L'information est contagieuse parmi les connexions sociales

Une nouvelle recherche, utilisant des modèles informatiques avancés, montre comment des comportements deviennent contagieux dans de grands groupes. Cela montre que la mémoire d’un seul individu peut influencer indirectement les autres via les connexions sociales partagées.


L'information est contagieuse dans les connexions sociales

Dans de grands réseaux sociaux, notre modèle a démontré que l’information est contagieuse de la même manière que le comportement est contagieux selon les chercheurs Christian Luhmann et Suparna Rajaram de la Stony Brook University. Ces résultats suggèrent que la transmission de l’information est un mécanisme crucial qui alimente le comportement social. On sait que de nombreux comportements incluant le tabagisme se propagent via les réseaux sociaux, mais on ignorait les mécanismes de cette contagion comportementale. Pour découvrir le phénomène, Luhmann et Rajaram ont décidé d’incorporer des processus cognitifs bien connus dans des modèles informatiques qui sont capables de simuler des groupes plus larges que ce qu’on voit dans les laboratoires. Cela a permis de voir l’interaction individuelle et le flux de l’information dans des groupes allant de 2 à 500 personnes. (Notons qu’on parle des réseaux sociaux en sociologie et psychologie qui indiquent des groupes d’individus)

Les chercheurs ont commencé en simulant un partage d’information dans des groupes de 3 personnes. Chaque membre du groupe était programmé pour mémoriser et apprendre l’information provenant des 2 autres membres. Ce modèle suit des expériences qui ont été faites avec de vraies personnes. La mémoire du groupe a été comparée à celle de chaque membre qui avait étudié l’information auparavant. Au total, les chercheurs ont simulé 1000 groupes.

Les résultats ont été identiques au partage d’information et à la mémoire collective qu’on peut voir chez les vraies personnes. Plus précisément, les groupes de 3 personnes se souvenaient d’une quantité d’information moindre comparée aux trois individus réunis ensemble. On connait ce phénomène comme l’inhibition collective. Les travaux indiquent que cela se produit parce que les membres, qui apprennent ensemble dans des groupes, tendent à converger vers une information similaire et cela limite la quantité d’information qui peut être assimilée par le groupe. En d’autres termes, un groupe sera toujours moins informé que les individus qui le composent.

Ensuite, Luhmann et Rajaram ont étendu leurs expériences à des groupes collaboratifs de différentes tailles allant de 2 à 128 membres. Encore une fois, les résultats ont reflété ceux des groupes avec 3 vraies personnes. Les chercheurs ont découvert que l’inhibition collaborative augmentait si le groupe passait de 2 à 7 membres. Quand on ajoutait un nouveau membre au groupe, il apportait sa part de contribution collective, mais la connaissance générale du groupe était toujours inférieure aux individus qui apprenaient dans leurs coins.

Ces résultats suggèrent qu’on ne peut pas augmenter la connaissance générale d’un groupe en ajoutant simplement des membres. Toutefois, c’est valable uniquement pour les groupes avec 7 personnes au maximum. Quand le groupe a dépassé 7 membres, la connaissance collective a dépassé celles des individus, mais ces derniers avaient déjà appris cette information avant que le groupe parvienne à leurs niveaux.

Pour découvrir comment l’information se partage dans un grand groupe, Luhmann et Rajaram ont créé un modèle qui a placé des individus dans des réseaux larges et réalistes en leur permettant d’interagir avec leurs voisins. Les résultats ont montré que les voisins directs ont montré une connaissance similaire par rapport aux voisins indirects de l’individu. Cependant, les individus qui ont partagé un voisin, mais qui n’avaient jamais interagi avec les autres ont montré plus de connaissances similaires que ceux qui étaient séparés par 2 personnes dans le réseau.

Cela suggère qu’un voisin partagé agit comme un va-et-vient, en transmettant l’information aux individus sur chaque extrémité. Cela leur permet de s’influencer de manière indirecte. Les chercheurs ont découvert que cette influence indirecte disparaissait en fonction du nombre de membres qui les séparaient. L’influence n’existait plus après 6 niveaux de séparation.

Selon Luhmann et Rajaram, on sait que notre modèle est simplifié alors que notre mémoire est complexe, mais il est suffisant pour confirmer des conclusions provenant d’autres études. Et nos données sont valables pour les petits et grands groupes. Ces travaux permettront de découvrir les mécanismes des vrais phénomènes de contagion incluant le tabagisme, l’obésité, l’information virale, le témoignage oculaire, la publicité et la mode.

Source : Psychological Science

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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