Le chimpanzé et les bonobos se sont accouplés et échangé leurs gènes

Les chimpanzés et les bonobos sont bien plus proches qu’on pensait. Les bonobos ont donné leurs gènes aux chimpanzés 2 fois pendant les 2 derniers millions d’années.


Les chimpanzés et les bonobos sont bien plus proches qu'on pensait. Les bonobos ont donné leurs gènes aux chimpanzés 2 fois pendant les 2 derniers millions d'années.

Les chimpanzés et les bonobos se sont souvent accouplés en captivité et les bonobos sont connus pour leur liberté sexuelle. Mais on ne s’attendait pas à voir ce croisement chez des individus à l’espèce sauvage. Les 2 espèces se sont séparées il y a de 1,5 millions à 2,1 millions d’années pendant la formation de la rivière du Congo. Les bonobos sont restés cantonnés dans le système de la rivière et ils ont été séparés par 2 sous-espèces des chimpanzés, ceux de l’est et du centre.

Les scientifiques supposaient que la rivière était une barrière impénétrable. Mais il s’avère que les 2 espèces se sont accouplées plusieurs fois même si on ignore comment ça s’est produit. Les travaux ont été menés par Christina Hvilsom du zoo de Copenhague au Danemark. Les scientifiques ne cherchaient pas des preuves génétiques d’un accouplement inter-espèce. Ils cartographiaient des marqueurs génétiques qu’on pouvait utiliser pour identifier des chimpanzés qui sont vendus sur le marché noir.

Mais quand ils ont comparé les génomes des chimpanzés avec ceux des bonobos, ils ont trouvé des signes clairs de gène de Bonobos. Ils ont d’abord pensé que c’était une erreur, mais ils ont continué à voir ces gènes par la suite. La preuve génétique montre que le génome du possède moins de 1 % de gènes appartenant à des bonobos. On estime qu’un premier contact a eu lieu il y a environ 200 000 à 550 000 ans et qu’un second contact s’est produit il y a moins de 200 000 ans.

On ignore si ces contacts se sont produits de manière progressivement pendant ces périodes ou que c’est des accouplements brusques et discrets. Et les humains sont également partisans de l’accouplement interespèce. On sait que les homos sapiens se sont accouplé avec les Neandertals et qu’il y a des hypothèses qui suggèrent que ces gènes du Neandertals contribuent au risque de dépression et d’allergies chez les humains, notamment les Européens.

Selon Hvilsom, on sait que l’intercroisement a joué un rôle dans l’ humaine et on sait maintenant qu’il a aussi contribué dans l’ des grands singes. Cette preuve, qu’on a découverte par hasard, doit inciter les chercheurs à être prudents quand ils construisent des arbres généalogiques des formes de vie en tenant compte uniquement d’un accouplement direct.

Source : Revue Science

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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