NASA : Un ballon titanesque bat un nouveau record

Pendant 46 jours, un ballon supressurisé de la NASA bat un nouveau record d’endurance. C’est une avancée pour ces ballons qui sont une alternative plus abordable aux satellites.


Un ballon supressurisé de la NASA bat un nouveau record d'endurance

La NASA peut être satisfaite de son dernier ballon supressurisé. Il a battu le record de vol en moyenne altitude pour un grand ballon scientifique. Embarquant près de 532 000 mètres cubes d’hélium avec un diamètre de 114 mètres, le ballon a survolé l’hémisphère sud pendant 46 jours en emportant un télescope de rayon gamma jusqu’aux confins de l’. Mais des baisses de pression nocturne l’ont forcé à mettre fin à son voyage. Mais pour la NASA, c’est une étape de plus pour la construction de ballons supressurisés comme des alternatives abordables aux satellites.

Depuis des décennies, les ballons à pression zéro ont permis aux chercheurs d’étudier la chimie de l’atmosphère, le fond diffus cosmologique et d’autres phénomènes. Mais l’endurance de ces ballons est limitée à certaines altitudes. Pendant le jour, le soleil réchauffe l’hélium en provoquant une expansion du gaz et des fuites. Et pendant la nuit, le ballon se refroidit et il doit lâcher du lest pour éviter de descendre trop bas. Les ballons à pression zéro peuvent uniquement effectuer des vols longs pendant l’été à côté des poles quand la lumière constante du jour leur permet de flotter pendant plusieurs semaines.

Les ballons supressurisés promettent d’être plus endurants à des altitudes tempérées en ouvrant de nouvelles fenêtres sur l’observation. L’hélium de ces ballons est pressurisé, en créant une stabilité qui ne change pas avec le réchauffement ou le refroidissement et cela leur permet de rester à une altitude constante sans lâcher du lest. Ces dernières années, la NASA a lancé plusieurs ballons pressurisés et certains sont restés en vol plus de 32 jours.

Le 17 mai 2016, l’agence a lancé son dernier modèle à Wanaka en Nouvelle-Zélande. Mais la trajectoire du ballon pendant les longues nuits australes et les courtes journées était aussi erratique qu’un ballon à pression zéro. Il a dévié de près de 10 kilomètres rapport à son altitude de croisière de 33 kilomètres à cause d’une possible fuite. Et plutôt que de tourner autour de l’Océan Austral pendant 100 jours comme c’était prévu, le ballon est passé dans le Pacifique du Sud après un seul tour en ayant subi les vents d’un cyclone hivernal qui entoure l’.

Le samedi 2 juillet 2016, la NASA a amené le ballon à côté de la cote du Pérou. Les plans sont de retrouver le ballon et de le décharger dans une zone montagneuse. Une étude sur le ballon permettra à la NASA d’éviter les fuites qui ont provoqué la fin prématurée de l’aventure. Mais le ballon a permis quand même de collecter des données astrophysiques. Il transportait le Compton Spectrometer and Imager (COSI), un télescope de rayon gamma qui analyse les nouveaux éléments qui sont créés dans les supernovas. COSO a observé les rayons gamma émis par le noyau radioactif dans les débris de supernova et il pourra observer les polarisations. Ce sont des observations difficiles aux poles à cause de la radiation gamma d’arrière-plan qui provient des rayons cosmiques et qui sont transférées vers les poles via le de la Terre.

COSI, un instrument léger conçu pour le voyage en ballon, a été capable d’envoyer les données en temps réel au cas où on ne pourrait pas retrouver le ballon. En plus d’étudier les supernovas et d’autres sources gamma, le vol de longue durée lui a aussi permis de détecter un sursaut de rayon gamma. Mais il faudra attendre avant de voir une généralisation de la recherche scientifique à bord de ballons surpressurisés. Les ballons stratosphériques peuvent collecter de grandes quantités de données en étudiant un phénomène comme le fond diffus cosmologique. Et ces données restent à bord et il faut donc s’assurer que les ballons puissent être retrouvés. Mais la NASA s’est engagée pour lancer plus de ballons supressurisés à l’avenir afin de développer la recherche dans ce domaine.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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