Vos réactions aux odeurs révèlent-elles vos opinions politiques ?

Une recherche suggère un lien entre le dégout contre les mauvaises odeurs et l’opinion politique. Ainsi, les gens, qui seraient dégoutés par l’urine et la sueur, seraient attirés par les dictateurs. Mais l’étude est moisie sur de nombreux points dont la principale est de confondre une légère corrélation avec une causalité.


Une recherche suggère un lien entre le dégout contre les mauvaises odeurs et l'opinion politique. Ainsi, les gens, qui seraient dégoutés par l'urine et la sueur, seraient attirés par les dictateurs. Mais l'étude est moisie sur de nombreux points dont la principale est de confondre une légère corrélation avec une causalité.

Les gens qui sont facilement dégoûtés par les odeurs corporelles sont également attirés par les dirigeants politiques autoritaires. Une enquête a montré un lien fort entre le fait de soutenir une société dirigée par un leader despotique et être sensible aux odeurs corporelles comme la sueur ou l’urine. Cela pourrait provenir d’un instinct profond pour éviter les maladies infectieuses. Il y avait un lien solide entre la façon dont quelqu’un était dégoûté par les odeurs et son désir d’avoir un chef de type dictatorial capable de réprimer les mouvements de protestation radicaux et de s’assurer que les différents groupes restent à leur place.

Le dégoût associé à une société plus organisée

Ce type de société réduit le contact entre les différents groupes et au moins en théorie, réduit les risques de tomber malade selon Jonas Olofsson, qui recherche des liens entre l’odorat et la psychologie à l’Université de Stockholm et est l’un des auteurs de l’étude. Le dégoût est une émotion fondamentale qui nous aide à survivre. Quand les gens sont dégoûtés, ils plissent le nez et les yeux ce qui diminue leur perception sensorielle du monde. À la base, le dégoût est une protection contre les choses dangereuses et infectieuses que nous voulons éviter.

Les chercheurs avaient une hypothèse selon laquelle il y aurait un lien entre les sentiments de dégoût et la façon dont une personne voudrait que la société soit organisée. Ils pensaient que les gens, ayant un fort instinct de se distancier des odeurs désagréables, préfèreraient également une société où les différents groupes sont séparés. La compréhension de la variance partagée entre la réactivité émotionnelle de base et les indices pathogènes potentiels tels que les odeurs corporelles et les attitudes idéologiques pouvant mener à l’agression de groupes perçus comme déviants peut conduire à des investigations futures sur les déterminants émotionnels de la dérogation.

Dans un futur proche, ses connaissances pourraient éclairer les politiques visant à prévenir l’ethnocentrisme selon Marco Tullio Liuzza de l’Université Magna Graecia de Catanzaro en Italie et l’un des co-auteurs. Une échelle a été développée pour que les participants évaluent leurs niveaux de dégoût pour les odeurs corporelles, les leurs et celles des autres. L’échelle a été utilisée dans une enquête à grande échelle en ligne dans différents pays ainsi que des questions sur leurs opinions politiques. Aux États-Unis, des questions sur la façon dont ils prévoyaient de voter lors de l’élection présidentielle en 2016 ont été ajoutées. Cela montrait que les gens, qui étaient plus dégoûtés par les odeurs, étaient aussi plus susceptibles de voter pour Donald Trump que ceux qui étaient moins sensibles. Nous avons trouvé cela intéressant parce que Donald Trump parle souvent de la façon dont les gens le dégoûtent. Il pense que les femmes sont répugnantes et que les immigrés propagent la maladie et cela arrive souvent dans sa rhétorique. Cela correspond à notre hypothèse que ses partisans seraient plus facilement dégoutés selon Jonas Olofsson.

Une étude moisie sur de nombreux points

Le plus gros problème de cette étude est que les auteurs pensent à une causalité alors que c’est une légère corrélation dans le meilleur des cas. Et l’hypothèse est très spéciale, car ce n’est pas parce qu’on est dégouté par les mauvaises odeurs qu’on n’aime pas les étrangers. En fait, l’étude elle-même possède un biais raciste dans la mesure où elle sous-entend que les étrangers puent.

L’étude n’a pas de groupe de contrôle. Si les gens, qui n’aiment pas l’odeur de l’urine, de la sueur ou des déchets, sont attirés par des dictateurs, alors cela signifie-t-il que les gens, qui préfèrent une société libre et démocratique, préfèrent se vautrer dans les déchets ? L’élection de Donald Trump a été un tel choc dans de nombreux pays que des scientifiques sont prêts à créer toutes sortes d’hypothèses pour dénigrer les personnes qui ont voté pour lui. Ce n’est sans doute pas la meilleure option.

Quand on regarde la littérature scientifique, alors l’étude de l’odeur et la psychologie possède quand même quelques bases intéressantes, mais on n’a aucun précédent sur un lien avec des opinions politiques. Ainsi, une étude de 2012 montrait que le dégout des mauvaises odeurs étaient associé à une attitude plus hostile envers les homosexuels.12 Une autre étude de 2014 a montré un lien entre les mauvaises odeurs et une attitude politique conservatrice, mais c’est toujours lié à la sexualité, notamment le mariage homosexuel.

Sources

1.
Inbar Y, Pizarro D, Bloom P. Disgusting smells cause decreased liking of gay men. Emotion. 2012;12(1):23-27. [PubMed]
2.
Adams TG, Stewart PA, Blanchar JC. Disgust and the Politics of Sex: Exposure to a Disgusting Odorant Increases Politically Conservative Views on Sex and Decreases Support for Gay Marriage. Bastian B, ed. P. 2014;9(5):e95572. doi:10.1371/journal.pone.0095572

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

1 réponse

  1. arfff dit :

    Le titre est ultra putaclic, j’ai faillit ne pas lire tellement il me …. Dégoûtait 😉

    Heureusement que l’article en lui-même est interessant.
    Je pourrais aussi apporter que j’ai vu aussi d’autres études qui faisaient plutôt des liens entre sensibilité aux odeurs et potentiel élevé.
    En meme temps ca m’arrangerais bien, je le concède.
    En tout les cas, je sens des odeurs de très moins et c’est donc facile pour moi de ressentir plus de dégoût pour les mauvaises odeurs ou celles qui ne me plaise pas, pourtant, je suis a l’opposé total de ces réactionnaires dans mes idées politiques…
    Je sais que mon cas ne fait pas autorité évidement, je cherche juste a aller dans le sens que c’est sûrement bien plus compliqué que cela et que les préjugés raciste sont sûrement du côté des auteurs de cette …. « Étude ».

    D’ailleurs, il serait temps que les sceptiques s’emparent des errements de leur groupe affinitaires.

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