Les anciens Ibères ont exporté leur culture, mais pas leurs gènes en Europe

Une recherche suggère que les Ibères de la période chalcolithique ont exporté la culture Campaniforme uniquement via la transmission des idées et non par un mouvement de migration. C’est l’une des premières exportations de la culture uniquement par la voie des idées.


Une recherche suggère que les Ibères de la période chalcolithique ont exporté la culture Campaniforme uniquement via la transmission des idées et non par un mouvement de migration. C'est l'une des premières exportations de la culture uniquement par la voie des idées.
Crédit : Anthony Denaire

Les Ibères préhistoriques ont exporté leur culture dans toute l’Europe atteignant la Grande-Bretagne, la Sicile, la Pologne et l’Europe centrale. Mais ils n’ont pas exporté leurs gènes. La culture campaniforme (Bell-Beaker culture), probablement originaire d’Ibérie, est restée dans ces parties du continent. Cependant, cette diffusion n’était pas due aux grandes migrations de populations qui ont amené cette culture avec eux.

Ce sont les conclusions d’une étude internationale à laquelle a participé le Conseil national de la recherche espagnole (CSIC). Ses résultats, publiés dans la revue Nature, n’indiquent aucune preuve de fuite génétique d’Iberia vers ces régions.1 Par conséquent, la diffusion de la culture campaniforme de la péninsule ibérique est le premier exemple de transmission d’une culture en tant qu’idée, essentiellement en raison d’une question de prestige social (associée aux vertus d’être viril et d’être des guerriers), c’est pourquoi elle a été adoptée par d’autres populations selon le chercheur Carles Lalueza-Fox de l’Institut de biologie évolutive à Barcelone.

Une recherche suggère que les Ibères de la période chalcolithique ont exporté la culture Campaniforme uniquement via la transmission des idées et non par un mouvement de migration. C'est l'une des premières exportations de la culture uniquement par la voie des idées.

Crédit : Anthony Denaire

Il y a entre 4 700 et 4 400 ans, un nouveau type de poterie en forme de cloche a été introduit dans toute l’Europe occidentale et centrale. Depuis plus d’un siècle, les archéologues tentent de déterminer si la diffusion de cette poterie et la culture (campaniforme) associée représentaient une migration à grande échelle ou si elle était simplement due à l’échange de nouvelles idées. Désormais, cette nouvelle étude, qui comprend des données d’ADN de 400 squelettes préhistoriques collectés à partir de sites à travers l’Europe, résout le débat de savoir si la propagation était due à des migrations ou des idées indiquant que les deux arguments sont corrects. Les résultats montrent que la culture, qui produisait ces béchers (des gobelets) en forme de cloche, s’étendait de l’Ibérie à l’Europe centrale sans un mouvement significatif de populations même si la culture campaniforme se propage à d’autres endroits par des migrations à une date ultérieure.

L’étude, dont le premier auteur est le chercheur espagnol Íñigo Olalde, généticien à la Harvard Medical School, montre qu’une fois que la culture Campaniforme a atteint le centre de l’Europe (autour de l’Allemagne et ses environs), elle s’est étendue vers d’autres régions, notamment aux îles Britanniques. Mais dans ce cas, elle représente une migration en ayant remplacé environ 90 % de la population.

Un homme de la Culture Campaniforme - Crédit : Manuel Rojo-Guerra/ Luis Pascual-Repiso

Un homme de la Culture Campaniforme – Crédit : Manuel Rojo-Guerra/ Luis Pascual-Repiso

C’est-à-dire que les néolithiques, qui ont construit Stonehenge (et qui avaient une plus grande similitude génétique avec les Ibères néolithiques qu’avec ceux d’Europe centrale), disparaissent et seront remplacés par les populations de la culture campaniforme des Pays-Bas et de l’Allemagne. Ce remplacement est presque absolu en termes de chromosome Y, qui est transmis par la ligne paternelle, indiquant un biais reproductif extrême et donc une dominance sociale jusqu’alors inconnue. Ce flux atteint également d’autres endroits comme l’Italie (au moins dans le nord) et la péninsule ibérique. Je crois qu’il est possible que cela soit aussi associé à l’expansion des langues celtes ou proto-celtiques selon M. Lalueza-Fox.

Sources

1.
The Beaker phenomenon and the genomic transformation of northwest Europe. Nature. 10.1038/nature25738″ target= »_blank » rel= »noopener noreferrer »>http://dx.doi.org/10.1038/nature25738. Published February 21, 2018. Accessed February 21, 2018.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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