Un nouveau modèle d’Alzheimer en tant que maladie auto-immune


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  • Des scientifiques du Krembil Brain Institute, qui fait partie du Réseau universitaire de santé, ont proposé un nouveau modèle mécaniste (AD2) pour la maladie d’Alzheimer, en la considérant non pas comme une maladie du cerveau, mais comme une maladie auto-immune chronique qui attaque le cerveau.

    Cette nouvelle recherche est publiée aujourd’hui, dans Alzheimer et démence.

    « Nous ne pensons pas à la maladie d’Alzheimer comme fondamentalement une maladie du cerveau. Nous la considérons comme une maladie du système immunitaire dans le cerveau », déclare le Dr Donald Weaver, codirecteur du Krembil Brain Institute et auteur de l’article.

    La maladie d’Alzheimer, la forme de démence la plus courante, touche plus de 50 millions de personnes dans le monde, une nouvelle personne étant diagnostiquée toutes les trois secondes. Pourtant, malgré plus de 200 essais cliniques au cours des 30 dernières années, il n’existe aucun traitement modificateur de la maladie pour prévenir, arrêter ou traiter la maladie d’Alzheimer.

    « Nous avons besoin de nouvelles façons de penser à cette maladie, et nous en avons besoin maintenant », déclare le Dr Weaver. « À ce jour, la plupart des approches de la recherche sur la maladie d’Alzheimer reposent sur la théorie selon laquelle une protéine appelée bêta-amyloïde, qui est censée être anormale dans le cerveau, s’agglutine. Et lorsqu’elle s’agglutine, elle tue les cellules cérébrales. »

    « Mais nous pensons que la bêta-amyloïde est exactement là où elle devrait être. Elle agit comme un immunopeptide – un messager au sein de notre système immunitaire – de sorte que, si nous avons un traumatisme crânien, la bêta-amyloïde le répare. Si un virus ou une bactérie arrive, la bêta-amyloïde est là pour la combattre. »

    C’est là que le problème se produit, explique le Dr Weaver. « La bêta-amyloïde devient confuse et ne peut pas faire la différence entre une bactérie et une cellule cérébrale et elle attaque donc par inadvertance nos propres cellules cérébrales. Cela devient alors ce que nous appelons une maladie auto-immune. Le système immunitaire attaque en fait l’hôte , notre cerveau. »

    A noté dans les conclusions de l’équipe:

    • L’équipe de recherche a mené une recherche approfondie, en examinant une vaste revue de la littérature des revues et des patients, combinée à leurs propres études, pour développer un modèle mécaniste approfondi de la maladie d’Alzheimer.

    • L’ANNONCE2 Le modèle s’efforce d’harmoniser d’autres propositions mécanistes (y compris la protéopathie, la synaptotoxicité et la mitochondriopathie), tout en reconnaissant la bêta-amyloïde comme un immunopeptide oligomérisant physiologiquement et faisant partie d’un processus immunopathique beaucoup plus large et hautement interconnecté.

    • Au sein de l’AD2 modèle, le métabolisme des acides aminés du L-tryptophane et de la L-arginine apparaissent comme des régulateurs innés de l’immunité, pointant ainsi vers de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques.

    Repenser concrètement la maladie d’Alzheimer en tant que maladie auto-immune et la bêta-amyloïde en tant que partie normale de notre système immunitaire ouvre la porte à de nouvelles voies et approches pour développer de nouvelles thérapies innovantes, déclare le Dr Weaver.

    « Nous sommes très excités dans notre laboratoire. Nous pensons que cette théorie auto-immune est solide et représente une avancée conceptuelle significative. »

    Ce travail a été financé par des subventions de fonctionnement des Instituts de recherche en santé du Canada, la Fondation Weston, la Fondation Krembil et un prix Harrington Scholar-Innovator du Harrington Discovery Institute.

    Le Dr Weaver reconnaît le soutien salarial d’une chaire de recherche du Canada, niveau 1, sur le mauvais repliement des protéines.

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