samedi , 18 novembre 2017

L’immunité contre la dengue peut protéger contre Zika

Une étude suggère que si une personne acquiert une immunité contre la dengue, alors elle sera plus résistante contre Zika. Il existe quelques vaccins contre la dengue qui sont testés, mais les travaux suggèrent qu’un vaccin, se basant uniquement sur les anticorps, ne sera plus suffisant pour des maladies comme la dengue et Zika.


L’immunité contre la dengue peut protéger contre Zika
Les manifestations de l’infection par le virus Zika peuvent avoir des impacts variables. Dans certains cas, ils sont très néfastes, notamment lorsqu’ils provoquent une microcéphalie chez certains bébés nés de mères infectées. Dans d’autres cas, les impacts sont bénins et cela suggère que des facteurs inconnus tempèrent la sévérité des infections de Zika. Ces derniers temps, le virus de la dengue est considéré comme une piste intéressante pour expliquer ces variations, car il partage de nombreuses caractéristiques génétiques et structurelles avec le virus Zika et la dengue est endémique dans la plupart des régions touchées par la propagation mondiale de Zika.

Une immunité contre la dengue offre une bonne résistance contre Zika

Une étude publiée dans Nature Communications par Sujan Shresta, chercheur de l’Institut d’allergie et d’immunologie de La Jolla (LJI), s’intéresse à l’interaction entre la dengue et les infections de Zika.1 L’étude rapporte que les souris immunisées contre la dengue présentent une protection croisée contre une infection ultérieure par le virus Zika en identifiant des types spécifiques de cellules T immunitaires capables de se défendre contre les 2 virus. Ces découvertes sont intéressantes pour les efforts de construction d’un vaccin anti-Zika.

Dans certaines parties du monde, le virus Zika est presque une infection secondaire, qui s’est répandue au Brésil et en Amérique latine et il se déplace désormais dans des régions asiatiques où la dengue existait auparavant selon Shresta, professeur agrégé au Centre for Infectious Disease de LJI. Notre étude suggère qu’on pourrait concevoir un vaccin ciblant les 2 virus pour induire à la fois des réponses T et des anticorps efficaces pour protéger les personnes dans ces zones.

Les cellules B et T du système immunitaire

Quand on rencontre un agent pathogène dans la vie réelle, 2 aspects du système immunitaire entrent en action pour le neutraliser. Dans la réponse dite humorale, les cellules B commencent à sécréter des protéines d’anticorps spécifiques qui bloquent et neutralisent les pathogènes dans le tissu ou le sang. Simultanément, un système d’immunité à médiation cellulaire s’active également en déployant des cellules T cytotoxiques pour reconnaître et tuer directement les cellules infectées par des agents pathogènes.

En théorie, le vaccin idéal pourrait imiter les anticorps et les lymphocytes T pour bloquer une maladie infectieuse. Mais dans la réalité, la plupart des 26 sur les 28 vaccins actuellement homologués pour un usage humain stimulent principalement la réponse des lymphocytes B ou des anticorps ce qui est suffisant dans la plupart des cas. Mais cette étude confirme des hypothèses envisagées par de nombreux spécialistes de vaccins, à savoir que la protection contre les agents pathogènes considérés comme incurables nécessiteront probablement l’alliance des lymphocytes B et T.

Plus précisément, l’équipe de Shresta a créé le premier modèle de souris séquentiel imitant l’infection par la dengue puis, par le virus Zika. Pour ce faire, ils ont d’abord infecté des souris génétiquement vulnérables à cette famille de virus avec le virus de la dengue. Ces souris sont tombées malades, elles se sont rétabli de l’infection et elles ont acquis une immunité contre la dengue probablement parce que l’infection virale avait mobilisé leurs cellules B immunitaires, les lymphocytes T ou les deux. Le groupe a ensuite inoculé les mêmes souris avec Zika pour déterminer si les souris présentaient des symptômes du virus. Mais dans l’ensemble, les souris, qui avaient précédemment acquis une immunité contre la dengue, présentaient une protection contre le virus Zika selon la charge virale dans le sang et les tissus tels que le cerveau, le foie ou les testicules.

La présence de dengue dans certains pays explique la variation des infections de Zika

Ces expériences suggèrent que la raison pour laquelle certaines personnes infectées par Zika ne contractent pas la maladie est due à une exposition antérieure à la dengue selon Shresta. Cela peut expliquer pourquoi Zika n’est pas transmis systématiquement aux enfants de femmes enceintes contaminés dans les pays endémiques de la dengue exposés au virus.

Dans une expérience différente, les scientifiques ont isolé des cellules T cytotoxiques du sang de souris immunisées contre la dengue et ils les ont injectés dans des souris normales et c’est une procédure connue sous le nom de transfert adoptif de cellules T. Quand les souris ont ensuite été infectées par Zika, elles ont également montré une résistance à la maladie en soutenant l’idée que les cellules T du système immunitaire peuvent se charger de la majorité du travail contre l’infection par le virus Zika.

Jinsheng Wen, professeur à l’Université médicale de Wenzhou en Chine, est le premier auteur de l’étude. Selon ce chercheur, les résultats de cette étude sont une piste intéressante pour les vaccinologues tentent de concevoir un vaccin Zika efficace. Notre travail suggère fortement qu’un vaccin efficace devrait inclure des composants pour induire non seulement une réponse des cellules B, mais aussi une réponse des lymphocytes T. Actuellement, les vaccins anti-dengue, avec des réponses d’anticorps, font l’objet d’essais cliniques ou commencent à être homologués dans certains pays, mais ils ne montrent qu’un succès modéré. Et il n’y a pas encore de vaccins Zika approuvés même si le gouvernement américain est en partenariat avec des sociétés pharmaceutiques pour développer des candidats.

Sources

1.
Nature Communications. Nature Communications. http://dx.doi.org/10.1038/s41467-017-01669-z.
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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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