Des doutes sur la survie de plusieurs espèces de primates

Un rapport détaille les menaces qui pèsent sur la majorité des primates non humains dans le monde. Les singes, les tarsiers, les lémuriens, les loris disparaissent à toute vitesse dans le monde entier.


Quelques uns des primates qui sont menacé d'extinction ou ayant une population sur le déclin. Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du centre en haut, on a le singe à nez retroussé, le lémurien Catta, le Rhinopithèque de Roxellane, le gorille des montagnes et le gibbon à joues blanches - Crédit : Paul Garber, Matthias Appel, Ruggiero Richard, Fan Peng-Fei.
Quelques uns des primates qui sont menacé d'extinction ou ayant une population sur le déclin. Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du centre en haut, on a le singe à nez retroussé, le lémurien Catta, le Rhinopithèque de Roxellane, le gorille des montagnes et le gibbon à joues blanches - Crédit : Paul Garber, Matthias Appel, Ruggiero Richard, Fan Peng-Fei.

60 % des espèces de sont menacés d’ et 75 % subissent un déclin de leur population. C’est la dernière heure pour de nombreuses espèces selon Paul Garber, professeur d’anthropologie de l’université de l’Illinois qui a mené l’étude avec Alejandro Estrada de la National Autonomous University au Mexique. Plusieurs espèces de lémuriens et de singes tels que le lémurien Catta, le Colobe bai d’Iringa, le au nez retroussé du Yunnan, le Semnopithèque de Cat Ba et le gorille de Grauer souffrent d’une population qui diminue à toute vitesse. Dans le cas du gibbon d’Hainan, une espèce de singe de Chine, il ne reste que 30 individus.

L’orang-outang de Sumatra a perdu 60 % de son habitat de 1985 à 2007 selon Garber. Ces espèces font face à de nombreux dangers allant de chasse jusqu’à la perte de l’habitat à cause de l’urbanisation en passant par la déforestation et la construction de routes et de mines. Ces primates sont principalement situés dans des pays tels que la Chine, Madagascar, l’Indonésie, la Tanzanie et la République démocratique du Congo. Ces espèces de primate vont disparaitre totalement dans les 25 prochaines années à moins que leur protection devienne une priorité globale. Et on a cité seulement quelques espèces, car la plupart des primates non humains dans le monde font face aux mêmes menaces.

Un petit singe Patas - Credit: © Conservation International/photo by Russell A. Mittermeier

Un petit singe Patas – Credit: © Conservation International/photo by Russell A. Mittermeier

Seulement 4 pays, le Brésil, l’Indonésie, Madagascar et la République démocratique du Congo, abritent deux tiers des espèces de tous les primates. Ces pays doivent donc être des cibles prioritaires pour la protection et peut-être l’inversion de la tendance de leur extinction. La perte de l’habitat est provoquée par la construction des routes, de l’industrie minière, de l’exploitation forestière et de l’agriculture avec la chasse et le commerce illégal des animaux. Ces deux derniers facteurs sont souvent associés à une démographie croissante et la pauvreté des communautés avoisinantes.

Le combat contre la pauvreté locale et la réduction de l’augmentation de la population sont des composants nécessaires pour la protection des primates. On doit construire des économies se basant sur la préservation des forêts et de leurs habitants et on doit également élargir les opportunités éducatives pour les femmes pour qu’elles participent davantage contre les menaces sur ces animaux. Parmi tous les facteurs, l’empreinte agricole humaine est la plus dévastatrice.

En haut, les pays qui possèdent le plus d'espèces de primates. En bas, le pourcentage d'espèces de primates qui sont menacés -Credit: Estrada et al. Sci. Adv.2017;3:e1600946

En haut, les pays qui possèdent le plus d’espèces de primates. En bas, le pourcentage d’espèces de primates qui sont menacés -Credit: Estrada et al. Sci. Adv.2017;3:e1600946

Les pratiques agricoles perturbent et détruisent l’habitat vital de 76 % de toutes les espèces de primate sur la planète selon les chercheurs. On peut citer notamment la production de l’huile de palme, du soja et du caoutchouc, mais également l’exploitation forestière et l’élevage du bétail qui détruisent des millions d’hectares de forêt. On a également l’industrie minière et ses forages qui attaquent systématiquement les forêts du monde et leur habitat. Les chercheurs vont vraiment alarmistes en estimant que c’est notre dernière chance de sauver ces primates en augmentant les efforts de prévention. Et les primates sont importants pour l’humanité, car ce sont nos plus proches parents biologiques.

Un lémurien Vari noir-et-blanc qui semble dire : "Bravo les Homo Sapiens ! Vous nous avez bien foutu dans la merde !" Crédit : Credit: © Conservation International/photo by Sterling Zumbrunn

Un lémurien Vari noir-et-blanc qui semble dire : « Bravo les Homo Sapiens ! Vous nous avez bien foutu dans la merde ! » Crédit : © Conservation International/photo by Sterling Zumbrunn

Dès 1999, les scientifiques alertaient sur le commerce de la viande de brousse et leur impact sur la population des primates, mais également des autres mammifères. 1 Dès cette époque, les chercheurs soulignaient l’importance de convertir les chasseurs en protecteurs de l’ afin que cela profite aux deux parties. En 2012, une étude comparait les menaces de la chasse et de la perte de l’habitat en concluant que l’augmentation des forêts protégées contribuait considérablement à la stabilité de la population. 2 Toutefois, ces forêts protégées doivent s’accompagner de financements et de formations conséquents pour contrer les effets de la corruption. Et en plus de la destruction de l’habitat, de la chasse et de la déforestation, les primates sont également menacés par le changement climatique anthropique.3

Le papier sur Science Advances : http://advances.sciencemag.org/content/3/1/e1600946

Sources

1.
Bowen-Jones E, Pendry S. The threat to primates and other mammals from the bushmeat trade in Africa, and how this threat could be diminished 1. Oryx. 1999;33(3):233-246. doi: 10.1046/j.1365-3008.1999.00066.x
2.
Rovero F, Mtui AS, Kitegile AS, Nielsen MR. Hunting or habitat degradation? Decline of primate populations in Udzungwa Mountains, Tanzania: An analysis of threats. Biological Conservation. 2012;146(1):89-96. doi: 10.1016/j.biocon.2011.09.017
3.
Graham TL, Matthews HD, Turner SE. A Global-Scale Evaluation of Primate Exposure and Vulnerability to Climate Change. Int J Primatol. 2016;37(2):158-174. doi: 10.1007/s10764-016-9890-4
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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