Pokémon Go : Qui possède la réalité augmentée ?


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  • Vous voulez attraper tous les pokémons sur le nouveau Pokémon Go ? OK, mais restez loin de mon jardin. Pokémon Go soulève une question inattendue. Quelles sont les limites de la réalité augmentée ? Plutôt, comment définir des barrières dans un monde en réalité virtuelle ?


    Des problèmes inattendus sur l'impact de la réalité augmentée d'un jeu comme Pokémon go sur le monde réel

    Depuis le lancement de Pokémon Go le 6 juillet, le jeu de réalitée augmentée a rencontré un succès foudroyant. Dans le jeu, les joueurs doivent utiliser leur GPS pendant qu’ils marchent afin de chasser les Pokémons et ils doivent visiter des lieux réels tels que des salles d’entrainement et des Stops. On estime que Pokémon Go a déjà dépassé les 15 millions de téléchargements.

    Mais cet enthousiasme provoque des interactions inconfortables dans le monde réel. Un poste de police à Darwin en Australie a demandé aux joueurs d’arrêter de visiter un Pokéstop qui est un endroit où on peut collecter gratuitement les items. Des propriétaires de maison ont été surpris de voir des joueurs qui s’aventuraient aux alentours de leurs propriétés à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit. Et d’autres sont mal à l’aise puisqu’il y a des pokémons qui apparaissent dans des sites sensibles tels que le mémorial et le musée d’Auschwitz-Birkenau ou le mémorial de la Shoah à Washington.

    Nous estimons qu’il n’est pas approprié de jouer à Pokémon Go dans le cimetière national d’Arlington selon une annonce faite sur Twitter par un porte-parole du cimetière des soldats morts au champ d’honneur. Depuis des siècles, notre société est délimitée par des barrières qui délimitent la propriété. Mais qu’en est-il de ces barrières dans un monde en réalité augmenté ?

    L’impossibilité des barrières physiques

    Vous n’avez aucun droit sur un espace virtuel qui pourrait dans ou dehors de votre maison selon Brian Wassom, un avocat au Michigan et auteur d’un livre intitulé Augmented Reality Law, Privacy and Ethics. Les objets virtuels n’existent pas réellement selon cet avocat. Vous pouvez voir des Pokémons dans votre petit écran qui se trouvent au milieu d’une rue ou d’un parc, mais vous voyez simplement des données qui sont stockées dans un serveur et qui sont affichées sur votre téléphone.

    Mais la poursuite judiciaire et une interdiction sont possibles si on utilise le délit de nuisance et de harcèlement. Si un propriétaire est constamment harcelé par des joueurs de Pokémon Go, alors il peut arguer qu’il ne peut plus jouir correctement de ses droits de propriétaire. Et évidemment, les Pokémons sont virtuels, mais pas les joueurs. Si le joueur s’insinue dans votre jardin pour mettre la main sur un Snorlax rare, alors il est coupable de violation de propriété.

    De plus, il y a un cas potentiel de négligence si une entreprise ne résout pas le problème qui est provoqué par son jeu de réalité augmentée selon Emily McReynolds, une directrice de programme au Tech Policy Lab à l’université de Washington. Elle dresse un parallèle sur un cas de problèmes logiciels où une application de tracking envoyait constamment des gens dans une maison en Georgie.

    Une réforme de la législation

    Dans ce type de cas, les procédures judiciaires vont fleurir comme des champignons selon McReynolds. Mais la question est de savoir si elles vont aboutir ou non. Niantec, l’éditeur de Pokémon Go, est très réactif sur les problèmes de leur jeu et c’est dans leur intérêt de résoudre tous les soucis avant que cela aboutisse devant une cour de justice.

    Bientôt selon Wassom, nous verrons des endroits qui utiliseront le personnel de sécurité pour se débarrasser des entraineurs de Pokémons et on verra aussi des interdictions de jeu dans leurs conditions d’utilisation. Les concepteurs de réalité augmentée peuvent s’inspirer de l’application de messagerie Yik Yak. Dans cette dernière, les utilisateurs peuvent créer et lire des discussions à une distance de 10 km. Après plusieurs incidents de harcèlement, l’application a mis en place des géobarrières pour bloquer l’accès aux alentours et dans les écoles.

    Pour éviter des situations telles que des joueurs de Pokémon Go qui se baladent dans le musée de la Shoah, McReynolds suggère que les concepteurs de réalité augmentée discutent avec des joueurs, des législateurs et des entreprises pour éviter ce type de comportement dérangeant. On n’a pas besoin de créer de nouvelles lois, mais de mettre à jour les politiques existantes pour s’assurer que la réalité augmentée respecte les mêmes principes de vie privée et de sécurité que le monde réel.

     




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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

    Pour me contacter personnellement :

    1 Response

    1. Bonjour Houssenia,
      Voila une question très intéressante! Chez RA’pro, nous sommes posé de nombreuses fois la question. Nous avons également organisé des rencontres avec des avocats, des experts du droit et développeurs.
      A chaque fois la réponse était la même, le virtuel n’appartient à personne et aucune loi ne le protège. Mais beaucoup se pose la question.
      Le succès du jeu PokemonGO va peut être accélérer les réponses… A suivre.
      Je vais organiser rapidement une visioconférence pour débattre sur ce sujet.

      Voici quelques liens vers nos articles :
      RA’péro le 28 juin : Droit et Réalité Augmentée
      http://www.augmented-reality.fr/2012/06/rapero-le-28-juin-droit-et-realite-augmentee/
      La réalité augmentée a-t-elle besoin d’un droit spécifique aujourd’hui ?
      http://www.augmented-reality.fr/2015/06/la-realite-augmentee-a-t-elle-besoin-dun-droit-specifique-aujourdhui/
      Brian Wassom, a ‘augmented layer’, speaker at #ARSI2013
      http://www.augmented-reality.fr/2013/01/brian-wassom-a-augmented-layer-speaker-at-arsi2013/

      Amicalement
      Olivier Schimpf

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