent affecter le mouvement et l’équilibre et le tronc cérébral, qui associent le cerveau à une gamme de fonctions corporelles incluant les cycles de respiration, de parole et de sommeil. En outre, une atrophie a été observée dans le thalamus où les dommages peuvent entraîner des convulsions et des problèmes de réflexes.

Les problèmes que nous voyons sur les IRM sont compatibles avec ce qui se passerait d’une infection qui a provoqué beaucoup d’inflammation dans le cerveau selon Murray. L’inflammation peut entraîner des cicatrices quand le cerveau commence à guérir et que ces cicatrices peuvent causer des dommages. De plus, des signes de troubles neurologiques et de lésions cérébrales ont été observés dans l’ensemble des infections par le virus du Nil occidental. Ils ont été observés non seulement chez les personnes ayant présenté une maladie neuroinvasive, mais également chez les personnes ayant signalé des symptômes bénins. Sur les 57 personnes diagnostiquées avec des déficits neurologiques, 7 n’avaient jamais remarqué aucun symptôme. Leur infection a été détectée lors d’un test de dépistage de routine pour les donneurs de sang.

Pendant la conférence, Ronca a déclaré que les nouvelles preuves provenant des scans cérébraux devraient attirer davantage l’attention sur le fait que toute infection par le virus du Nil occidental pourrait causer des problèmes neurologiques à long terme. Il sera important d’évaluer régulièrement les personnes qui ont été infectées par le virus du Nil occidental pour les premiers signes de déficits neurologiques et les IRM cérébrales devraient être prises en compte lorsque les symptômes sont observés selon Ronca.

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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