Nos ancêtres se sont accouplés avec les Denisoviens

Une nouvelle recherche montre que nos ancêtres se sont accouplés avec les Denisoviens, une espèces d’humains dont on a peu de fossiles. Nos ancêtres se sont accouplés avec cette espèce et ils ont eu même des enfants avec quelques conséquences nocives, notamment les garçons issus de cet accouplement étaient stériles.


Les humains modernes se sont accouplés avec les Denisoviens provoquant la stérélité chez les mâles hybrides.
L'analyse ADN de ce minuscule bout de fossile a permis de révéler l'existene des Denisoviens.

Face à une absence de fossiles, la meilleure manière d’étudier les Dénisoviens est les gènes qu’ils ont laissés aux humains modernes. C’est pourquoi, Sriram Sankararaman, généticien en population de l’université de Californie et David Reich de l’université d’Harvard ont analysé 257 génomes provenant de 120 populations non africaines contemporaines dans le monde entier. Les Africains, dont les ancêtres n’ont jamais quitté l’Afrique, n’ont pas d’héritage . Ils ont confirmé que parmi les humains qui vivent aujourd’hui, allant des gens de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’Australie et d’autres régions de l’Océanie, ont des Dénisoviens parmi leurs ancêtres à hauteur de 3 à 5 % de leurs génomes. C’est supérieur au 2 % des gènes du Neandertal pour tous les génomes non africains.

Des accouplements avec les Dénisoviens en Asie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Océanie

Sankararaman et Reich ont aussi trouvé une lignée Dénisovienne dans une région inhabituelle avec le sud de l’Asie. Cela concerne 10 % de ce que nous voyons chez les habitants de l’Océanie et cela explique pourquoi on ne les a pas détectés auparavant. Les Asiatiques de l’est ont plus de lignées Dénisoviennes que les Européens, mais moins que les Asiatiques du sud selon les conclusions des chercheurs dans Current Biology. Il y a quelques explications sur la présence de gènes Dénisoviens chez les humains modernes selon Reich. Il est possible que les Dénisoviens et les humains modernes se soient accouplés, probablement lorsque les Homos Sapiens sont allés vers l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ensuite, les humains modernes, affiliés aux Dénisoviens, se sont accouplés avec des humains modernes dont les ancêtres n’avaient jamais rencontrés de Dénisoviens. Et les différentes populations se sont retrouvées avec différentes proportions de gènes archaïques. D’autre part, il est aussi possible que ce que vous voyez dans le sud de l’Inde est une preuve du mélange des ancêtres des Asiatiques du sud avec des Dénisoviens locaux et ce sont des accouplements différents comparés à ceux qui se sont produits en Océanie selon Reich. Les données sont cohérentes sur 3 mélanges indépendants avec des Dénisoviens.

Même s’il est difficile de déterminer le modèle exact de la rencontre, il n’est pas surprenant qu’il y ait eu plusieurs accouplements indépendants dans le monde selon Joshua Akey, généticien en population à l’université de Washington. Son équipe a identifié plusieurs types de ces accouplements entre des humains modernes et des Neandertal. Un autre mystère est la période où les Homos Sapiens se sont couchés avec les Dénisoviens. Les rares fossiles provenant de la grotte des Dénisoviens suggèrent que cette espèce a vécu il y a 170 000 ans jusqu’à 50 000 ans et on ignore quand ils ont occupé le reste de l’Asie. Cela donne beaucoup de temps aux Dénisoviens de rencontrer d’autres types humains et de faire des enfants avec.

Une rencontre avec les Denisoviens il y a environ 40 000 ans

Mais Sankararaman et Reich savent qu’avec chaque génération successive, les chaines de l’ADN Dénisovien deviennent de plus en plus réduites quand les génomes des 2 parents se fractionnent et se recombinent dans le génome de leurs enfants. En utilisant la mesure de la réduction du génome, les chercheurs ont trouvé que les humains modernes se sont mélangés avec les Dénisoviens de 5 000 à 10 000 ans après qu’ils se soient déjà accouplés avec les Neandertal. Reich et Sankararaman ont déjà estimé que les humains et les Neandertal se sont accouplé il y a 50 000 ans ce qui fait que le croisement avec les Dénisoviens s’est produit il y a environ 40 000 ans.

Des gènes Denisoviens avec des avantages, mais aussi des inconvénients

Cette découverte est une image intrigante des Homos Sapiens dans leur exploration du monde selon Rasmus Nielsen, un généticien en population à l’UC de Berkeley. Il suggère un scénario d’accouplements massifs et très libres entre les humains modernes et toutes les autres espèces qui leur ressemblaient. Mais il y a des conséquences à ce libertinage. Certaines étaient positives telles que le gène Dénisovien hérité par les populations de l’Himalaya qui réduit le niveau d’hémoglobine dans le sang leur permettant de s’adapter aux hautes altitudes. Sankararaman et Reich ont aussi trouvé des preuves que les habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont un gène Dénisovien qui leur a permis de détecter des odeurs très subtiles.

Mais les chercheurs ont noté qu’il n’y a aucune trace de la lignée Dénisovienne sur le chromosome X des humains modernes ou sur les gènes sur les tissus des testicules. C’est un pattern que les scientifiques ont remarqué chez de nombreux hybrides et c’est un signe que lorsque 2 espèces s’accouplent pour faire des enfants, les garçons sont stériles. C’est une barrière qui empêche le mélange des espèces selon Sankararaman. En d’autres termes, des mâles, qui étaient des hybrides Dénisoviens/Homos Sapiens, étaient une impasse génétique. Les gènes Dénisoviens que nous voyons aujourd’hui se sont transmis par les femelles hybrides. Et donc, si vous avez un gène Dénisovien, alors vous pouvez remercier vos grands-mères et leurs ancêtres.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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