vendredi , 24 novembre 2017

Un nouveau vaccin contre le paludisme efficace à 100 % dans les essais cliniques

Des chercheurs ont développé un vaccin contre le paludisme qui fournit une protection de 100 % contre la maladie. Prudence est de mise puisque leur échantillon pendant l’essai clinique est assez limité, mais la protection de 100 % dans les sujets montre que c’est un candidat prometteur.


Un nouveau vaccin contre le paludisme efficace à 100 % dans les essais cliniques
Les chercheurs de l’université de Tübingen en collaboration avec l’entreprise de biotechnologie Sanaria ont démontré qu’un vaccin contre le paludisme, le Sanaria® PfSPZ-CVac, est efficace à 100 % dans un essai clinique pendant 10 semaines suivant la dernière vaccination. Pour l’essai, le professeur Peter Kremsner et le Dr Benjamin Mordmüller de l’Institute of Tropical Medicine et du German Center for Infection Research (DZIF) ont utilisé des parasites du paludisme fournis par Sanaria. Le vaccin contenait des pathogènes paludiques totalement viables avec le traitement pour les combattre. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature.

Les parasites du paludisme sont transmis par la piqure des moustiques femelles Anopheles. Le parasite Plasmodium falciparum est responsable de la plupart des infections de paludisme et des morts provoquées par la maladie dans le monde. Les candidats précédents d’un vaccin contre le paludisme avaient impliqué l’utilisation de molécules individuelles qu’on trouve dans le pathogène. Cependant, ces vaccins ne fournissaient pas une immunité suffisante. L’étude de Tuebingen a impliqué 67 personnes en bonne santé sans aucun précédent de paludisme. La meilleure réponse immunitaire concernait un groupe de 9 personnes qui avaient reçu la dose la plus élevée de vaccins à 3 reprises pendant des intervalles de 4 semaines. À la fin de l’essai clinique, les 9 personnes ont bénéficié d’une protection de 100 % contre le paludisme.

Cette protection était probablement provoquée par des réponses de lymphocytes-T et d’anticorps spécifiques contre le parasite dans le foie selon le professeur Peter Kremsner. Les chercheurs ont analysé les réactions immunitaires et ils ont identifié des patterns de protéine qui permettront d’améliorer les vaccins contre le paludisme. Les chercheurs ont injecté des parasites de paludisme vivants dans les sujets de test tout en empêchant le développement de la maladie en ajoutant de la chloroquine qui est le traitement antipaludique de base depuis de nombreuses années. Cela a permis aux chercheurs d’exploiter le comportement des parasites et les propriétés de la chloroquine.

Une fois qu’une personne est infectée avec le paludisme, le parasite Plasmodium falciparum se déplace dans son foie pour se produire. Pendant cette période d’incubation, le système immunitaire humain pourrait réagir, mais à ce stade, le pathogène ne rend pas la personne malade. De plus, la chloroquine n’agit pas sur le foie et il ne peut pas empêcher la reproduction du parasite. Le paludisme apparait uniquement quand le pathogène quitte le foie et qu’il entre dans le flux sanguin via les globules rouges où il va continuer à se reproduire. Mais dès que le pathogène entre dans le flux sanguin, la chloroquine peut le tuer en empêchant l’apparition de la maladie.

En vaccinant avec un pathogène totalement actif, il semble clair qu’on peut provoquer une réponse immunitaire forte selon Benjamin Mordmueller, principal auteur de l’étude. De plus, toutes nos données montrent que les sujets bénéficient d’une protection stable sur le long terme. Dans le groupe des personnes qui ont bénéficié d’une immunité de 100 %, la protection était toujours active pendant 10 semaines. Ce chercheur ajoute que ce nouveau vaccin n’a pas montré d’effets secondaires chez ces personnes. La prochaine étape est de tester l’efficacité du vaccin pendant plusieurs années dans une étude clinique au Gabon.

Le paludisme est l’une des infections les plus meurtrières du monde. L’OMS estime que près de 214 millions de personnes ont été infectées avec le paludisme en 2015 dont 480 000 en sont morts. 90 % des morts provoquées par le paludisme se situent en Afrique. Trois tiers des morts sont des enfants âgés de moins de 5 ans. La recherche d’un vaccin contre le paludisme dure depuis un siècle et on espère que ce nouveau candidat tiendra ses promesses pendant les études cliniques impliquant des échantillons plus importants et sur une période plus longue.

Source : Revue Nature (http://dx.doi.org/10.1038/nature21060)

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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