jeudi , 23 février 2017
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Clinton et Trump sur la science

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Hillary Clinton et Donald Trump ont mentionné la science plusieurs fois dans leur campagne. Mais quel est leur avis sur les différents domaines scientifiques et l’état réel de la science dans ces domaines ?


Clinton et Trump sur la science
Le site ScienceDebate.org a compilé plusieurs questions sur différents sujets scientifiques qui ont été postés aux différents candidats de l’élection présidentielle. On demande leur avis aux candidats sur l’exploration spatiale, la modification génétique, le changement climatique, la santé, les vaccins et l’éducation des STEM (Science, Technologie, ingénierie et mathématiques).

L’exploration spatiale

Les avis de Trump et Clinton sur l'exploration spatiale

Question : Quelles sont les priorités de l’exploration spatiale pour les États-Unis et quel est le rôle des vols spatiaux privés ?

Hillary Clinton

Clinton a toujours une fan de l’exploration puisqu’elle a voulu être astronaute et que la NASA n’acceptait pas de femmes à l’époque. Mais pour la candidate, la priorité est d’aller sur Mars. Les États-Unis doivent se concentrer sur l’aspect traditionnel de l’exploration spatiale à l’américaine. C’est à dire d’aller toujours plus loin. Elle n’est pas contre l’arrivée du secteur privé avec des entreprises comme SpaceX ou Blue Origin du moment que ces entreprises respectent les standards scientifiques.

Donald Trump

Donald Trump est également un fan de l’exploration. Il estime que l’exploration spatiale va booster l’éducation dans les STEM, créer des millions d’emplois et des milliards de dollars dans l’investissement. Mais Trump a souvent répété que l’exploration spatiale est désormais un luxe qu’on ne peut plus se permettre. J’adore l’espace, l’exploration et ce qu’il représente. Mais pour le moment, nous avons d’autres priorités plus urgentes. Pour Trump, la NASA doit se concentrer sur les nouvelles frontières, mais dans le même temps, il insiste sur la défense et l’économie. Nous devons restaurer notre base économique et notre force militaire. Ensuite, nous pourrons regarder vers d’autres horizons. Trump est favorable au fait que le secteur privé débarque dans l’exploration spatiale.

L’état de la science

Nous avons atteint Pluton, découvert les ondes gravitationnelles et des milliers d’exoplanètes. Nous sommes dans l’âge d’or de l?exploration spatiale et les astronomes veulent soutenir la recherche fondamentale pour construire de nouveaux télescopes et envoyer des sondes vers des mondes lointains. La NASA est en passe de lancer le James Webb, le prochain successeur d’Hubble en 2018 et il prépare déjà le successeur de James Web avec le télescope WFIRST. La NASA vient d’envoyer une sonde pour ramener un échantillon d’astéroïde sur Terre et il se prépare pour le prochain Rover pour Mars ainsi qu’une mission pour Europa, l’une des lunes de Titan.

La NASA est très pessimiste sur l’exploration. On n’a aucune vision, aucune ambition, aucun rêve et aucun budget selon Mike Griffin, ancien administrateur de la NASA, pendant une audience au Congrès. La NASA veut envoyer des humains sur Mars en 2020 tandis que d’autres aspirent à un retour sur la lune. Mais le soutien financier est incertain. En revanche, les entreprises privées continuent de progresser malgré quelques boums ici et là. SpaceX veut aller sur Mars en 2018 tandis que Blue Origin vient de dévoiler l’une des plus grandes fusées jusqu’à ce jour.

La modification génétique

L'avis de Trump et de Clinton sur la modification génétique

Question : Quelles sont les limites nécessaires sur la modification génétique et pourquoi ?

Hillary Clinton

Clinton n’a pas affiché une position publique sur la modification génétique ou les OGM. Je suis pour l’utilisation de semences et de produits qui ont été scientifiquement prouvés. Des graines OGM peuvent sembler un peu du Frankenstein, mais si cela permet de développer l’agriculture dans des zones de sécheresse, alors nous devons les adopter selon Clinton pendant l’une de ses conférences. Mais dans le même temps, Clinton est favorable à l’étiquetage des aliments OGM. Les gens ont le droit de savoir, car cela fait partie de l’indépendance scientifique.

Donald Trump

Trump n’a pas non plus de position officielle sur les OGM. Mais il s’aligne avec les républicains. Il est pour les OGM à 100 % et il est totalement opposé contre l’étiquetage des aliments OGM qui ont été prouvés à maintes reprises par la science.

L’état de la science

La modification génétique a fait des progrès foudroyants en quelques années avec l’arrivée de technologies telles que le CRISPR/Cas9. Les scientifiques pourront bientôt modifier des gènes dans n’importe quel organisme à la demande. Cela inquiète de nombreuses personnes incluant les scientifiques sur les conséquences environnementales et sociales.

Les USA n’ont pas de lois sur le type de modification génétique qu’on peut faire ou non. Mais il y a des lois qui régulent le déploiement des organismes OGM dans l’environnement. Par exemple, la FDA a récemment autorisé un moustique OGM pour combattre le virus Zika. Et en juillet 2016, le président Obama a signé une loi qui nécessite que les produits OGM soient parfaitement identifiés avec des étiquettes. Et c’est là que ça coince. Les candidats en présence n’arrivent pas à comprendre que les OGM sont parfaitement sans danger pour la santé, mais que les organismes génétiquement modifiés sont une autre histoire. Plutôt que de prendre une position ferme au risque de choquer leur lectorat, ils préfèrent se positionner contre le consensus scientifique.

Désormais, les débats doivent se tourner vers les aspects les plus controversés. Notamment la modification génétique dans les embryons humains qui peuvent supprimer définitivement les maladies génétiques. Mais cela pose aussi le risque d’un nouvel eugénisme. Les scientifiques soutiennent ce type de modification génétique, mais on ne doit pas créer de nouveaux nés dans le processus. Une loi fédérale interdit à la FDA de refuser les demandes des scientifiques qui veulent faire des changements héréditaires dans les embryons humains. Cette interdiction permet d’éviter les fameux enfants à 3 parents avec lesquels l’ovule de la mère est transplanté dans l’ovule d’un donneur afin que la mère ne puisse pas passer ses maladies mitochondriales à l’enfant. Cependant, certains scientifiques estiment que cette procédure est éthique dans certaines circonstances.

Le réchauffement climatique

L'avis de Trump et de Clinton sur le réchauffement climatique

Question : Qu’est-ce que les États-Unis doivent faire pour combattre le réchauffement climatique ?

Hillary Clinton

Clinton veut réformer complètement la politique énergétique américaine. Elle veut investir massivement dans les énergies renouvelables. Elle veut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % à l’horizon 2025 et à 80 % vers 2050. Pour atteindre de tels objectifs, Clinton veut un plan énergétique à 60 milliards de dollars pour booster les énergies renouvelables.

Donald Trump

Donald Trump a toujours considéré que le réchauffement climatique est une arnaque. Pour lui, le combat contre le réchauffement impacte négativement l’économie et c’est hors de question. S’il est élu, Trump a déclaré qu’il annulera de nombreuses initiatives d’Obama qui luttent contre le réchauffement climatique. Il veut lever le moratoire sur l’exploitation du charbon et du gaz en estimant que c’est un devoir national d’exploiter des ressources américaines.

L’état de la science

Les mesures par satellite et par les stations terrestres montrent une augmentation nette des températures sur les dernières décennies. Et ce réchauffement est principalement provoqué par l’activité humaine, notamment depuis la révolution industrielle. Le taux de réchauffement a doublé depuis la dernière moitié du siècle et si on ne fait rien, alors il aura des conséquences humaines, sociales et économiques désastreuses.

L’accord de Paris est une étape importante même si les effets concrets sont minoritaires. Actuellement, les États-Unis sont le second émetteur de gaz à effet de serre dans le monde.

La santé

L'avis de Trump et de Clinton sur la recherche médicale et la santé publique

Question : Pour les initiatives de santé publique et de recherche sur les maladies, quelles doivent être les priorités des États-Unis ?

Hillary Clinton

Je m’engage à augmenter le financement sur la recherche biomédicale incluant 2 milliards de dollars par année pour l’Alzheimer. Selon les scientifiques, c’est le montant nécessaire pour trouver un remède contre cette maladie à l’horizon 2025. Elle a également soutenu l’initiative Cancer Moonshot d’Obama en estimant que cela va faire progresser énormément les traitements contre le cancer. Clinton favorise également une augmentation de financement contre le virus Zika. En créant des dispositifs de contrôles des moustiques, mais également des accès sur la contraception et un moyen de développer un vaccin.

Donald Trump

Trump n’a pas de position officielle sur la recherche biomédicale, mais sa cible est le NIH. Il estime que le NIH est une usine à gaz et qu’il gaspille les investissements. Nous ne pouvons pas simplement jeter de l’argent vers ces institutions et espérer qu’elles vont bien servir le pays. Pour l’Alzheimer, c’est une priorité pour Trump, mais les scientifiques ont fait beaucoup moins de progrès que nous l’espérions et c’est inacceptable. Le père de Trump avait la maladie d’Alzheimer. Concernant Zika, Trump estime qu’un bon paquet d’insecticides fera l’affaire pour s’en débarrasser. Il a surtout salué le travail de Rick Scott, le gouverneur de Californie, pour combattre le virus.

L’état de la science

Le NIH a investi 32,3 milliards de dollars dans la recherche biomédicale pendant l’année fiscale 2015/2016. Il est vrai que ces investissements ne sont pas correctement distribués puisque chaque groupe de recherche prêche pour sa paroisse de maladie. Mais étant donné que les gens vivent plus longtemps qu’il y a 50 ans, l’investissement pour l’Alzheimer est en augmentation.

Le NIH dépense également beaucoup sur la lutte contre le cancer, mais certains scientifiques alertent sur cette approche parce qu’on se concentre sur des maladies précises plutôt que d’avoir une vision d’ensemble. La recherche fondamentale est totalement négligée. Sur la santé publique, c’est le virus Zika qui est au centre des préoccupations. C’est désormais un problème national aux États-Unis avec plus de 18 000 personnes infectées sur le territoire américain au début de septembre.

Les vaccins

L'avis de Trump et de Clinton sur les vaccins

Question : Quelle est votre position sur les vaccins ?

Hillary Clinton

Sur Twitter, Clinton avait déclaré que la terre est ronde, le ciel est bleu et que les vaccins fonctionnent. Elle a aussi répondu clairement à cette question en appelant à plus d’éducation pour inciter les parents à vacciner leurs enfants.

Mais la position de Clinton n’était pas très claire à une époque. En 2008, un journal appelé Age of Autism lui avait soumis un questionnaire. Et Clinton avait déclaré qu’il faut investir dans la recherche pour découvrir les causes de l’autisme incluant les vaccins. J’ignore le lien entre le vaccin et l’autisme, mais on doit éclaircir ce point. Clinton a changé d’avis depuis, mais cela montre qu’elle reste une politicienne avec des avis scientifiques en girouette.

Donald Trump

Trump est dans un état de superposition quantique sur les vaccins. Cela dépend de son humeur, car il peut être pro ou anti. En 2014, il avait déclaré que de jeunes enfants vont chez les médecins, reçoivent une dose massive de vaccins, l’enfant ne se sent pas bien et boum, voilà l’autisme.

Mais il revient sur sa position. Toujours en 2014, il nous dit qu’il n’est pas un anti-vaccin, mais qu’il faut arrêter d’injecter autant de vaccins en une seule fois. Il faut les espacer dans le temps. Il ne mentionne pas le lien entre l’autisme et le vaccin dans sa campagne, mais il a admis qu’il avait ralenti la vaccination de Barren, son plus jeune fils. Mais en tant que président, il a affirmé qu’il soutiendrait les vaccins et qu’il investira pour éduquer les gens.

L’état de la science

Les vaccins ont éradiqué des dizaines de maladies. On n’a plus eu de cas de variole aux USA depuis 60 ans. La polio a été éradiquée et les morts provoquées par la rougeole sont en baisse. De plus, on a des vaccins qui protègent contre la varicelle et le cancer du col de l’utérus. Actuellement, les enfants reçoivent plus de vaccins qu’il y a 20 ans, 14 vaccins différents à l’âge de 2 ans comparés à 9 autrefois. Mais les vaccins actuels contiennent moins de particules virales qui pourraient poser des problèmes au système immunitaire.

Mais les parents sont pris d’une véritable frénésie d’anti-vaccination. En 2013, 87 % des pédiatres ont rapporté que des parents refusaient certains vaccins pour leurs enfants. C’est en augmentation par rapport aux 74,5 % en 2006. En 2013, un rapport de l’institut de Médecine n’a trouvé aucune preuve que la planification des vaccins puisse représenter un danger. En fait, l’espacement de la vaccination mettrait en danger les enfants.

Les scientifiques n’ont trouvé aucune preuve entre le vaccin et l’autisme. Mais le nombre d’enfants avec l’autisme a augmenté de 1 pour 150 en 2002 à 1 pour 68 en 2012. Les scientifiques ne comprennent pas encore ce qui provoque cette augmentation, mais après plus de 10 ans de recherche et 1 milliard de dollars investis pour trouver un lien entre la vaccination et l’autisme, la conclusion des scientifiques est : Il n’y a absolument aucun lien entre les deux. La chaine Youtube Raisonnance a publié une vidéo très claire sur les vaccins, l’autisme et les coincidences.

L’éducation des STEM

L'avis de Trump et de Clinton sur l'éducation des STEM (Science, Technologie, Ingénierie, Mathématiques)

Question : Qu’est-ce que vous feriez pour l’éducation des STEM aux États-Unis ?

Hillary Clinton

Clinton est favorable au STEM pour l’éducation K-12 (école primaire et secondaire), mais elle se concentre sur la technologie. Les Clintons sont très proches des entreprises de la Silicon Valley et elle veut amener l’informatique au plus près des écoles. Chaque étudiant en Amérique doit pouvoir apprendre l’informatique. Elle plaide également pour la création d’écoles pour les étudiants issus des minorités.

Pour booster les champs du STEM, elle veut promouvoir les partenariats avec les programmes de recherche universitaire, les écoles K-12 et les MakerSpaces (Des espaces où tout le monde peut créer et apprendre). Elle soutient également les compétitions de robotique et les nano-diplomes qui sont des certifications pour des talents particuliers tels que le machine learning ou l’analyse de données.

Donald Trump

Trump ne s’est pas exprimé officiellement sur l’éducation scientifique en estimant qu’il y a suffisamment de programmes de STEM, mais que le gouvernement fédéral doit les rendre accessibles au plus grand nombre. Mais le plus grand problème pour Trump est d’avoir une éducation K-12 de proximité. En janvier 2016, il a plaidé pour la réduction de financement du Département de l’éducation en estimant que les écoles doivent gérer au niveau local. En gros, c’est à chaque ville de se débrouiller. Et il estime que le STEM n’est pas prioritaire, car la base commune est un désastre. Par base commune, il parle du niveau de lecture et de mathématique. Les États-Unis sont classés 28e dans la base commune, 28e, et nous avons dépensé plus que n’importe qui dans l’éducation et on n’est même pas foutu d’être deuxième !

En mars 2016, Trump a indiqué qu’il voulait que Ben Carson, son ancien rival républicain, soit très impliqué dans l’éducation et qu’il est un expert dans son domaine. C’est une façon de voir les choses… Ben Carson est un neurochirurgien à la retraite et il estime que la théorie de l’Évolution est devenue ce qu’on appelle du politiquement correct sur le plan scientifique. Il envisage d’écrire un livre qui réfute l’évolution et il ne croit pas non plus au Big Bang en estimant que c’est totalement ridicule.

L’état de la science

Les États-Unis sont au milieu de tableau sur l’éducation STEM, 35e dans les mathématiques et 27e en science sur 64 pays. Le nombre de femmes et de minorités manque cruellement dans les STEM. Un nombre égal de filles et de garçons ont passé des tests sur le calcul et les statistiques en 2012 et 59 % des AP en biologie étaient des filles. Mais l’informatique est délaissée par les femmes (seulement 18 %) et la physique (23 à 35 % de femmes). Il y a encore beaucoup de disparités raciales dans ces domaines.

Et le problème n’est pas uniquement l’égalité. Les femmes en STEM gagnent 33 % de plus que celles qui sont dans les autres domaines et c’est un progrès pour combler le fossé salarial. Les demandes dans les STEM augmentent et le département de science de la Maison Blanche estime qu’on ne peut pas accepter que la moitié de la population n’ait pas accès à ces opportunités de ces différentes disciplines scientifiques.

 

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A propos de Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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