La main de l'homme crée par le Créateur ? Un papier scientifique promeut des idées créationnistes

PLOS One est devenu une blague ! C’est la réaction des scientifiques sur Twitter après la publication d’un papier scientifique qui prétendait que la main humaine a été créée par le Créateur. Le papier est en passe d’être rétracté.


Un papier scientifique qui prétend que la main humaine a été crée par Dieu

Des chercheurs ont publié un papier intitulé Design by the Creator qui prétend que la main des humains a été créée par Dieu. Un torrent de critiques s’est déchainé contre les évaluateurs et la revue scientifique qui l’a publié. Le papier par Cai-Hua Xiong de la Huazhong University of and Technology à Wuhan en Chine et ses co-auteurs, est apparu sur PLOS One le 5 janvier. Mais quelques semaines plus tard, des scientifiques sur Twitter se sont déchainés avec le Hashtag #Creatorgate et #HandofGod.

Le papier a demandé à des volontaires d’effectuer une série de tâches avec leurs mains. Et les chercheurs ont conclu que l’architecture mécanique de notre main est un modèle parfait par le Créateur pour une dextérité optimale et des fonctions parfaites. Notre main est le résultat d’un remodelage évolutionnaire sur plusieurs millions d’années. Et la coordination parfaite de la main humaine doit indiquer le mystère de la création divine. Cependant, il est étrange que des chercheurs chinois soient à l’origine d’un papier aux relents créationnistes. Des médias ont contacté les chercheurs et Xiong a déclaré qu’il est en train de revoir le papier avec ses créateurs. Il explique qu’ils ne parlent pas l’anglais en natif et qu’ils ont mal interprété certains mots comme le Créateur. Le chercheur s’excuse de cette erreur.

Les commentateurs estiment que la faute revient aux évaluateurs et qu’il est insensé que le papier ait pu être publié dans une revue comme Plos ONE. Pour le biologiste PZ Myers, les données de l’étude sont bonnes, mais le choix des mots et la conclusion sont catastrophiques. Le problème, pour ce chercheur, est que les créationnistes vont s’emparer de cette étude en oubliant le fait que les chercheurs n’avaient pas voulu désigner Dieu ou quoi que ce soit.

Au-delà de l’énorme erreur de la main par Dieu, les scientifiques ont profité de cette affaire pour discuter des normes d’évaluation dans les revues scientifiques. Plos One évalue uniquement les papiers sur un plan technique, mais pas sur leur impact et leur importance. Enrico Petretto, un chercheur en génomique a déclaré que si PLOS One ne rétracte pas le papier, alors lui et ses étudiants ne publieront plus dans cette revue.

Toutefois, Plos One n’est pas le seul à blâmer. Est-ce qu’on a oublié le papier sur la forme de vie d’arsenic (une prétendue preuve des aliens) dans la revue Science ou la mémoire de l’eau dans la revue Nature ? La mémoire de l’eau est l’un des piliers de l’homéopathie. Pour Marc Robinson-Rechavi, un biologiste évolutionnaire à l’université de Lausanne, il est incorrect et malhonnête de critiquer toute une revue pour une erreur sur le choix des mots. Ce chercheur admet l’erreur du papier, notamment l’utilisation de la majuscule pour le Créateur. Mais même les meilleurs évaluateurs peuvent faire des erreurs.

Le 2 mars 2016, Plos One a analysé de nouveau l’article et il a décidé de le rétracter. Andrew David Thaler, scientifique de la vie marine et blogueur, estime que la rétraction est disproportionnée. Il y a des milliers de papiers scientifiques avec des mots très douteux et des conclusions qui sont très controversés et personne n’y trouve rien à dire. Pour d’autres chercheurs, cette affaire était une broutille et de pseudo-scientifiques sur Twitter l’ont monté en épingle alors qu’on aurait pu la régler en interne. Que ce soit en science ou dans d’autres domaines, on se rend compte que même les esprits plus avisés sont ravis de participer à une lapidation numérique.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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