La nuit étoilée disparait à cause de la pollution lumineuse

La superbe lumière de la Voie lactée a inspiré des histoires, des tableaux, des chansons et des poèmes depuis des siècles. Le folklore chinois et japonais nous raconte la Voie lactée comme une rivière séparant 2 amants. Dans les légendes grecques, la Voie lactée est le lait maternel de la déesse Héra. Mais on peut remercier la civilisation moderne, un tiers des personnes sur Terre ne voient plus la Voie lactée à cause de la pollution lumineuse. Cette dernière affecte 80 % de la planète. Ces résultats, faisant partie d’un atlas sur la pollution lumineuse au niveau mondial, montrent que le problème va empirer si on ne prend pas des mesures législatives drastiques.


La pollution lumineuse affecte 80 % du globe et 99 % des américains et des européens. Cela signifie que la nuit étoilée disparait à jamais de notre vision.

Cet atlas est un outil de communication pratique pour ouvrir les yeux de certains selon Travis Longcore, un scientifique de l’université de Southern California à Los Angeles. Longcore étudie l’écologie urbaine. Notre espèce vit une chose horrible. Nous vivons en permanence dans un crépuscule de pollution et nous ne voyons jamais les étoiles.

La s’est intensifiée au cours de la dernière moitié du siècle en augmentant de 6 % chaque année en Amérique du Nord en Europe selon les résultats d’un précédent Atlas crée par les mêmes chercheurs. Cet atlas et la nouvelle étude ont défini des ciels pollués par la lumière artificielle comme ayant une luminosité de 14 et supérieure par mètre carré.

Le nouvel atlas montre que désormais, 80 % du monde subit des nuits affectées par la pollution lumineuse et cela implique 83 % de la population mondiale et près de 99 % des Européens et des Américains. En terme de population, Singapour possède le ciel nocturne le plus pollué de la planète suivi par le Kuwait, le Qatar et les Émirats Arabes Unis. L’Afrique possède le ciel le plus pur du monde. Les 10 ciels les moins pollués sont en Afrique.

Et la pollution lumineuse affecte plus que notre vision de la . De fortes lumières artificielles pendant la nuit provoquent une perturbation dans la migration des oiseaux et chez les pollinisateurs nocturnes tels que les chauves-souris sans oublier des problèmes dans les écosystèmes sous-marins. La pollution lumineuse augmente la production de mélatonine chez les humains provoquant des troubles dans le cycle du sommeil et augmente le risque de certains cancers. Et ces effets vont persister après que les lumières polluantes aient été affaiblies ou supprimées.

On considère qu’on peut résoudre la pollution lumineuse en éteignant simplement les interrupteurs selon Fabio Falchi, chercheur au Light Pollution Science and Technology Institute et co-créateur de l’atlas qui a été publié dans Science Advances. Nous pouvons réduire les niveaux de la pollution lumineuse en éteignant les sources lumineuses, mais les dommages provoqués sont irrémédiables.

En 2001, Falchi et ses collaborateurs ont produit le premier atlas de la pollution lumineuse provenant des données de satellites de l’US Air Force. La création de l’atlas a pris du temps, car les chercheurs avaient d’autres emplois à temps plein. Falchi est un professeur de physique à l’école secondaire. Mais cela a permis aux chercheurs d’obtenir les données de l’instrument Visible Infrared Imaging Radiometer qui a fourni des données mondiales et plus précises. En utilisant 36 ordinateurs et 30 000 mesures du ciel effectuées par des citoyens pour calibrer leur calcul, l’équipe a créé un modèle de pollution lumineuse autour du globe. Le modèle se base sur l’altitude d’un site donné, l’angle à partir duquel la lumière émise des villes frappait l’atmosphère et la réflexion de cette lumière sur Terre par l’atmosphère. L’équipe a créé plus de 30 cartes régionales pour former une carte globale.

Un atlas de la pollution lumineuse au niveau mondial.

Un atlas de la pollution lumineuse au niveau mondial.

L’atlas prédit également ce qui va se produire si on remplace tous les éclairages extérieurs par des LED blancs de 4000-K. Ces LEDS sont plus économes en énergie par rapport aux lampes de sodium à haute pression. Mais les lumières LED émettent plus de lumière dans le spectre bleu comparé aux lampes de sodium. Ces longueurs d’onde bleues sont facilement capturées par l’atmosphère et donc, ces LED vont augmenter considérablement la pollution lumineuse. Et l’oeil humain perçoit mieux la lumière bleue ce qui fait que les gens verront un ciel plus lumineux. L’équipe prédit que la pollution lumineuse va doubler si on continue à adopter ces LEDs à grande échelle. Nous nous concentrons sur la performance de la lumière artificielle et non sur sa qualité selon Falchi.

En plus de protéger la mythologie et la poésie, l’atlas est une première étape pour comprendre l’impact de la pollution lumineuse sur la vie sauvage selon Longcore. La pollution lumineuse provient de différentes sources. Les chercheurs en écologie veulent développer des outils pour l’éclairement horizontal. Ce dernier est la réflexion et la lueur de la lumière artificielle provenant des nuages et des sols sous différentes conditions météorologiques. Longcore estime que cet atlas va permettre d’alerter sur un problème négligé qui est que les humains et la vie sauvage risquent de mettre la Terre dans un état permanent de crépuscule. Il y a près de 15 ans, nous sommes allés à Madagascar qui est l’un des pays qui possèdent le ciel le plus cristallin selon cet atlas. Dans un voyage de nuit sur la route d’une ville appelée Majunga, nous sommes tombés à la renverse en voyant la Voie lactée qui explosait de toute sa lumière et de toutes ses couleurs. C’est un spectacle qu’on n’oublie pas facilement. Et la question se pose : Est-ce qu’il y a des personnes en Europe ou aux États-Unis qui ont déjà vu cette splendeur de la Voie lactée au moins une fois dans leur vie ?

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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