Un seul exode de l’Afrique a donné naissance à la plupart des non-Africains

Des études suggèrent qu’il y a eu une seule vague massive de migration depuis l’Afrique qui a permis de donner naissance à la plupart des non-Africains d’aujourd’hui.


Des études suggèrent qu'il y a eu une seule vague massive de migration depuis l'Afrique qui a permis de donner naissance à la plupart des non-Africains d'aujourd'hui.

Ces accompagnés de quelques Neandertal ont quitté l’Afrique il y a de 50 000 à 72 000 ans et ils se sont propagés dans le monde selon les conclusions de plusieurs études. On a d’abord 3 études qui ont analysé le patrimoine génétique de près de 787 personnes provenant de 270 populations à travers le monde. Malgré quelques différences, ces études estiment qu’il y a une seule vague de migration. Cependant, on trouve encore du patrimoine génétique, provenant de migrations précédentes, chez les modernes. Une 4e étude pointe sur le rôle du climat qui a pu jouer un rôle dans les précédentes migrations.

Les scientifiques débattent encore de l’époque précise où les humains modernes ont quitté l’Afrique et le nombre de vagues de migrations. Des preuves archéologiques suggèrent qu’il y avait déjà des humains modernes en Asie il y a déjà 80 000 ans. De l’ADN humain provenant de Neandertal indique qu’il y avait des humains qui se sont accouplés avec les Neandertal à l’extérieur de l’Afrique il y a déjà 110 000 ans. Mais ces premiers humains sont morts trop tôt pour avoir passé leur ADN aux générations futures. C’est pourquoi la vague massive de migration datant de 50 000 ans est l’origine la plus probable de tous les aujourd’hui.

Les études précédentes utilisaient des preuves archéologiques et des fossiles pour comprendre la colonisation humaine du monde. Les nouvelles études génétiques pourraient changer l’image d’ensemble. Ces études suggèrent qu’il y avait déjà des petits groupes de personnes qui ont quitté l’Afrique il y a 120 000 ans, mais leur patrimoine génétique ne subsiste pas chez les non-Africains modernes.

Une autre étude révèle que des restes d’un exode précoce de l’Afrique existent toujours dans les génomes des Papous modernes. 2 % du génome des Papous peuvent être remontés à un petit groupe d’humains qui a quitté l’Afrique il y a 120 000 ans. La 3e étude se concentre sur l’historique génétique des aborigènes d’Australie et des Papous provenant de la Nouvelle-Guinée. Dans ces groupes, on n’a pas trouvé de trace de migration datant de 120 000 ans, mais l’hypothèse n’est pas à écarter selon les chercheurs, car les analyses sont encore loin d’être complètes.

La carte de la migration humaine depuis l'Afrique vers le reste du monde.

La carte de la migration humaine depuis l’Afrique vers le reste du monde.

En résumé, on peut dire que les ancêtres de Papous et des Australiens proviennent d’une migration en petit nombre. En revanche, la vague massive de migration est partie de l’Afrique pour s’installer au Moyen-Orient. De ce fait, ces ancêtres des Européens et des Asiatiques sont restés au Moyen-Orient pendant des milliers d’années avant de se séparer dans des petits groupes qui sont allés vers l’Asie et l’Europe. Mais si ce groupe s’est cantonné à l’Europe et l’Asie, alors le premier groupe, plus ancien, a continué son exploration et cela explique pourquoi ils ont atteint l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Les chercheurs saluent l’efficacité des études génétiques pour permettre une datation plus précise et distincte des différentes migrations. Mais certains scientifiques estiment que les techniques génétiques ne sont pas encore parfaites et qu’il ne faut pas se précipiter sur les conclusions. Mais malgré le désaccord, la plupart des chercheurs s’accordent sur les conclusions d’une migration massive qui a fini en Europe et en Asie tandis qu’une autre a continué sa route vers l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Malgré les bons résultats de ces études, une 4e étude vient mettre son grain de sel. Cette dernière se concentre sur l’aspect climatique et leurs auteurs estiment que la période de départ était la pire pour une migration aussi massive. En effet, tous les 20 000 ans, l’axe de la terre subit des oscillations et cela provoque des changements massifs dans la végétation et le climat. Ces changements ont créé successivement des régions luxuriantes depuis le nord de l’Afrique vers la péninsule arabique, mais ces mêmes changements ont transformé ces zones en véritables déserts.

Axel Timmermann et Tobias Friedrich de l’université d’Hawaii sont les auteurs de cette étude climatique. Ils ont créé un modèle informatique pour prédire la période et l’endroit pour une migration la plus facile possible. Et en se basant sur la migration datant de 60 000 et 70 000 ans, l’étude climatique conclut que cette hypothèse est improbable, car à cette époque, le nord de l’Afrique était un véritable désert. En fait, c’était même l’une des pires sécheresses de l’histoire et donc, que le corridor vers la péninsule arabique était complètement fermé.

Les conditions climatiques favorables pour une migration se situent de 107 000 à 95 000 ans et 90 000 à 75 000 ans. La prochaine fenêtre ne s’est pas produite avant 59 000 ans, mais à cette époque, les humains avaient déjà atteint l’Australie. De plus, les études génétiques ne prennent pas en compte le retour vers l’Afrique selon Timmermann. Ce va-et-vient et les accouplements qui vont avec n’auraient pas crée de différences entre les Africains et les non-Africains. La seule manière de créer une différence est que les changements climatiques ont transformé l’Arabie en un véritable désert ce qui a coupé la route pour le retour vers l’Afrique. De ce fait, les études génétiques donnent des pistes, mais elles ne résolvent pas totalement le mystère de la colonisation humaine.

Les 4 différentes études : Analyse génomique des migrations vers l’Eurasie, Historique génomique des aborigènes d’Australie, Analyse de 300 génomes provenant de 142 populations, Analyse climatique de la migration depuis l’Afrique.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

1 réponse

  1. Kall dit :

    Bonjour,

    Vous n’évoquez même pas le goulot d’étranglement génétique situé il y a 74 000 ans…

    Quand à cette partie « On a d’abord 3 études qui ont analysé le patrimoine génétique de près de 787 personnes provenant de 270 populations à travers le monde. »
    Que faites vous des millions de résultats effectuez par le « Genographic project » ?

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