Identification de la souche épidémique de Leishmania en Irak

Les chercheurs ont identifié la souche de Leishmania qui est responsable de l’épidémie récente de la maladie en Irak. C’est une souche iranienne qui est sans doute propagée par le flux de réfugiés.


Des lésions cutanées sur une jambe d'un patient infecté par le parasite Leishmania - Mariwan Musa Mohammed Al-Bajalan, et al. 2018
Des lésions cutanées sur une jambe d'un patient infecté par le parasite Leishmania - Mariwan Musa Mohammed Al-Bajalan, et al. 2018

Dans la région frontalière chaude et sèche entre le nord et le centre de l’Irak, les infections parasitaires de la Leishmania sont si communes qu’elles ont été surnommées comme les “plaies de Bagdad”. Et pour la première fois, les chercheurs ont étudié la prévalence de différentes espèces et souches de Leishmania dans la région. La plupart des cas de leishmaniose en Irak, selon un papier dans PLOS Neglected Tropical Diseases, correspondent à une souche iranienne.1

La leishmaniose cutanée (LC), qui est transmise aux humains par les piqûres de phlébotomes, peut causer des ulcères cutanés et peut devenir une cicatrice défigurante. La maladie existe dans 98 pays, principalement pauvres, à travers le monde et la leishmaniose infecte des millions de personnes. La compréhension des espèces et des souches du parasite présentes dans une région donnée est une étape essentielle pour lancer des programmes de lutte pour enrayer sa propagation.

Dans ce nouveau papier, Mariwan Al-Bajalan de l’Université de Garmian en Irak et ses collègues ont analysé les données épidémiologiques sur les cas de LLC en Irak de 1989 à 2015 et ils ont prélevé 30 échantillons des lésions cutanées des patients nouvellement diagnostiqués dans la région de Garmian de février et à avril 2017. Chaque échantillon a été traité et testé pour les gènes de Leishmania.

Les chercheurs ont pu confirmer une récente épidémie de leishmaniose en Irak avec de nouveaux cas culminant en 2015. L’épidémie, selon leur hypothèse, peut être attribuée aux changements dans les frontières de la province et le flux de réfugiés en raison de la guerre. 15 échantillons prélevés ont été testés positifs pour les parasites Leishmania et 7 d’entre eux avaient des signatures moléculaires assez fortes pour détecter la souche du parasite. Dans les 7 cas, la maladie était due à la souche de Leishmania major avec une similitude de 100 % avec la souche iranienne Leishmania major MRHO/IR/75/ER.

Cette région peut être considérée comme un modèle pour une étude plus approfondie des apparitions épidémiques de la leishmaniose dans d’autres régions non endémiques selon les chercheurs. Les résultats sont également importants pour la création future de vaccins contre la souche Leishmania en Irak et il est important de comprendre la prévalence mondiale et l’épidémiologie des souches de Leishmania.

Sources

1.
An outbreak of Leishmania major from an endemic to a non-endemic region posed a public health threat in Iraq from 2014-2017: Epidemiological, molecular and phylogenetic studies. PLOS Neglected Tropical Diseases. 10.1371/journal.pntd.0006255″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1371/journal.pntd.0006255. Published March 1, 2018. Accessed March 1, 2018.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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