La réalité virtuelle : Un champ de mines éthique ?

La réalité virtuelle va bouleverser la technologie et notre manière de nous divertir et de nous informer. Mais est-ce qu’on a réfléchi sur les dangers d’éthique de cette réalité virtuelle ? Il est certain que la menace est loin d’être virtuelle.


Les problèmes de l'éthique sur la réalité virtuelle

HTC propose son Vive tandis qu’Oculus Rift se prépare à inonder le marché avec ses casques. On a également des initiatives Low Cost avec Google Carboard ou les boites de Happy Meal. Dans quelques années, la va se démocratiser dans tous les domaines. Et elle possède un énorme potentiel pour le divertissement et l’apprentissage. Mais il y a des problèmes d’éthique que les chercheurs doivent résoudre. Thomas Metzinger est un philosophe spécialisé dans les neurosciences à la Johannes Gutenberg University en Allemagne. Il vient de publier un code de conduite sur la réalité virtuelle.

Les risques psychologiques et de dépersonnalisation

La réalité virtuelle nous permet de vivre des immersions poussées à l’extrême. Mais il y a un risque de dépersonnalisation de la personne. Le cerveau humain est facile à tromper. Des expériences ont montré que si une personne, équipée d’un casque de réalité virtuelle, pense qu’une main en caoutchouc est sa vraie main, alors un pincement sur cette fausse main lui semblera bien réel. De plus, la réalité virtuelle possède un bon potentiel de manipulation en se basant sur l’expérience de l’image d’yeux qui vous observe.

Dans une expérience, on avait mis une boite de donations à côté du service de café d’une entreprise. Les résultats ont montré que les gens donnaient davantage s’ils étaient observés même si c’est une simple photo d’yeux. Et si on le superpose dans la réalité virtuelle, alors les implications sur le marketing sont immenses et très dangereuses. Les influences subliminales ne sont pas aussi fortes qu’une manipulation mentale de science-fiction, mais elles seront suffisantes pour faire vaciller le choix de la personne. Et n’oublions pas qu’une torture virtuelle reste de la torture.

Notons que ce chercheur n’est pas contre la réalité virtuelle. Au contraire, la réalité virtuelle peut nous ouvrir de nouveaux horizons, mais nous ne devons pas nous concentrer uniquement sur la technologie et oublier totalement les effets néfastes. Par exemple, il est recommandé de ne pas jouer avec la réalité virtuelle comme dans un jeu de vidéo classique. Il est important de comprendre que quelqu’un, qui reçoit une balle dans Call of Duty dans un environnement de réalité virtuelle, est totalement différent d’une simple partie sur l’écran. L’expérience de la main en caoutchouc doit servir de référence pour imposer des limites en RV. On a aussi l’industrie pornographique qui s’intéresse à la réalité virtuelle et on peut juste imaginer les possibilités. Mais une réalité virtuelle, qui utilise des fantasmes violents dans les relations intimes, peut s’avérer désastreuse sur le plan psychologique.

La réalité virtuelle, les avatars et la morale

Les gens se croient tout permis sur internet. L’anonymat est une plaie. C’est quoi cet internet de sauvages ? C’est le genre de phrases qu’on entend souvent dans la bouche des politiciens et même si cela montre leur ignorance, il y a quelques aspects à considérer. Dans le domaine du sexisme dans le jeu, des expériences ont montré que des personnes se croient tout permis lorsqu’ils utilisent des avatars. On a également l’expérience sur le défi moral de l’invisibilité. Ils deviennent des personnes différentes ce qui explique la toxicité des joueurs dans des titres comme Call of Duty ou League of Legends. Ces joueurs ne sont pas des connards patentés, mais l’avatar du jeu et leur personnage crée une petite dissonance sur leur personnalité.

Et si vous superposez ce concept dans la réalité virtuelle, alors on fait face à de nombreux problèmes tels qu’un harcèlement beaucoup plus nocif et la perte des repères sur ce qu’il faut ou ne pas faire. Le fait d’imposer des limites dans la réalité virtuelle ne signifie pas une censure, mais qu’on doit réfléchir avant de devoir trouver des solutions alors que la technologie sera déjà bien implantée et que les gens refuseront de changer leur comportement.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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