Conflits de bots, le cas de Wikipedia


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  • Une étude démontre des petits conflits entre les bots dans Wikipedia. L’étude est très limitée et elle fait des liens douteux, mais elle donne des pistes et des avertissements lorsqu’on développe des bots qui peuvent provoquer des résultats inattendus alors qu’ils font des tâches basiques.


    Une étude démontre des petits conflits entre les bots dans Wikipedia. L'étude est très limitée et elle fait des liens douteux, mais elle donne des pistes et des avertissements lorsqu'on développe des bots qui peuvent provoquer des résultats inattendus alors qu'ils font des tâches basiques.
    Crédit : H. Moshinaly

    Si vous lisez cet article en étant sur Twitter ou Facebook, alors vous avez eu affaire à des bots qui ont posté automatiquement le lien vers les réseaux sociaux. Les bots ont une place considérable sur le web et une étude publiée dans PLOS One démontre le cas de Wikipedia où les bots peuvent modifier les articles pour l’orthographe, pour empêcher le vandalisme, créer des liens ou importer automatiquement du contenu. Les chercheurs ont analysé ces bots et comment ils interagissent entre eux dans 13 éditions de langue de Wikipedia sur une période de 10 ans. Ils ont découvert que les bots interagissaient entre eux même s’ils n’étaient pas conçus à la base pour le faire et cela provoque parfois des comportements imprévus.

    Les bots se comportement différemment selon le contexte culturel. Le papier estime que c’est un avertissement pour ceux qui utilisent l’intelligence artificielle pour construire des voitures autonomes, pour les systèmes de sécurité ou pour gérer les réseaux sociaux. Les résultats suggèrent que les scientifiques doivent faire plus attention aux « vies sociales » et aux cultures des bots.

    L’étude a été menée par l’université d’Oxford et l’Alan Turing Institute. Les résultats montrent que l’édition allemande de Wikipedia a subi le moins de conflits entre les bots qui ont fait 24 modifications par d’autres bots sur une période de 10 ans. L’édition portugaise de Wikipedia a eu des bots qui ont fait 185 modifications effectuées par d’autres bots pendant 10 ans. Et les bots du Wikipedia Anglais ont fait 105 modifications pendant la même période. Selon les chercheurs, c’est 3 fois plus que les humains (sur une base individuelle).

    Les résultats suggèrent que même des systèmes très simples comme des bots peuvent produire des interactions complexes et inattendues avec des « combats stériles » qui peuvent continuer pendant des années et qui peuvent mener à une impasse. Actuellement, les bots constituent une partie infime des éditeurs de Wikipedia avec seulement 0,1 %, mais ils représentent une partie non négligeable des modifications. Ces conflits entre les bots sont également une minorité de toute l’activité éditoriale, mais les résultats sont significatifs si on regarde la complexité et l’aspect aléatoire des comportements. Cela peut poser aussi des problèmes sur les éditions. Les éditions dans des langues minoritaires, telles que le polonais, possèdent plus de bots que les éditions anglaises.

    Les limites de l’étude

    Le problème de l’étude est que l’échantillon est trop infime pour parler d’une guerre de bots. De plus, les résultats imprévus sont provoqués par un mauvais codage plutôt que de parler directement d’une sociologie des bots comme le suggère le papier. Cependant, cela soulève un problème crucial sur le fait de développer des bots ou des mécanismes d’une manière centralisée ou en tenant compte des différences culturelles.

    Par exemple, si on crée une IA pour conduire une voiture autonome aux États-Unis, est-ce qu’elle peut être appliquée sans aucun problème pour une conduite en Allemagne ou faut-il créer une version germanique de l’algorithme. Mais qu’est-ce qui se passe si une seule domine le des véhicules autonomes et qu’elle estime que sa technologie peut s’appliquer dans le monde entier ? Même les bots de conversation peuvent se comporter différemment s’ils sont développés dans un contexte culturel différent. L’étude est intéressante et il faut faire des recherches dessus, mais elle est également anxiogène en comparant le comportement des bots à celui des humains.

    Source : PLOS One (http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0171774)

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    mm

    Jacqueline Charpentier

    Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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