Zika : Augmentation des demandes d’avortements en Amérique latine

L’épidémie du virus Zika a provoqué une augmentation des demandes d’avortement dans les pays d’Amérique latine. Mais la situation est problématique, car l’avortement est illégal dans de nombreux de ces pays.


Des femmes qui protestent contre la loi interdisant l'avortement au Brésil

J’ai contracté il y a 4 jours. Je veux faire un . J’aime les enfants, mais je ne pense pas qu’il soit sage de garder un enfant qui va souffrir. Je ne sais pas où me tourner. Aidez-moi s’il vous plait. Ce message a été envoyé du Venezuela où l’avortement est illégal à moins que la vie de la mère soit en danger. Le message a été envoyé à une ONG qui envoie des pilules d’avortement par la poste dans les pays où c’est illégal. Mais le message montre le tourment de nombreuses futures mères en Amérique latine.

Les nouveaux chiffres montrent que l’avortement explose tous les compteurs dans les pays où Zika est présent. Les pilules sont sans danger et on peut les prescrire pour des avortements précoces dans d’autres pays. Mais ces pilules sont difficiles à trouver dans les pays où l’avortement est illégal ou très contrôlé ce qui est le cas de la majorité de l’Amérique latine. De nombreuses femmes dans cette région sont obligées de recourir à l’avortement illégal ce qui peut présenter des risques pour la santé. Et cette étude sur les avortements survient alors que les données colombiennes montrent que même une infection de Zika sans symptômes peut provoquer des dommages au cerveau des enfants. Seule une personne sur cinq, qui est infectée, présente les symptômes qui peuvent être de la fièvre ou des rougeurs.

Dans l’épicentre

Les chiffres de l’avortement proviennent d’une analyse de mails envoyés à Women on Web, qui envoie des pilules d’avortement et de contraception, aux femmes dans le monde entier. Les demandes pour les pilules d’avortement ont doublé au Brésil, l’épicentre de Zika ainsi qu’en Équateur et au Venezuela.

L’ONG n’envoie pas les pilules au Brésil parce que les paquets sont saisis par les douanes et donc, on ignore le nombre d’avortements effectifs dans cette région. Mais ils donnent une idée de la réaction des personnes face à Zika. Le Brésil recommande aux femmes de retarder leur grossesse, mais l’accès à la contraception est très variable. L’avortement est illégal sur une grande partie du continent.

Risquer la mort ou la prison

Les chercheurs ont comparé les demandes à Women on Web avant novembre, où le gouvernement a commencé ses avertissements, avec la période allant de novembre 2015 à mars 2016. Pendant cette période au Brésil, il y avait le double des demandes par rapport aux tendances précédentes. Les mails montrent des personnes désespérées avec une grande peur et anxiété.

Les pilules d’avortement sont disponibles au marché noir. Women on Web n’est pas forcément la solution la plus facile vers l’avortement si vous vivez dans les montagnes et que vous n’avez pas accès à internet selon un des chercheurs. L’organisation envoie 2 médicaments, le mifepristone et le misoprostol, qui provoquent des saignements et des crampes qui expulsent l’embryon. Si ces médicaments ne posent pas de problème pendant les 3 premiers mois de la grossesse, ils peuvent provoquer des saignements abondants qui peuvent nécessiter une transfusion.

Dans les pays en développement, les méthodes illégales d’avortement sont populaires. On peut citer des boissons à base de concoctions de plantes ou l’insertion de toxines ou d’objets tels qu’un os de poulet dans le ventre par le vagin. Cette dernière méthode provoque des infections, la stérilité et la mort. Si les femmes demandent une aide médicale après un avortement, alors elles vont droit en prison.

Un problème sans symptômes

On estime qu’il y a eu 1 600 enfants qui sont nés avec la microcéphalie provoqués par Zika depuis le début de l’épidémie et la majorité concerne le Brésil. L’étude colombienne a trouvé que sur les 24 enfants nés avec la de janvier à avril 2016, 4 étaient liés directement à Zika. Mais les mères n’ont pas eu les symptômes de la maladie. Mais l’étude montre également que les risques de dommages cérébraux sont faibles si la mère est infectée pendant les 3 derniers mois de la grossesse. Sur les 600 femmes qui ont eu des symptômes de Zika pendant le dernier trimestre, il n’y a aucun enfant qui a développé une microcéphalie.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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