3 études psychologiques échouent sur le test de reproductibilité

3 études psychologiques ont échoué sur le test de reproductibilité. Parmi ces études, il y a des hypothèses qui sont largement acceptées par le public et leur échec de reproductibilité jette une ombre sur la psychologie.


3 études psychologiques ont échoué sur le test de reproductibilité. Parmi ces études, il y a des hypothèses qui sont largement acceptées par le public et leur échec de reproductibilité jette une ombre sur la psychologie.

En l’espace de quelques mois, plusieurs études psychologiques n’ont pas pu être reproduites et cela jette une ombre sur la , mais ces échecs permettent également de nettoyer la de la tendance de Publier ou mourir. En aout 2015, le projet Reproductibility a analysé 100 études qui ont été publiées dans des revues prestigieuses de psychologie et l’analyse a révélé que seuls 30 % des études avaient pu être reproduites. Les psychologues ont tenté de se justifier que les études psychologiques incluent beaucoup de paramètres et qu’on ne peut pas prétendre à une précision qu’on peut espérer dans la biologie ou la physique. Mais cela a incité des chercheurs à lancer des tests de reproductibilité sur les principales études psychologiques. Et 3 d’entre elles ont échoué aux tests.

Souriez pour être heureux

En 1988, une étude psychologique a proposé l’hypothèse de la réaction faciale. Quand on force l’expression faciale, alors l’humeur va changer en conséquence. Si vous vous forcez à sourire pendant une fête, alors vous allez plus joyeux à cette fête. Dans l’expérience originale, les chercheurs ont incité les sujets à lire la bande dessinée The Far Side avec un crayon entre les dents (pour les forcer à sourire) ou entre les lèvres (pour faire la moue). Les chercheurs rapportaient que ceux, qui avaient un sourire forcé, appréciaient mieux la bande dessinée humoristique.

Selon que vous souriez ou grimacez, votre humeur réagira en conséquence. Désormais, on sait que cet effet est quasi-absent.

Selon que vous souriez ou grimacez, votre humeur réagira en conséquence. Désormais, on sait que cet effet est quasi-absent.

Des chercheurs de l’université d’Amsterdam ont effectué une méta-analyse sur 17 laboratoires qui avaient fait des expériences sur l’. Sur les 17 laboratoires, 9 laboratoires ont rapporté des résultats qui confirment l’hypothèse, mais la différence est beaucoup plus faible. Cela signifie que la différence de l’humeur, avec un sourire forcé, est beaucoup moins importante. Et si on ajoute les 8 autres laboratoires qui ont échoué à reproduire l’hypothèse de base, alors la signification statistique de l’hypothèse est proche de zéro.

L’ n’existe pas

L'Ego Depletion, l'hypothèse que la volonté peut s'épuiser, ne semble pas exister.

L’Ego Depletion, l’hypothèse que la volonté peut s’épuiser, ne semble pas exister.

En 1998, des chercheurs ont proposé l’hypothèse de l’Ego Depletion. Elle prétend que notre volonté est comme un muscle et donc, qu’il peut se fatiguer. Par exemple, des sujets ont été forcés de manger des radis plutôt que des chocolats et ensuite, on leur a demandé de résoudre des énigmes. Les personnes, qui avaient mangé les radis (donc, ils ont forcé leur volonté), avaient dû mal à réussir les énigmes. Au fil des années, l’Ego Depletion est devenu l’une des principales tendances en psychologie, notamment dans les pays anglo-saxons. On pouvait acheter des livres et des formations pour muscler notre volonté.

En janvier 2016, des chercheurs de l’université de Curtin ont proposé une méta-analyse sur plus de 23 études sur l’hypothèse de l’Ego Depletion. Les résultats sont édifiants puisqu’ils montrent que l’Ego Depletion n’existe quasiment pas ou que sa valeur est tellement faible qu’elle n’a aucune validité scientifique.

? Quel ?

L'un des chiens d'Ivan Pavlov, un psychologue qui avait démontré l'effet de blocage.

L’un des chiens d’Ivan Pavlov, un psychologue qui avait démontré l’effet de blocage.

L’effet de blocage est assez connu en psychologie et il est lié à l’apprentissage avec des stimulus. Par exemple, on expose une souris à un stimulus tel que la lumière. Ensuite, on associe ce stimulus à de la nourriture. La souris va associer la lumière et la nourriture et elle va donc saliver. Mais l’effet de blocage intervient quand on inclut un second stimulus tel que du son. Même si on associe le son et la nourriture, la souris ne va pas broncher, car elle a déjà associé la lumière et la nourriture. Les implications sur l’apprentissage sont assez considérables.

Mais une méta-analyse sur 15 études a échoué à reproduire les résultats. Les chercheurs ajoutent que cela ne prouve pas que l’effet de blocage n’existe pas, mais que l’apprentissage est une chose beaucoup plus complexe. L’idée principale derrière l’effet de blocage est qu’une récompense par surprise améliore l’apprentissage par rapport à des expériences conventionnelles. Et on le voit dans le cerveau. Notre niveau de dopamine, une substance chimique liée au plaisir, augmente quand nous obtenons des récompenses surprenantes.

On l’a déjà mentionné, ces méta-analyses qui débarquent à la pelle veulent nettoyer la psychologie de ses études douteuses et résoudre la crise de reproductibilité qui touche également d’autres secteurs. Et les choses sont en train de changer. Il y a 10 ans, il était impensable de publier des études avec des résultats négatifs par rapport à l’hypothèse de départ et aujourd’hui, on en voit de plus en plus.

Parmi les solutions proposées, on a l’enregistrement des essais cliniques, de leurs méthodes et des résultats possibles avant même la publication de l’étude. Cela permet d’éviter que les chercheurs tombent dans le biais de confirmation en sélectionnant uniquement les résultats qui sont uniquement favorables à leurs hypothèses. Du moment que l’essai clinique est enregistré au préalable, les chercheurs doivent publier quel que soit le résultat. Ce type de norme est surtout valable pour les essais cliniques sur les humains, mais son intégration dans d’autres disciplines scientifiques réduirait énormément les études qui sont trop positives et qui ne sont pas reproductibles.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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