dimanche , 22 octobre 2017

La césarienne associée à un risque d’obésité chez la souris

Des expériences sur des souris ont montré que la naissance par césarienne est associée à un risque d’obésité dans le futur. De plus, la césarienne a également provoqué un développement précoce du microbiote ce qui a provoqué un sous-développement plus tard dans la vie des souris. L’étude doit être prise avec précaution, mais le poids de la preuve s’accumule sur le fait que la césarienne empêche la transmission des microbes maternels à l’enfant qui sont nécessaires pour son développement.


La césarienne associée à un risque d’obésité chez la souris
Les souris nées par césarienne ont gagné en moyenne 33 % de poids dans les 15 semaines après le sevrage que les souris nées par voie vaginale et les femelles ont gagné plus de 70 % plus de poids. C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs de NYU School of Medicine et publiée dans Science Advances. 1

L’étude concerne le microbiome qui est l’ensemble des espèces bactériennes vivant dans l’intestin humain. De tels microbes ont évolué pendant des millions d’années pour jouer un rôle dans l’immunité humaine, la digestion et le métabolisme. Mais ils ont été perturbés par des pratiques comme le traitement antibiotique et la césarienne au cours des dernières décennies avec le taux d’obésité qui a plus que doublé.

Des études épidémiologiques précédentes ont montré des liens entre la césarienne et le risque accru d’obésité chez les humains selon les auteurs de l’étude. Selon une hypothèse, la césarienne interrompt la transmission des microbes maternels à la naissance et l’apprentissage qu’ils fournissent aux systèmes métabolique et immunitaire au début du développement. Notre étude est la première à démontrer une relation causale entre la césarienne et l’augmentation du poids corporel chez les mammifères selon Maria Dominguez-Bello, auteure de l’étude et microbiologiste.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la césarienne est nécessaire dans environ 15 % des naissances pour éviter de risquer la vie de la mère ou de l’enfant. Mais ce type d’accouchement est surutilisé en représentant près de 50 % des naissances dans certains pays incluant le Brésil, la République dominicaine et l’Iran selon les chercheurs.

Il est urgent de déterminer si le microbiome d’un bébé affecte le risque d’obésité dans le futur, car les césariennes sont de plus en plus utilisées par choix dans de nombreuses parties du monde selon Dominguez-Bello, professeur agrégé au département de médecine de l’école de NYU de la médecine.

Dans la présente étude, 34 souris nées par césarienne ont été comparées à 35 souris témoins nées par voie vaginale. L’équipe a ensuite surveillé le poids corporel et elle a utilisé des techniques génomiques pour analyser l’ADN bactérien intestinal des nouveau-nés à travers le développement et à l’âge adulte. Des études précédentes avaient associé des séquences d’ADN essentielles à des espèces bactériennes connues en permettant aux chercheurs de déterminer la composition du microbiome de chaque nouveau-né et de surveiller l’effet de la césarienne.

En plus d’un poids plus élevé, les souris nées par césarienne avaient des différences significatives dans leur microbiome par rapport aux souris nées par voie vaginale et c’était valable pour les 2 sexes. La structure du microbiome des souris nées par voie vaginale s’est développée normalement au cours de l’étude, mais ce n’était pas le cas chez les souris nées par césarienne. Chez ces souris, la structure du microbiome s’est développée trop tôt et il a subi un sous-développement (manque de maturation) plus tard dans la vie.

Ces résultats confirment les résultats d’une récente étude de l’Université de Médecine de NYU chez les bébés humains qui ont constaté que la naissance par césarienne diminuait la diversité des microbes intestinaux pendant la première année de vie. L’étude actuelle a également indiqué que le microbiote transmis par les mères aux bébés, nés par voie vaginale, fournissait une protection contre la prise de poids. Selon les auteurs, les groupes bactériens qui prédominaient chez les nouveaux nés par voie vaginale (Bacteroides, Ruminococaceae et Clostridiales) avaient déjà été associés à un type de corps plus mince chez la souris.

Si des changements microbiens précoces sont responsables de l’obésité dans les futures études humaines, alors une étude pilote réalisée en 2016 par Dominguez-Bello offre une solution potentielle. L’étude avait révélé que les bébés nés en césarienne qu’on avait écouvillonnée avec le liquide de naissance de leur mère avaient partiellement restauré le mélange de bactéries qui recouvrent le corps d’un nouveau-né lorsqu’il vient au monde naturellement. L’écouvillon est un instrument qui permet d’effectuer des prélèvements dans un but diagnostique. Il est également utilisé pour appliquer des solutions antiseptiques, dans certaines parties du corps.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si la dominance de certains groupes bactériens peut protéger contre l’obésité selon Dominguez-Bello. Nos résultats soutiennent l’hypothèse que l’acquisition de microbes vaginaux maternels est nécessaire pour le développement immunitaire et métabolique.

Sources

1.
Increased weight gain by C-section: Functional significance of the primordial microbiome. Science Advances. http://advances.sciencemag.org/content/3/10/eaao1874. Accessed October 11, 2017.
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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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