La violence sexuelle dans les ONG et l'aide humanitaire



Qui aident ceux qui aident ? On a l’impression que l’ promeut l’égalité des sexes et qu’il n’existe pas d’abus sexuel. Mais de nombreuses ONG rapportent que leurs employés font souvent face à la violence sexuelle. Plusieurs études et projets tentent de découvrir l’ampleur du problème et aider ceux qui sont touchés.

Dans l’aide humanitaire, la violence sexuelle est un problème qui existe depuis des décennies selon Alicia Jones du Headington Institute à Pasadena en Californie, mais on en parle rarement. La plupart des victimes ont peur du jugement des autres et de nombreux pensent qu’ils seront blâmés pour ce qui s’est passé. Le stigmate culturel autour de ce problème existe dans chaque pays et parfois, il est risqué de le rapporter aux autorités locales.

Le Headington Institute développe un projet de recherche qui veut découvrir la véritable ampleur du problème ainsi que de proposer des réponses adéquates aux agences compétentes. Une autre campagne, Report the Abuse lancée par International Women’s Rights Project à Vancouver au Canada, a lancé une étude indépendante pour examiner la prévalence des assauts. Jones s’est exprimé le mois dernier pendant la Sexual Violence Management Conference for the Humanitarian à Londres où elle a souligné plusieurs résultats de l’étude qui a menée par l’institut au cours des 5 dernières années.

10 % des 1 439 travailleurs humanitaires ont rapporté qu’ils ont été forcés d’avoir des contacts sexuels non désirés. 70 % des victimes étaient des femmes. Quand l’institut a mené une sous-catégorie de travailleur humanitaire dans 37 pays, il a découvert que 4 personnes sur 10 ont déjà subi une violence sexuelle.

La difficulté d’en parler

Mais seuls quelques-uns de ces incidents sont ramenés dans les statistiques officielles. En juillet, Humanitarian Outcomes et Integrated Regional Information Networks a utilisé les données de la Aid Worker Security Database pour créer un graphique interactif de la violence contre les travailleurs humanitaires. Le graphique montre que 3 000 staffs nationaux et 540 staffs internationaux ont déjà subi des violences, mais seuls 17 du staff international et 6 du staff national, ont considéré que c’était de nature sexuelle.

Jones a déclaré que la nature extrêmement intime des assauts sexuels fait qu’il est difficile de les dénoncer dans le cadre du travail. De plus, de nombreuses personnes ont peur de perdre leur emploi ou que la dénonciation ne servira à rien. Nous savons, de manière globale, que les victimes de viol et d’attaque souffrent de culpabilité selon Anya Charnaud qui travaille pour The Havens, un réseau de centre spécialisé dans les attaques sexuelles à Londres.

Et les ONG font peu d’efforts pour résoudre le problème. La violence sexuelle provoque de nombreux troubles physiques et mentaux tels que l’anxiété, l’insomnie, la honte, le dégout, la peur et des symptômes post-traumatiques. Nous devons nous assurer que ceux qui rapportent la violence sexuelle dans les ONG et l’aide humanitaire bénéficient d’une aide appropriée.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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