Les humains modernes ont hérité des défenses virales provenant de Néandertal

Une étude suggère que les humains modernes ont hérité des défenses virales provenant du Néandertal. Au cours de l’accouplement entre les deux espèces, Néandertal nous a légué des virus, mais également des moyens de les combattre.


Crédit : Claire Scully
Crédit : Claire Scully

Les Néandertaliens ont mystérieusement disparu il y a environ 40 000 ans, mais avant de disparaître, ils se sont croisés avec une autre espèce humaine qui commençait à peine à se répandre dans le monde. À la suite de ces anciens croisements, de nombreux Européens et Asiatiques modernes hébergent aujourd’hui environ 2 % de l’ADN de Néandertal dans leur génome.

L’héritage de Néandertal

Curieusement, des fragments d’ADN néandertalien apparaissent plus souvent dans les populations humaines modernes, ce qui incite les scientifiques à se demander si leur propagation a été propulsée par hasard ou si ces gènes fréquents confèrent un avantage fonctionnel. Les scientifiques de Stanford ont désormais trouvé des preuves convaincantes de cette dernière hypothèse. Nos recherches montrent qu’un nombre important d’extraits d’ADN de Neandertal ont été adaptés pour une très bonne raison selon Dmitri Petrov, biologiste de l’évolution à la Faculté des sciences humaines de Stanford. Les gènes de Neandertal nous ont probablement procuré une certaine protection contre les virus que nos ancêtres ont rencontrés lorsqu’ils ont quitté l’Afrique.

Lors du premier contact entre les deux espèces, les Néandertaliens vivaient hors de l’Afrique depuis des centaines de milliers d’années, laissant ainsi à leur système immunitaire suffisamment de temps pour développer des défenses contre les virus infectieux en Europe et en Asie. En comparaison, nos ancêtres nouvellement émigrés auraient été beaucoup plus vulnérables. Il était beaucoup plus logique pour les hommes modernes d’emprunter les défenses génétiques déjà adaptées aux Néandertaliens plutôt que d’attendre le développement de leurs propres mutations adaptatives, ce qui aurait pris beaucoup plus de temps selon David Enard, ancien boursier postdoctoral du laboratoire de Petrov.

Un héritage de virus, mais également des moyens pour les combattre

Petrov et Enard ont déclaré que leurs conclusions concordaient avec un modèle d’échange de gènes anti-poison entre deux espèces. Dans ce scénario, les Néandertaliens ont légué à l’homme moderne non seulement des virus infectieux, mais également les outils génétiques permettant de lutter contre ces envahisseurs. Les humains modernes et les Néandertaliens sont si étroitement liés que les virus n’avaient aucun problème pour passer à l’une ou l’autre espèce selon Enard. Mais cette proximité signifiait également que les Néandertaliens pouvaient nous transmettre des protections contre ces virus.

Dans leur nouvelle étude, publiée dans la revue Cell, les scientifiques ont montré que les défenses génétiques que les Néandertaliens nous ont transmises étaient opposées aux , qui codent leurs gènes avec l’ARN, une molécule chimiquement similaire à l’ADN.

Des gènes persistants

Les scientifiques ont tiré leurs conclusions après avoir établi une liste de plus de 4 500 gènes chez l’homme moderne, connus pour interagir avec les virus. Enard a ensuite vérifié sa liste par rapport à une base de données d’ADN de Néandertal et il a identifié 152 fragments de ces gènes provenant d’êtres humains modernes, également présents dans les Néandertaliens.

Les scientifiques ont montré que, chez l’homme moderne, les 152 gènes hérités des Néandertaliens interagissaient avec le VIH, la grippe A et l’hépatite C, qui sont des types de virus à ARN. Enard et Petrov en ont conclu que ces gènes avaient aidé nos ancêtres à se protéger contre d’anciens virus à ARN qu’ils avaient rencontrés en quittant l’Afrique.

Des défenses présentes que chez les Européens modernes

Fait intéressant, les gènes de Néandertal qu’ils ont identifiés ne sont présents que chez les Européens modernes, ce qui suggère que différents virus ont influencé les échanges génétiques entre Néandertaliens et les ancêtres des Asiatiques d’aujourd’hui. Cela a du sens selon Enard, car on pense que le métissage entre l’ et l’homme moderne s’est produit plusieurs fois et à plusieurs endroits de la préhistoire et que différents virus étaient probablement impliqués dans chaque cas.

En plus d’offrir une nouvelle perspective sur les métissages entre Néandertaliens et humains, les nouvelles découvertes démontrent également qu’il est possible de passer au crible le génome d’une espèce et de trouver la preuve de maladies anciennes qui l’affectaient autrefois, même lorsque les virus responsables de ces maladies ont disparu depuis longtemps. Cette technique fonctionnerait particulièrement bien pour les virus à ARN, dont les génomes basés sur l’ARN sont plus fragiles que leurs homologues à l’ADN selon Enard.

Cela ressemble à de la paléontologie selon le chercheur. Vous pouvez trouver des indices de dinosaures de différentes manières. Parfois, vous découvrez des os réels, mais parfois, vous ne trouvez que des empreintes de pas dans la boue fossilisée. Notre méthode est également indirecte : étant donné que nous savons les gènes qui interagissent avec tel ou tel virus, nous pouvons donc en déduire les types de virus qui sont responsables des épidémies dans le passé.

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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