mardi , 21 novembre 2017

Des pistes pour un vaccin contre le Leishmania

Le parasite du genre Leishmania s’approche des côtes américaines. Et une équipe propose des pistes pour un vaccin contre ce parasite. Il existe près d’une trentaine de souches de Leishmania avec des infections de niveaux variables. L’infection la plus grave, connue comme la leishmaniose viscérale, peut tuer une personne en 40 jours si elle n’est pas traitée. Les traitements sont efficaces, mais il y a toujours un risque de rechute d’où la poursuite pour développer un vaccin.


Des pistes pour un vaccin contre le Leishmania
La mouche phlébotome qui transmet le parasite Leishmania - Crédit : raywilsonbirdphotography.co.uk
Des parasites qui ulcèrent la peau, peuvent défigurer le visage et mutilent les organes internes se rapprochent des rebords méridionaux des États-Unis. Jusqu’à présent, on n’avait aucun vaccin contre la Leishmania, mais les chercheurs proposent des pistes intéressantes. Un nouveau vaccin expérimental, fabriqué avec une particule biologique brevetée développée au Georgia Institute of Technology, a immunisé des souris de laboratoire qui ont été modifiées génétiquement pour imiter le système immunitaire humain.1

Le vaccin exploite une faiblesse dans le camouflage chimique de Leishmania. Ce camouflage permet au Leishmania de se cacher des cellules immunitaires de la victime. Mais ce vaccin peut déclencher une réponse immunitaire robuste contre le parasite selon une nouvelle étude.

Le Leishmania est un parasite meurtrier

Les Leishmanias font partie des parasites les plus mortels au monde selon l’Organisation mondiale de la santé. Ainsi, l’OMS estime qu’il y a 700 000 à 1 000 000 millions de cas de leishmaniose et 20 000 à 30 000 décès chaque année.2  Il existe une trentaine de souches de Leishmania. Les Leishmanias sont transmises principalement à travers la morsure d’une mouche de phlébotome (mouche de sable) qui se nourrit de sang et le réchauffement climatique élargit l’habitat potentiel de l’insecte vers le nord en provenance d’Amérique latine. Les régions d’éclosion les plus proches des États-Unis de la leishmaniose, la maladie causée par le parasite, se trouvent désormais à environ 480 kilomètres de la frontière.

Le cycle du parasite Leishmania - Crédit : Centers for Disease Control and Prevention

Le cycle du parasite Leishmania – Crédit : Centers for Disease Control and Prevention

Comme pour de nombreuses maladies, les personnes qui contractent le Leishmania peuvent développer une leishmaniose. Cette maladie possède des symptômes variés avec des signes extérieurs spectaculaires. Ainsi, une forme de Leishmania peut provoquer des furoncles de grandes tailles et certaines infections peuvent littéralement dévorer des parties du nez et des lèvres.

Une autre forme de Leishmania peut entrer dans la circulation sanguine où elle peut endommager le foie et la rate dans une forme mortelle de la maladie appelée leishmaniose viscérale qu’on surnomme la fièvre noire. Si vous ne la traitez pas dans les 20 à 40 jours, alors la leishmaniose viscérale provoque la mort du patient selon Alexandre Marques, professeur au département de parasitologie de l’Université fédérale de Minas Gerais au Brésil et l’un des chercheurs sur le nouveau vaccin expérimental. Le traitement conventionnel, bien qu’il soit efficace, peut laisser un petit nombre de parasites ce qui peut provoquer des rechutes ou que le patient va devenir un porteur de virus de la même manière que le paludisme. Un vaccin serait une solution intéressante pour éviter les épidémies.

Un vaccin attendu depuis longtemps

Les Leishmanias, qui sont des organismes monocellulaires sur la taille de grandes bactéries, ont été un fléau dans environ 90 pays en Amérique du Sud, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie et en Europe du Sud. Pendant des décennies, les chercheurs ont travaillé pour trouver un vaccin contre le Leishmania et des parasites similaires.

Un furoncle typiquement provoqué par la leishmaniose. Ces furoncles vont se propager à travers le corps s'ils ne sont pas traité - Crédit : Parasitology department of the Universidade Federal de Minas Gerais in collaboration with Georgia Tech

Un furoncle typiquement provoqué par la leishmaniose. Ces furoncles vont se propager à travers le corps s’ils ne sont pas traité – Crédit : Parasitology department of the Universidade Federal de Minas Gerais in collaboration with Georgia Tech

Par rapport aux virus et aux bactéries, ce sont des organismes beaucoup plus complexes et plus difficiles à combattre selon M. G. Finn, qui a également dirigé les travaux sur le nouveau vaccin. Le nouveau vaccin s’appuie sur la connaissance de l’équipe de Marques qui a travaillé dans les régions touchées par la leishmaniose. Ainsi, l’équipe recueille les mouches de sable, puis ils extraient les parasites en laboratoire et ils font une spectrométrie de masse et d’autres tests pour étudier leur composition moléculaire avec des détails impressionnants selon Finn.

L’équipe a découvert des détails sur la surface extérieure de Leishmania qui la rendent vulnérable à une réaction immunitaire humaine. Le nouveau vaccin potentiel, inventé chez Georgia Tech, emploie un faux virus comme appât pour attirer les principales forces du système immunitaire contre ces faiblesses pour les attaquer.

Le faux virus, connu comme une particule pseudo-virale, n’est pas infectieux et le corps le détruit après son utilisation. Le laboratoire de Finn a développé de nombreuses variantes de ces particules au cours des dernières années et d’autres produits contenant cette particule ont déjà fait l’objet d’essais cliniques humains de phase II.

Sources

1.
ACS Central Science. ACS Central Science. http://dx.doi.org/10.1021/acscentsci.7b00311. Accessed September 12, 2017.
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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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