lundi , 20 novembre 2017

La science derrière le phénomène de “frapper le mur”

Le phénomène de “frapper le mur” se produit dans les exercices physiques extrêmes comme les marathons. Et les chercheurs suggèrent une explication de ce phénomène.


La science derrière le phénomène de “frapper le mur”
Les coureurs, les nageurs et les cyclistes connaissent le phénomène de frapper le mur qui est une sensation de déconnexion entre le cerveau et le corps. Vous savez que vous tentez de vous déplacer, mais cela vous semble plus conceptuel qu’une sensation réellement physique. Dans la revue Cell Metabolism, les chercheurs montrent la base physiologique de ce phénomène dans une expérience avec des souris. Leur recherche a également révélé que l’entrainement n’est pas la seule façon d’améliorer l’endurance, car on peut aussi utiliser une petite molécule pour stimuler un processus déjà connu qui s’active pendant l’entrainement.

Il s’avère que le phénomène de frapper le mur se produit lorsque votre cerveau ne peut plus recevoir suffisamment de glucose. Et à ce point, on peut dire que vous êtes “cuit” selon Ronald Evans, analyste à l’Institut Howard Hughes et co-auteur de l’étude. Nous pensions que l’entrainement améliore l’endurance parce qu’elle permet aux muscles de brûler plus efficacement les graisses.

Mais dans cette étude, les chercheurs montrent un processus qui est quasiment à l’opposé. L’entraînement reprogramme progressivement le muscle pour brûler moins de glucose ce qui le préserve comme une source d’énergie pour votre cerveau. Les muscles peuvent utiliser la graisse ou le glucose comme source d’énergie, mais le cerveau se base uniquement sur le glucose.

Au cours des deux dernières décennies, Evans et Michael Downes, un autre auteur de l’étude, se sont concentrés sur un facteur de transcription connu comme le PPARδ, qui active certains processus lorsque les athlètes s’entrainent pour augmenter leur endurance. Les chercheurs démontrent que cette adaptation métabolique dépend du PPARδ et on peut la stimuler par une activation moléculaire du PPARδ.

Dans une première série d’expériences, les chercheurs ont génétiquement supprimé le PPARδ dans les muscles de la souris pour étudier les effets. Après la suppression de la molécule et en ayant fait courir les souris sur un tapis roulant, nous avons constaté que les gènes qui sont normalement activés par l’exercice ne l’ont pas été selon Downes. Cela indique que le PPARδ joue un rôle central dans l’exercice et qu’il s’agit d’un commutateur moléculaire important qui gère l’entrée d’énergie dans le muscle.

Dans l’expérience suivante, ils ont utilisé un médicament pour activer PPARδ dans les muscles de souris sédentaires. Ils ont constaté que le médicament augmentait non seulement l’oxydation des graisses dans les muscles, mais elle anticipait également les effets de l’hypoglycémie (perte de glycémie) sur le cerveau. En conséquence, les souris, qui avaient reçu le médicament, ont pu augmenter leur durée de course passant de 160 à 270 minutes avant de frapper le mur malgré l’entrainement pour améliorer leur endurance.

Ce que nous illustrons dans cet article, c’est que si vous voulez déplacer votre mur, il existe plusieurs façons de le faire selon Evans. La méthode standard consiste à s’entraîner et vous vous améliorerez progressivement à chaque course. Mais nous avons aussi montré que des améliorations peuvent se produire sans dépenser l’énergie qui serait nécessaire pour arriver à ce stade.

Les chercheurs reconnaissent que ces découvertes pourraient être exploitées par des athlètes qui recherchent un avantage concurrentiel, mais le point le plus intéressant réside dans l’amélioration de l’endurance chez des personnes qui sont incapables d’exercices physiques en raison de problèmes de santé. Cela pourrait inclure des personnes fragiles, des personnes âgées et celles qui sont alitées après des blessures ou une chirurgie sans oublier celles qui sont affectées par des affections telles que la dystrophie musculaire de Duchenne, la fibrose kystique, la cachexie (affaiblissement profond de l’organisme) et la maladie pulmonaire obstructive chronique.

Source : Cell Metabolism (http://dx.doi.org/10.1016/j.cmet.2017.04.006)

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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