mercredi , 20 septembre 2017

Pourquoi certaines images provoquent-elles des crises (épilepsie) ?

Des chercheurs suggèrent que certains patterns d’images pourraient provoquer des crises chez les personnes qui souffrent d’épilepsie photosensible.


Pourquoi certaines images provoquent-elles des crises (épilepsie) ?
Cette image illustre comment les mêmes patterns visuels, qui déclenchent un certain type d'onde cérébrale (les oscillations gamma) dans un cortex visuel sain, peuvent aussi déclencher des crises chez les personnes souffrant d'épilepsie photosensible - Crédit : Hermes et al.
Chez les personnes atteintes d’épilepsie photosensible, des lumières clignotantes sont connues pour leur potentiel de déclenchement des convulsions. Et les résultats peuvent être spectaculaires. Ainsi, un épisode de la série Pokémon a envoyé 685 personnes au Japon à l’hôpital. Mais certaines images fixes peuvent également déclencher des convulsions. Désormais, des chercheurs, dans une étude publiée dans Current Biology, ont mené une analyse approfondie de la littérature scientifique et ils estiment qu’ils ont découvert pourquoi certaines images peuvent déclencher des crises d’épilepsie.

La clé du mystère, selon ces chercheurs, est un modèle répétitif particulier d’activité neuronale dans le cerveau connu sous le nom d’oscillations gamma qui se produit lorsque les personnes voient certaines images telles que des patterns de barre noire et blanche. En fait, il est possible que ces types d’images soient responsables d’autres problèmes tels que les migraines, notamment chez les personnes généralement sensibles à la lumière.

Nos résultats impliquent que dans la conception des bâtiments, il serait important d’éviter les modèles visuels qui peuvent activer ce circuit et provoquer des gênes, des migraines ou des convulsions selon Hermes du Centre médical universitaire d’Utrecht (UMC) aux Pays-Bas. Même des personnes en bonne santé peuvent ressentir un léger inconfort vis-à-vis des images qui sont susceptibles de déclencher des crises d’épilepsie photosensible.

On peut mesurer les oscillations gamma dans le cerveau avec un électroencéphalogramme (EEG). Ce dernier est un test qui mesure l’activité électrique dans le cerveau à l’aide de petites électrodes attachées au cuir chevelu. Les scientifiques ont étudié ces oscillations depuis les années 1980, mais il n’y a pas encore de consensus sur l’impact de ces patterns sur la perception, la pensée ou le traitement neuronal.

Certains scientifiques affirment que ces oscillations sont essentielles pour la sensibilisation, l’attention et la communication neuronale tandis que d’autres suggèrent qu’elles sont plus susceptibles d’être un sous-produit du traitement neuronal à la manière du gaz d’échappement sortant d’une voiture. Dans ce dernier cas, ce serait un signal potentiel pour un diagnostic, mais ces oscillations ne font pas fonctionner les mécanismes neuronaux selon Hermes.

Un argument contre l’idée que les oscillations gamma sont importantes pour le traitement neuronal est qu’elles sont produites dans le cerveau lors de l’affichage de certaines images en particulier. Les patterns en grille produisent de fortes oscillations gamma alors que des images de nuages ou de scènes naturelles ne produisent aucun pattern.

Dans la nouvelle étude, Hermes et ses collègues concluent que ces images, qui provoquent des oscillations gamma, sont également susceptibles de déclencher des convulsions. Il existe des méthodes simples pour modifier une image afin d’atténuer ce schéma d’activité cérébrale selon les chercheurs. Ces modifications incluent la réduction du contraste, la modification de la largeur des barres ou le changement du motif vers quelque chose similaire à du tissu écossais.

Les résultats suggèrent que les études existantes sur les oscillations gamma pourraient fournir des indices importants pour la compréhension de l’épilepsie photosensible. Hermes et ses collègues conçoivent actuellement des études pour explorer ces patterns de réponse cérébrale chez les patients atteints d’épilepsie photosensible par rapport à ceux qui n’en souffrent pas. Ils travaillent également sur un modèle pour prédire quelles images sont susceptibles de provoquer des oscillations gamma et des convulsions.

Source : Current Biology (http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2017.03.076)

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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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