mardi , 17 janvier 2017
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Pas de solution miracle contre l’obésité

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Une étude vient contredire de précédentes recherches sur l’obésité. L’hypothèse est qu’il n’y a pas une seule solution miracle contre l’obésité et qu’il y a de nombreux facteurs convergents que ce soit sur l’alimentation ou l’environnement. Cependant, cette étude estime que la pauvreté est le facteur prédominant sur le risque d’obésité.


Pas de solution miracle contre l’obésité
Le mois de janvier est propice pour se remettre des repas festifs des fêtes de fin d’année. Et une nouvelle recherche suggère que le fait de cibler un seul aspect de l’alimentation ou de l’environnement est inefficace pour lutter contre l’obésité contrairement aux conclusions de précédentes études médicales. La recherche, menée par l’University of Exeter Medical School, suggère qu’il y a beaucoup d’aspects de l’environnement, du mode de vie et du comportement qui interagissent avec les gènes d’une personne qui va influencer sa silhouette et que la pauvreté est le facteur prédominant.

Les résultats contredisent certaines études qui concluaient que la lutte contre l’obésité doit se concentrer pour réduire la consommation des boissons gazeuses ou des aliments frits et c’est suffisant pour perdre du poids, notamment chez les personnes qui sont vulnérables à l’obésité. Mais cette recherche estime qu’il est prématuré de suggérer que des aspects précis du comportement ou de l’environnement peuvent être ciblés pour réduire efficacement les niveaux d’obésité chez les personnes vulnérables.

Dr Jessica Tyrrell, qui a mené la recherche, a déclaré : Nos résultats suggèrent qu’on ne doit pas viser un seul aspect alimentaire ou environnemental. Il n’y a pas de solution miracle pour réduire le risque d’obésité. Il est incorrect de suggérer des mesures de santé qui vont cibler l’alimentation frite, les boissons gazeuses ou encore le fait de regarder la télévision. Au lieu, les données suggèrent que les mesures de prévention doivent modifier tous ces aspects à différents niveaux pour avoir plus d’impact sur l’obésité et la réduction des diabètes de type 2.

Sur le plan génétique, certaines personnes sont vulnérables à l’obésité ou au développement du diabète de type 2 dans notre société moderne de consommation. Mais on savait peu de choses sur l’interaction des gènes avec l’environnement moderne et le comportement humain qui faisait que certaines personnes devenaient obèses tandis que d’autres restaient minces.

L’étude, publiée dans la revue International Journal of Epidemiology, a utilisé les données de 120 000 personnes de l’UK Biobank. Au Royaume-Uni, l’obésité affecte 1 adulte sur 4 et 1 enfant sur 5 âgés de 10 à 11 ans selon le NHS. L’obésité augmente le risque de diabète de type 2, des maladies coronariennes, des cancers et des AVC.

L’étude conclut que la pauvreté est probablement liée à de nombreux facteurs en reflétant les influences socio-économiques sur le régime et l’activité sportive. Les études précédentes ont montré que dans les pays riches, les personnes provenant de milieux sociaux plus pauvres couraient plus de risques d’être obèse. Mais l’étude actuelle fournit la preuve la plus solide que ces effets de pauvreté sont encore plus forts chez les personnes qui sont prédisposées génétiquement à l’obésité. Ce type d’étude est possible depuis la découverte de variantes génétiques qui altèrent l’indice de masse corporel (IMC).

L’équipe a trouvé la première preuve robuste que les personnes, qui subissent des circonstances socioéconomiques défavorables et ayant un risque génétique élevé, étaient beaucoup plus obèses. Les différences ne vont pas propulser les personnes dans le royaume de l’obésité, mais ils vont prendre quelques kilos de plus et c’est une contribution significative dans le développement de l’obésité dans le futur.

Les auteurs ont découvert que, chez la partie la plus pauvre de la population possédant 10 facteurs génétiques à risque, l’obésité était associée à 3,8 kg supplémentaires chez une personne d’une hauteur de 1,73 mètre. Chez la partie la plus riche de la population avec le même nombre de facteurs à risque et de la même taille, on avait un surplus de 2,9 kg. Pour le professeur Tim Frayling qui a supervisé l’étude, cette recherche montre l’importance de créer des politiques de lutte contre l’obésité en se basant sur des preuves. Notre étude suggère que les gènes et l’environnement peuvent interagir pour créer un double impact, mais surtout, elle souligne sur le fait qu’on ne peut pas réduire l’obésité à des facteurs individuels sur le plan environnemental et alimentaire. Les grandes bases de données génétiques permettent d’avoir une vision ensemble et beaucoup plus précise du problème.

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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