mardi , 24 octobre 2017

Augmentation des vagues de chaleur mortelles

74 % de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur mortelles d’ici 2100 si les émissions de gaz carboniques continuent d’augmenter aux taux actuels.


Augmentation des vagues de chaleur mortelles
74 % de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur mortelles d’ici 2100 si les émissions de gaz carboniques continuent d’augmenter aux taux actuels selon une étude publiée dans Nature Climate Change. Même si les émissions sont fortement réduites, le pourcentage de la population humaine mondiale touchée atteindra 48 %.

Nous manquons de choix pour l’avenir selon Camilo Mora, professeur agrégé de géographie au Collège des sciences sociales à l’Université d’Hawaii à Manoa et auteur principal de l’étude. Pour les vagues de chaleur, nos options sont entre “mauvaises” ou “terribles”. De nombreuses personnes dans le monde paient déjà le prix ultime de leur vie à cause des vagues de chaleur et cela pourrait devenir bien pire si les émissions ne sont pas considérablement réduites. Le corps humain ne peut fonctionner qu’avec une température corporelle autour de 37 degrés Celsius. Les vagues de chaleur représentent un risque considérable pour la vie humaine, car un temps chaud, aggravé par une forte humidité, peut augmenter la température du corps ce qui entraîne des conditions potentiellement mortelle.

Une équipe de chercheurs menée par Mora a effectué une revue approfondie et elle a trouvé plus de 1 900 zones dans le monde où des températures élevées ont tué des personnes depuis 1980. En analysant les conditions climatiques de 783 cas de vague de chaleur mortelle, les chercheurs ont identifié un seuil où les températures et l’humidité deviennent mortelles. Les zones de la planète, où un tel seuil est dépassé pendant 20 jours ou plus par an, devraient augmenter même si on réduit spectaculairement les émissions de gaz à effet de serre. Actuellement, environ 30 % de la population mondiale est exposée à des conditions mortelles de chaleur chaque année.

La vague de chaleur européenne de 2003 qui a tué environ 70 000 personnes, la vague de chaleur de Moscou de 2010 qui a tué 10 000 personnes et la vague de chaleur de Chicago de 1995 qui a tué 700 personnes sont des exemples frappants du risque pour la vie posé par les vagues de chaleur mortelles. Mais au-delà de ces exemples célèbres, on ignorait la fréquence de ces vagues de chaleur.

Le groupe international de chercheurs coordonné par l’Université d’Hawaï à Manoa a voulu répondre à cette question. Sur plus de 30 000 publications pertinentes, les chercheurs ont identifié 911 papiers avec des données sur 1 949 études sur des cas de villes ou de régions où les décès humains étaient associés à des températures élevées. Sur ces cas, les chercheurs ont obtenu des dates pour 783 vagues de chaleur mortelles dans 164 villes dans 36 pays et la plupart se trouvent dans les pays développés à mi-latitudes. Certaines des villes, qui ont connu des vagues de chaleur mortelles, incluent New York, Washington, Los Angeles, Chicago, Toronto, Londres, Pékin, Tokyo, Sydney et São Paulo.

Pendant l’analyse des conditions climatiques pour ces villes, les chercheurs ont découvert un seuil commun au-delà duquel les températures et les humidités deviennent mortelles. En accord avec la physiologie thermique humaine, le seuil était tel que, à mesure de l’augmentation relative de l’humidité, les températures plus basses deviennent mortelles.

Il était important de découvrir un seuil au-delà duquel les conditions climatiques devenaient mortelles selon Farrah Powell, un étudiant diplômé d’UH Manoa et l’un des coauteurs de l’étude. Ce seuil nous permet désormais d’identifier les conditions nocives pour les personnes. Et étant donné qu’il se base sur des cas documentés de vague de chaleur mortelle, l’analyse devient plus crédible et pertinente. Et l’aspect effrayant est de découvrir que ces conditions mortelles sont déjà fréquentes.

Une application Web accompagnant le papier permet de compter, pour n’importe quel endroit sur Terre, le nombre de jours dans une année où la température et l’humidité dépassent un seuil mortel (https://maps.esri.com/globalriskofdeadlyheat). Par exemple d’ici 2100, New York devrait avoir environ 50 jours avec des températures et des humidités dépassant le seuil où des personnes risquent la mort. La même année, le nombre de jours mortels pour Sydney sera de 20, 30 jours pour Los Angeles et tout l’été entier Orlando et Houston.

L’étude a également révélé que le plus grand risque pour la vie humaine de la chaleur mortelle était prévu pour les zones tropicales. Car les tropiques sont chauds et humides toute l’année tandis que pour les latitudes plus élevées, le risque de chaleur mortelle est limité à l’été.

Le réchauffement des pôles a été l’un des changements climatiques emblématiques associés aux émissions de gaz à effet de serre selon le co-auteur Iain Caldwell, un chercheur post-doctorant UH Manoa. Mais notre étude montre que c’est le réchauffement dans les tropiques qui représentera le plus grand risque pour les vagues de chaleur. Avec des températures et des humidités élevées, il suffit d’une petite augmentation de la température pour qu’elle devienne dangereuse dans les régions tropicales.

Le changement climatique mène l’humanité vers un chemin qui deviendra de plus en plus dangereux et difficile à inverser si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas prises au sérieux selon Mora. Des actions comme le retrait de l’accord de Paris sont un pas dans la mauvaise direction qui retardera inévitablement la résolution d’un problème pour lequel il n’y a pas de temps à perdre.

Source : Nature Climate Change (http://dx.doi.org/10.1038/NCLIMATE3322)

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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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