Un crâne de 6 000 ans pourrait être la plus ancienne victime d’un tsunami

Une recherche suggère qu’un crâne découvert à Aitape en Papouasie-Nouvelle-Guinée pourrait être la plus ancienne victime d’un tsunami il y a plus de 6 000 ans. Ce type d’étude met en lumière les conditions d’adaptation des personnes quand ils vivent dans des environnements risqués.


Le fragment d'un crâne découvert à Aitape en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1929. Le fragment est daté de 6 000 ans et il semble que c'est la plus ancienne victime d'un tsunami - Crédit : Arthur Durband, Kansas State University
Le fragment d'un crâne découvert à Aitape en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1929. Le fragment est daté de 6 000 ans et il semble que c'est la plus ancienne victime d'un tsunami - Crédit : Arthur Durband, Kansas State University

En 1929, le géologue australien Paul Hossfeld a trébuché sur un crâne humain partiel dans une mangrove à l’extérieur de la ville côtière d’ en . Dans un premier temps, on a pensé qu’il a appartenu à un Homo erectus et ensuite, le crâne a été daté de la période du milieu de l’Holocène il y a environ 6.000 ans. Désormais, de nouvelles recherches suggèrent que le fragment osseux appartient à la plus ancienne victime d’un tsunami au monde qui est un élément important de la conversation sur la façon dont les populations modernes peuvent s’adapter à l’élévation du niveau de la mer.

Mark Golitko, professeur adjoint d’ à l’Université de Notre Dame, a travaillé avec des collègues du Field Museum de Chicago et des instituts australiens, néo-zélandais et papouans-néo-guinéens pour étudier le crâne d’Aitape et la zone où on l’a découvert. Dans un papier dans PLOS One, les chercheurs montrent des preuves suggérant que le crâne a été victime d’un violent qui a frappé la côte il y a environ 6000 ans.

Golitko et son équipe de recherche sont retournés à l’endroit où le crâne a été découvert près d’un endroit appelé Hossfeld à Paniri Creek pour analyser le sol et les strates afin de trouver des indices sur les causes de la mort de cette personne. Hossfeld n’avait rien échantillonné, il a juste fait une description du terrain et il a sorti le crâne selon Golitko. Nous avons échantillonné les sédiments pour les analyser en laboratoire pour en apprendre davantage sur la datation et l’histoire des sédiments.

Le fragment d'un crâne découvert à Aitape en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1929. Le fragment est daté de 6 000 ans et il semble que c'est la plus ancienne victime d'un tsunami - Crédit : Arthur Durband, Kansas State University

Le fragment d’un crâne découvert à Aitape en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1929. Le fragment est daté de 6 000 ans et il semble que c’est la plus ancienne victime d’un tsunami – Crédit : Arthur Durband, Kansas State University

Nous ignorons exactement où Hossfeld a trouvé le crâne, mais je pense que nous étions à moins de 100 mètres du lieu d’origine sur la base de sa description. L’équipe a fait des tests de laboratoire sur les sédiments pour examiner la taille des grains et sa géochimie. Ils ont trouvé des diatomées, de petits organismes unicellulaires qui vivent dans l’eau et qui sont des indicateurs environnementaux sensibles, et l’équipe les a utilisés pour en apprendre davantage sur les conditions de l’eau à l’époque.

Les diatomées fabriquent de petites coquilles de silice autour d’elles et quand elles meurent, elles s’enfoncent dans le fond selon Golitko. Nous avons donc placé les sédiments sous un microscope et nous avons compté ces diatomées pour avoir des informations sur la température, la salinité et l’énergie de l’eau. Les sédiments, qui contenaient le crâne d’Aitape, ont des diatomées marines pures. Cela indique qu’elles ont été inondées par l’eau des océans et c’est de l’eau océanique à haute énergie. Elle était suffisamment énergétique pour casser les petites particules de silice construites par les diatomées.

L’eau à haute énergie selon Golitko, combinée avec des signatures chimiques et des tailles de grains de sédiments spécifiques indiquent tous la présence d’un tsunami au moment où le crâne a été enterré. Il est possible que le crâne ait été enterré avant et qu’il ait été emporté par le tsunami selon Golitko. Mais selon les observations sur les tsunamis modernes, les chercheurs ne pensent pas que ce soit possible.

Golitko espère que cette étude peut aider à entamer une discussion sur la façon dont les gens s’adaptent et prospèrent dans ces régions côtières soumises aux tempêtes tropicales, aux tremblements de terre et aux tsunamis. La région d’Aitape a subi plusieurs tsunamis et le plus récent en 1998 a tué plus de 2 000 personnes. Les gens ont probablement commencé à se déplacer des montagnes vers les côtes de cette région il y a environ 6 000 ans selon Golitko.

Ce qui est intéressant est qu’ils se déplacent désormais vers cet environnement risqué et nous remarquons que la région continue d’être habitée depuis très longtemps selon les chercheurs. Ils se préparent pour les risques qui vont s’aggraver dans les 200 prochaines années. Les prochaines études pourraient analyser le comportement des personnes qui ont vécu ces derniers millénaires et comment ils se sont adaptés à leur environnement en évolution constante.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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