Le LSD brouille les frontières entre l’expérience de soi et celle des autres

Une recherche suggère que le LSD brouille les frontières entre l’expérience de soi et celles des autres dans les interactions sociales. Cette caractéristique est présente dans de nombreux troubles mentaux et ces découvertes sur le LSD pourraient aider à développer de nouvelles approches thérapeutiques.


Le LSD a réduit l'activité dans le cortex cingulaire postérieur et le cortex temporal qui sont des régions du cerveau qui sont importants pour ressentir l'expérience de soi - Preller et al., JNeurosci (2018)
Le LSD a réduit l'activité dans le cortex cingulaire postérieur et le cortex temporal qui sont des régions du cerveau qui sont importants pour ressentir l'expérience de soi - Preller et al., JNeurosci (2018)

Le LSD réduit les frontières entre l’expérience de soi et les autres et affecte ainsi les interactions sociales. Des chercheurs de l’Université de Zurich ont découvert que le récepteur de la sérotonine 2A dans le cerveau humain est impliqué de manière critique dans ces mécanismes psychologiques. Cette connaissance pourrait aider à développer de nouvelles thérapies pour les troubles psychiatriques tels que la schizophrénie ou la dépression.1

Les symptômes communs des troubles mentaux

Pratiquement tous les troubles de santé mentale présentent des difficultés dans les relations interpersonnelles qui, à long terme, affectent négativement la progression de la maladie. Les restrictions sanitaires et sociales associées ne peuvent être améliorées que marginalement par les formes actuelles de thérapie. L’une des raisons est qu’il y a eu très peu de recherches sur les principes neurobiologiques de base et en particulier les mécanismes neurochimiques de ces types de troubles. Un autre symptôme de divers troubles psychiatriques est la distorsion de l’expérience personnelle. Les personnes souffrant de troubles mentaux montrent souvent un sentiment de soi accru ou réduit.

Les chercheurs de l’hôpital universitaire de psychiatrie de Zurich ont étudié les liens entre les changements dans le sens de soi et les changements dans l’interaction sociale et les mécanismes pharmacologiques qui jouent un rôle dans ces processus.

Le LSD a un impact sur les limites de soi

Le LSD a réduit l'activité dans le cortex cingulaire postérieur et le cortex temporal qui sont des régions du cerveau qui sont importants pour ressentir l'expérience de soi - Preller et al., JNeurosci (2018)

Le LSD a réduit l’activité dans le cortex cingulaire postérieur et le cortex temporal qui sont des régions du cerveau qui sont importants pour ressentir l’expérience de soi – Preller et al., JNeurosci (2018)

Le LSD brouille les frontières entre soi et les autres au cours des interactions sociales selon Katrin Preller. Elle a dirigé l’équipe de recherche du groupe de neuropsychologie et d’imagerie cérébrale avec le professeur Franz Vollenweider et a collaboré avec l’Institut Max Planck de psychiatrie de Munich à l’étude. Pendant qu’ils se trouvaient dans un scanner IRM, les participants à l’étude communiquaient avec un avatar virtuel au moyen de mouvements oculaires après avoir reçu un placebo, du LSD ou du LSD en association avec de la kétansérine.

Des changements dans l’interaction sociale

Cela nous a permis de montrer que les régions du cerveau, qui sont importantes pour distinguer entre soi et les autres, étaient moins actives sous l’influence du LSD selon Preller. Et cela a également changé les interactions sociales. Les chercheurs ont également pu montrer que les changements induits par le LSD étaient bloqués par la kétansérine ce qui indique que le récepteur de la sérotonine 2A (récepteur 5-HT2A) joue un rôle critique dans ce mécanisme.

Des approches pour de nouveaux médicaments

Ces résultats démontrent que l’expérience personnelle et l’interaction sociale sont étroitement liées. Des altérations variables de ces processus entrelacés pourraient être le résultat d’un transfert altéré de l’information médiée par le système récepteur 5-HT2A. Cela pourrait être important pour le développement de nouvelles thérapies pharmacologiques. Par exemple, le blocage de ce récepteur chez des patients souffrants d’un sentiment incohérent de soi tel que la schizophrénie pourrait améliorer leurs symptômes ainsi que leurs capacités sociales. D’un autre côté, la stimulation de ce récepteur pourrait aider les patients qui souffrent d’une autofocalisation accrue, comme c’est le cas de la dépression, par exemple.

Sources

1.
Role of the 5-HT2A receptor in self- and other-initiated social interaction in LSD-induced states – a pharmacological fMRI study. Journal of Neuroscience. 10.1523/JNEUROSCI.1939-17.2018″ target= »_blank » rel= »noopener noreferrer »>http://dx.doi.org/10.1523/JNEUROSCI.1939-17.2018. Published March 19, 2018. Accessed March 19, 2018.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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