jeudi , 23 février 2017
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Les rétrovirus datent de 500 millions d’années

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Une recherche de l’université d’Oxford suggère que les rétrovirus datent au moins de 500 millions d’années et qu’ils ont des origines marines dans leur hôte pendant leur transition évolutionnaire de la mer vers la terre.


Les rétrovirus datent de 500 millions d’années
Les découvertes, publiées dans la revue Nature Communications, vont permettre de comprendre la course aux armements entre les virus et leurs hôtes. 1  Le Dr Aris Katzourakis de l’université d’Oxford a déclaré qu’on connait très peu de choses sur les origines des rétrovirus principalement à cause de l’absence de fossiles géologiques. Les rétrovirus sont largement présents chez les vertébrés et ils peuvent se transmettre entre les hôtes en provoquant l’apparition de nouvelles maladies telles que le VIH. On sait également que les rétrovirus peuvent sauter entre des hôtes distants tels que les oiseaux et les animaux. Mais jusqu’à présent, on pensait que les rétrovirus dataient d’environ 100 millions d’années.

La recherche montre que les rétrovirus datent au minimum de 450 millions d’années et qu’ils sont apparus avec et même avant leurs hôtes vertébrés dans l’ère du Paléozoïque précoce. De plus, les rétrovirus étaient présents chez nos ancêtres vertébrés avant la colonisation de la terre et ils les ont accompagnés durant cette transition de la mer vers la terre jusqu’à aujourd’hui.

Les rétrovirus sont une famille de virus qui inclut le virus VIH qui est responsable du SIDA. Les rétrovirus peuvent également provoquer des cancers et des immunodéficiences chez de nombreux animaux. La partie « rétro » provient du fait qu’ils sont composés d’ARN qu’ils vont convertir en ADN en s’insérant dans le génome de leur hôte ce qui est le contraire du flux normal de l’information dans une cellule. Cette propriété fait qu’ils peuvent se transmettre comme des rétrovirus endogènes (des rétrovirus avec une origine interne) en formant un fossile génomique virtuel qu’on peut utiliser pour retracer leur origine évolutionnaire.

Cette recherche a utilisé des séquences de génome provenant de rétrovirus endogène qui ressemble aux Spumavirus. Ces derniers est un groupe de virus qui tendent à diverger à côté de leur hôte. Les Spumavirus sont fréquents chez les mammifères et dans cette étude, les chercheurs ont déterré des fossiles génomiques de rétrovirus ressemblant à des Spumavirus chez de nombreux hôtes incluant des poissons avec des nageoires à rayon et des amphibiens.

Pendant leur recherche, les scientifiques ont surmonté les principales limitations pour étudier l’histoire évolutionnaire des virus qui est leur évolution rapide. Cette capacité facilite la reconstruction de l’historique récent des virus, mais elle obscurcit leur passé plus distant. Mais un nouveau modèle dans cette recherche combiné avec les fossiles génomiques de ces virus ressemblant à des Spumavirus a permis aux chercheurs de découvrir un ralentissement apparent à mesure qu’ils remontaient à leur origine.

Selon le Dr Katzourakis, ces découvertes montrent que ce groupe de virus, important sur le plan médical, date au moins de 500 millions d’années. Ils datent de l’origine des vertébrés et cela nous donne un contexte dans lequel nous devons considérer l’activité présente de l’interaction des rétrovirus avec leurs hôtes. Par exemple, nous avons besoin de considérer l’adaptation que les vertébrés ont développée pour combattre les virus et les contre-mesures virales correspondantes comme le résultat d’une course aux armements qui dure depuis plusieurs centaines de millions d’années.

Notre date probable de l’origine des rétrovirus coïncide avec celle de l’immunité adaptative et on peut donc penser que les rétrovirus ont joué un rôle important dans l’émergence de cet outil crucial pour la défense antivirale des vertébrés. Et à mesure que nous comprendrons la nature des interactions entre les virus et l’immunité des hôtes, nous serons mieux préparés pour intervenir dans cette course aux armements pour développer de nouveaux traitements. Et à mesure que nous aurons une image de plus en plus claire des origines des différents groupes de virus qui nous infectent aujourd’hui, alors nous finirons par comprendre le mystère de leur origine ultime.

Sources

1.
Aiewsakun1 P, Aris Katzourakis1  &, A. H, et al. Marine origin of retroviruses in the early Palaeozoic Era. Nature Communications. http://www.nature.com/articles/ncomms13954. Published January 10, 2017. Accessed January 10, 2017.
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A propos de Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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